Road Book Tour d’Asie 2008-2009 / part 5 / La Mongolie

02/09/2008 – 1er jour – Baga gadzrïnchuluu – Mongolie

Ah la Mongolie, j’en rêvais et je m’apprête à te découvrir !

La voiture est là, un petit van 4X4. Sept sièges pour cinq, grand confort, un luxe ! Magnet, le chauffeur, est un type imposant, un ancien lutteur. De larges épaules, une peau lisse et halée, une tête ronde comme un ballon de football, un large nez tout aplatit, des cheveux noir ébène avec un épis sur le côté gauche du crâne. Comme compagnon de route,  Kiyoshi, moitié allemand moitié japonais.  Il est en Mongolie pour 3 semaines, des vacances bien méritées après avoir travaillé aux Jeux Olympique de Pékin pour une chaine d’information Japonaise. Ce type est impressionnant, il parle 6 langues couramment : Allemand, Japonais, Français, Chinois, Anglais et Espagnol. Moi qui ai du mal à m’en sortir juste avec l’anglais et le français, chapeau bas !!

Et il y a Fred, le Parigot. Il est perdu Fred !!! Après avoir terminé ses études de photographie, avoir touché une petite rentrée d’argent et s’être fait plaqué, il décide sur un coup de tête : « Allez je me casse !! Et je vous emmerde… » C’est son premier voyage. Quand on lui demande : « Tu fais quoi après la Mongolie ? »   Il répond : « Je sais pas ! » ou « Tu rentres dans combien de temps ?  Je sais pas… »

Il se contente, je pense, d’apprécier le moment présent, sans se poser trop de questions. A mon avis il n’est pas près de rentrer ce parigot !!! Que grand bien lui en fasse !

Et il y a nous bien sûr, excités et impatients de découvrir enfin la Mongolie et ses habitants.

On charge la voiture, quelques affaires chaudes, des lingettes pour la toilette, réchaud, 50L de flotte, 25L d’essence de secours et hop en route !!! CRRAAAC ! Oulala, la pauvre boite de vitesses, elle n’est pas toute neuve !!!

Courte route !! A peine 10 min avant que Kiyoshi ne s’aperçoive qu’il a oublié son duvet, le boulet !!

Cette fois ci, c’est la bonne. Nous laissons derrière nous, le bruit, la pollution et les quelques cheminées qui entourent Oulan Bator. Devant nous, 260 KM avant de rejoindre Baga gadzrïnchuluu (Pierre de la petite place), soit 7h de pistes.

A ma grande surprise, la route défile vite, pas le temps de s’ennuyer, le regard est toujours sollicité, un troupeau en pâture, moutons, chèvres, chevaux… Le cavalier qui vient rassembler son bétail avec en arrière plan des collines verdoyantes ponctuées par quelques montagnes plus saillantes. De temps en temps un renard prenant la fuite au bruit du tuyau d’échappement, quelques chamois arpentant les quelques montagnes, des rapaces ratissant la plaine dans l’espoir de trouver quelques charognes à se mettre sous le bec.  Et ce petit vent qui nous traverse, cette sensation enivrante de liberté. Nous sommes de petits riens, filants droit devant, au milieu de dame nature.

Nous arrivons à 18h. Baga gadzrïnchuluu est un lieu dit formé d’un petit canyon de granit sortant au milieu de la steppe. A cette heure ci, où le soleil tombant illumine ces falaises polies par l’érosion, le spectacle est splendide.

Nous arrivons au camp, 3 yourtes, le chef de famille habillé de sa deel, le vêtement traditionnel mongol, une espèce de robe manteau permettant de se protéger du vent et du froid, nous attends. Il nous invite à rentrer sous la yourte, mais c’est une yourte pour touriste, à l’intérieur 5 lits, une petite table, 5 petits tabourets et un poêle. Je suis un peu déçue, j’espérais manger et dormir sous la yourte familiale. Nous logeons chez l’habitant mais nous ne partagerons rien. Ma déception est de courte durée, la piste ça creuse, alors, quand on nous apporte notre gamelle fumante, on oublie vite !! Du riz avec des petits morceaux d’agneau !! Miam miam !

 

03/09/2008 – 2ème  jour – Tsagaan Suvarga – Mongolie

Une nouvelle grosse étape nous attend. Le paysage est toujours aussi beau. Le sol devient de plus en plus aride. Juste quelques petites pousses vertes arrivent à se frayer un passage au milieu des rocailles qui inondent maintenant la steppe. De plus en plus de montagnes. Gobi se rapproche !!

Nous nous installons pour le déjeuner à proximité d’un camp de gers (yourte). Une fois nôtre bol de soupe de nouilles déshydratées avalé, le jeune couple de la ger vient à nôtre rencontre pour nous inviter parmi eux. Nous rentrons dans la ger en prenant soin de respecter les codes mongols, ne pas buter sur le seuil de la porte, ne pas se cogner, rentrer du côté droit, s’asseoir en prenant soin de ne pas diriger ses pieds vers le poêle ou l’hôtel qui se trouve au fond de la ger et surtout faire honneur au plat que l’on nous présente… Pas si facile !

A l’intérieur, une femme plus âgée avec un petit garçon d’environ 3 ans dans les bras ; en face, peut-être son mari ? Juste en face de nous, deux jeunes garçons de nôtre âge, le jeune couple et leur tout jeune bébé qui dort paisiblement à même le sol. Toujours les mêmes traits ronds, les mêmes nez aplatis, les mêmes yeux légèrement bridés, le même teint foncé et les mêmes cheveux noirs et crasseux. La jeune mère nous sert deux bols d’airag, le lait de jument fermenté. Je suis la première à me lancer, je le porte à mes lèvres… un petit goût acide et piquant. C’est tout juste pas dégueulasse. Mais, faire honneur, je le bois sans montrer mon dégout à la vue des nombreux trésors qui flottent en surface. Je prends ma respiration, cul sec, ouf fini ! ZUT !!! Elle m’a vu ! Et c’est repartit… cette fois si, un bol de lait chaud aromatisé de quelques feuilles de thé, ça passe… du lait chaud, quoi !! C’est au tour de l’assiette de gâteaux, je me dis : chouette !! Et non non … c’est pas des gâteaux ça… du fromage ! Du fromage franchement dégueulasse !! L’Aaruul, très dur, de la croute, acide et tout juste impossible à croquer, je prends une gorgée de lait et j’avale les blocs un à un. Je regarde Jérôme, ses pectoraux se gonflent, ses abdominaux se rentrent, sa gorge se rétracte il n’a pas l’air d’apprécier. Je regarde Fred idem, on se regarde tous les trois et sans pouvoir se retenir on explose de rire, heureusement tout le monde parle très fort on passe presque inaperçus, sauf pour Kiyochi qui du coup se déclare allergique aux produits laitiers. Le petit malin, il ne va pas s’en tirer comme ça ! On va lui en garder un bout pour ce soir !

Mais ça ne s’arrête pas là… c’est le tour du yaourt !! Le sceau est encore plus dégueulasse que les autres mais curieuse, j’accepte, je suis la seule, les garçons prétextant qu’ils ont bien trop mangé !! Et bien ma fois c’est délicieux, je me régale, ça ressemble à de la faisselle, le Taarag. Vous ratez quelque chose les mecs !!! Heureusement ça s’arrête là, la jeune mère nous propose d’assister à la traite des juments. Astucieux… ils stimulent la mère en lui présentant son petit et le tour est joué  !! A peine une petite pression de la main et un petit filet blanc coule jusqu’au sceau métallique.

Le temps passe, il est grand temps de partir, la route est encore longue, d’une poignée de main nous remercions nos hôtes.

Il pleut, la route est merdique, obligeant Magnet à faire des détours au risque de s’égarer. Chose dite, chose faite, nous sommes perdus. Nous allons de ger en ger demander notre chemin, tout en évitant les pistes inondées, un coup à droite puis à gauche, demi tour, Magnet s’arrête, scrute l’horizon et repart à fond, décidé et sûr de lui !!! Bravo !! Gagné !! Le camp est là !! C’est Chiné qui nous accueil, une jeune et jolie mongole de 17 ans : « Elle est un peu jeune Fred, arrête de la regarder comme ça, c’est un petit LU qui sort à peine du four !! » Toute jeune, mais déjà beaucoup de responsabilités, sa famille vit à 3Km et c’est elle qui est chargée de s’occuper du camp de touristes.

Ce soir nous avons droit à la ger nuptiale, juste tous les deux en amoureux. Une belle nuit s’annonce à Tsagaan Suvarga.

 

04/09/2008 – 3ème  jour – Dalanzagdad – Mongolie

Nous arrivons à Dalanzagdad, capitale de l’Umnugobi, nous déposons nos affaires chez la famille qui nous accueille et demandons à Magnet de nous emmener en ville faire quelques courses et envoyer un mail ou deux à nos familles. Il est 17H, le cyber ouvre dans une heure, nous allons donc au bazar. Nôtre chauffeur se gare sur le parking et nous commençons le ravitaillement, surtout que ce soir c’est fiesta, nos 3 ans de couple !! Nous flânons dans le bazar, on se disperse un peu, histoire de se retrouver en amoureux. Les courses terminées, nous retrouvons Magnet sur le parking et lui demandons de nous attendre devant le Cyber café. A la sortie, pas de voiture, pas de Magnet ! Nous pensons qu’il n’a pas compris et qu’il nous attend toujours au bazar. Il connait tout juste quelques mots d’anglais, l’essentiel se fait par mimes.

Arrivés au bazar, pas de Magnet ! OUPS!!! Nous faisons deux équipes, une qui reste là et l’autre au cyber. On se dit : « Il a dû aller faire de l’essence… ou alors de la mécanique… » Mais au bout d’une heure d’attente, le soleil tombe, le bazar se vide. On n’est pas dans la merde et qu’est ce que ça pelle !!!  Nous avons trop froid, on ne peut plus rester immobile, nous décidons de retrouver Kiyoshi et Fred devant le cyber !! Pas de Magnet ici non plus !!! Il fait vraiment trop froid, nous sommes en tee-shirt, après une heure trente d’attente, nous nous décidons à tenter de retrouver la ger qui nous semble toute proche. Le début de la route est facile, nous retrouvons des repères dans le centre, : « ahh l’école… on est passé à droite… ce bâtiment je m’en souviens… » Nous sommes confiants mais quand nous commençons à rentrer dans le bidonville, que toutes les rues se ressemblent, que toutes les gers sont identiques, des petits portails jaunes, bleus ou légèrement verts, ça se complique !!! Nous avons beau tourner, tout se ressemble. La nuit est en train de tomber, il n’y a pas d’éclairage public, nous somme à trois ou quatre kilomètres du centre il faut faire vite, ne pas perdre de temps !!! Kiyoshi tente d’expliquer nôtre problème aux riverains mais bien sûr pas d’anglais ici, et les mimes ne suffisent pas !! Nous trouvons une jeune fille, qui par chance parle anglais, elle semble avoir compris et mieux, elle connait peut être la famille chez qui nous logeons. Elle appelle et nous passe le téléphone. En fait non…la bonne femme du téléphone nous propose un hébergement : « Mais on s’en fou ! On l’a nôtre ger on veut juste savoir où elle est !!! » Ca y est, nuit noire !! Oups! Kiyoshi s’acharne à essayer de mimer ou de dessiner à la lueur de la torche nôtre problème !! Nous commençons à nous impatienter avec Jérôme. Nous pensons que vu l’heure, vu qu’il fait nuit, qu’on ne voit absolument rien, le mieux est de retourner au centre et d’essayer de trouver le numéro de téléphone de la guest house qui a organisé notre tour afin de récupérer le portable de Magnet. Kiyoshi est très têtu… il s’acharne ! Mais Kiyoshi, que veux tu qu’ils comprennent, on sait juste qu’il y a un portail vert mais tous les portails sont verts ! Qu’il y a une femme enceinte mais il y en a des dizaines  !!! Kiyoshi s’il te plait… !!! »

Nous arrêtons un van et disons : bazar ? Ça marche, ils nous ouvrent la porte. Mais kiyoshi n’a pas dit son dernier mot. Il repart dans ses explications, nous rions. La voiture s’arrête devant un portail, le chauffeur klaxonne comme un fou furieux. Une femme arrive, discute avec lui et monte nous retrouver à l’arrière. D’un sourire commercial, elle nous salue, nous demande si on va bien, le tout dans un anglais impeccable. Elle enchaine « Vous voulez aller au désert ? Je peux vous organiser ça. Jeep + chauffeur avec ou sans guide ? » C’est un gag !! On n’y arrivera jamais !!! Kiyoshi change sa technique, il a compris que trop d’explications tue l’explication ! « Merci, mais en fait on s’est perdu, et nôtre chauffeur nous attend au cyber internet à coté de la poste. » Elle rigole, elle a compris. D’un geste de la main, elle nous salue et sort de la voiture, sûrement déçue d’avoir perdu quatre clients potentiels !! Elle traduit quand même au chauffeur et nous prenons enfin la direction du centre ville !! Et là bonheur ! LA VOITURE !!! MAGNET !!! BON ANNIVERSAIRE MON CŒUR !!!

Nous décidons de ne pas chercher à comprendre la disparition soudaine de nôtre chauffeur, se disant qu’il devait avoir une bonne excuse et finissons la soirée gaiement dans nôtre ger !!!

Bébé mongoleportraits écolières mongolesville mongoliepetite fille rêveuse en Mongolieattente en Mongolie

perdu en mongolie

05/09/2008 – 4ème  jour – Baïanzag – Mongolie

Je suis épuisée, barbouillée. Arach Awa, notre nouveau chef de ger, est partie nous chercher à manger avec notre chauffeur, apparemment, des intestins !!! Je ne peux pas, juste l’idée me donne la nausée. Fred non plus n’en peut plus. Nous hésitons, l’envie d’aller se cacher sous la couette est plus forte. Nous craquons !!

Ohh mais quel bonheur, l’extase !! Qu’on est bien dans son lit !! Les pauvres, des intestins… beurk !

Les yeux fermés la journée défile. Nôtre randonnée dans la chaine gelée et brumeuse du Gov’ Altaï ; la piste toujours la piste ; Baïanzag et ses formations sableuses, ses restes de squelettes de dinosaures que quelques nomades essaient de vendre en toute discrétion et les intestins… beurk… mieux vaut se coucher !!!

montagnes mongolie

formations sableuses mongolie rencontre avec un mongolepaysages mongoliesuperbe couché de soleil en mongolie

plat de choix en mongolie

06/09/2008 – 5ème  jour – Hongoryn els – Mongolie

Je suis toujours barbouillée. Les odeurs de moutons, de lait, de crasse, mon odeur me donnent la nausée. Je dirai que je suis à 2 % !!! Les toilettes mongoles, de bon matin, pourraient bien finir de m’achever (un trou avec un beau tas de merde et une planche de chaque côté ). Je  choisis donc une petite vidange en pleine nature, de l’air frais !!!

C’est l’anniversaire de Fred alias Pirate comme l’appelle Magnet, 26 ans !! Un bel anniversaire pour lui, un joli cadeau, le désert !!! Le désert qui nous fait tant rêver, le désert qui ne cesse de nous inspirer…

Une longue bande de sable léchant la chaine du Gobi-Altaï.

Voyage en Mongolie

Marais de Hongoryn els Mongolie

Les garçons sont partis explorer les dunes. Fatiguée, je préfère rester au camp me reposer. Magnet et les deux femmes Mongoles viennent me trouver pour aller chercher de l’eau à la source qui jaillit au pied des dunes, 3 km plus loin. J’utilise le peu d’énergie qui me reste pour grimper dans la voiture. Nous arrivons à la source, un marais plein de vase. Effectivement, il y a un peu plus de fond à cet endroit là…! Ils commencent à remplir les bidons un à un, tout en buvant cette si précieuse eau. Ils me tendent un verre… Que faire ?… Boire ou ne pas boire… ? Hum… hum allez, je me lance. Elle est quand même très limpide… Petit goût de vase mais très fraîche… benh voilà, c’est fait, t’es plus à un verre près ma fille !!! Et hop !! On verra bien ce que ça donne aux chiottes !!!

La moitié des bidons sont remplis, nous remontons en voiture et nous nous arrêtons un peu plus loin, un puits. Les deux jeunes femmes soulèvent la plaque qui doit peser un âne mort !! Trop fortes les minettes !!!

Mais là, l’horreur !!!! Deux rats crevés, et un beau crapeau flottent en surface !!! D’un geste vif, la mère enlève toutes ses saloperies. Mais je t’ai vu !!! Tu vas pouvoir te la foutre où je pense ton eau !!! Magnet me dit « washing… washing… » ohhhhhhh c’est pour laver le linge… ouaih, mais quand même, pas moyen que je lave nos dessous avec cette eau pourrave, ça pue assez le rat mort comme ça !!!

Les mecs sont de retour, tous trois comme des gosses, émerveillés par le désert. Kiyoshi évoque l’idée de prolonger le tour d’un jour, histoire de profiter du désert une journée entière. Tout le monde est d’accord, une bonne chose !!! On est tous contents, heureux, excités d’être ici… Allez soyons fous, on prolonge de 6 jours et on va jusqu’au lac Hövsgöl !!!

Oh ouiiiii… super… vite vite il faut demander à Magnet !!!!…

…Tsuguere, no problem !

On se met tous les 5 à discuter du nouvel itinéraire. Seul impératif, être rentré le 16, le visa de Fred expirant. Tout est ok, il ne nous reste plus qu’à informer la guest house et voir combien on doit payer en plus et comment.

 

07/08/2008 – 6ème  jour – Hongoryn els – Mongolie

Quel bonheur !! Pas de voiture ! Pas de journée tape cul !! À la place une journée en amoureux… ça fait du bien de se retrouver seuls, ne pas faire grand-chose, juste apprécier le moment présent.

Une petite virée dans les dunes, une ballade dans le marais, un chouia de lessive, manger, faire la sieste, de nouveau une petite ballade, petite sieste crapuleuse… pas de course contre la montre, nous avons  « le temps » !

Magnet, lui, fait un peu de mécanique avec les autres chauffeurs, les roues avant ne tournent pas, apparemment c’est un « tchuc tchuc » problème. Moi, j’en pense pas grand-chose, juste que la voiture est bien  trop pourrie.

Fred et Kiyoshi sont partis en randonnée. Ils veulent traverser le désert à pieds et rejoindre les montagnes. Je pense qu’ils sont fous, qu’ils frôlent l’inconscience !!! Surtout quand on voit Fred partir avec juste une bouteille d’eau de 50 cl !! Il va vraiment finir par se perdre celui là !!!

19h30, toujours pas de Fred et de Kiyoshi, il fait nuit, ça craint !! Les deux femmes nous demandent où ils sont, on leur montre les dunes, elles ont l’air inquiètes. Moi aussi, je commence à m’inquiéter et à imaginer le pire. Jérôme répète sans arrêt : « S’ils ne rentrent pas avant la nuit, ils sont vraiment trop cons !!! ».

On va voir Magnet : « Tsuguere good miam miam for wolf !! » et il se marre… il est pété !!  Il a un peu abusé sur la vodka !!

20h15, nuit noire. Jérôme : « Ils sont trop cons !! Mais qu’est-ce qu’ils sont CONS !!!! »

Nous nous décidons à aller revoir Magnet, pour aller les chercher en voiture et à ce moment là, on entend siffler au loin… sfiiiiit… sfiiiiiiit… Je sors la lampe, fais des appels de lumière ! Crie ! Fred ! Hiyoshi ! Ehhh ohhh !

20H30, ils sont là, pieds nus, épuisés.

D’une petite voix : « La montagne était loin… trop loin… bien trop loin !!! »

Mais pas le temps de se reposer, Magnet, vient nous chercher. Nous entrons sous la ger des deux femmes, trois autres chauffeurs sont là. Ils sont tous déjà bien amochés. Magnet me fait un bisou sur la tête en chantant « Célina… célina… ». Mais oui, c’est ça Magnet, allez assieds toi !!

Ils nous tendent le verre de vodka, en Mongolie on boit tous dans le même récipient. On se le fait passer. Tout le monde parle en même temps, c’est le brouhaha ! Magnet nous explique : «  tchuc tchuc vodka, no computer virus ». Il accompagne toutes ses gorgées de « tchuc tchuc » (un peu, un peu). L’ambiance est très sympa, on s’amuse à se traduire des mots dans toutes nos langues : mongol-français / mongol-allemand / japonais-mongol-français. On rigole beaucoup ! On s’amuse des mimes de Magnet, c’est qu’il est doué !!! On danse, on chante, on se marre…

Nôtre chauffeur décline nôtre verre, qu’il est sérieux… Et oui, demain la route est très longue, une étape de 400 km soit 12 h de route !! Il est temps d’aller se coucher. Nous rejoignons notre ger, Fred et Jérôme sont complètement déchirés, ils s’attaquent à la chanson française… c’est pas gagné le dodo !!! Maintenant ça suffit ! « DODOOO… DODO !!!! »

3h du mat. Il pleut des cordes, c’est l’inondation, je me prends des splotch… splotch sur la tête, cool… ! Je me lève, nos affaires sont trempes, j’essaie de sauver ce qu‘il y a à sauver, c’est pas gagné. La yourte n’est vraiment pas étanche !!! Je n’arrive plus à trouver le sommeil, je me fais un thé, une clope, deux clopes, un autre thé… je jalouse le sommeil profond de Jérôme, je finis par m’endormir vers 5h.

Hongoryn els Mongolie

road trip en mongolie Hongoryn els

marais Hongoryn els mongolie

land art mongoliePaysages de dunes et de marais en mongolieroad trip mongolieballade en dromadaire mongoliesunlight mongolia08/09/2008 – 7ème  jour – Arvaikheer town – Mongolie

7H30 Merde le réveil n’a pas sonné !!! On est à la bourre !!! … enfin non, Magnet n’est toujours pas levé !! Oups ça sent pas bon… espérons qu’ils n’a pas trop abusé hier soir, comme il nous l’avait promis !!!

On se prépare, on charge la voiture, en prenant soin de bien claquer les portes, afin de réveiller notre chauffeur. Les outils de la mécanique de la veille sont restés dehors, tout est trempé, il y a des vêtements qui trainent, c’est un peu la zone !!!

A 8h30, Magnet sort en trombe de sa ger, s’active à ranger ses affaires, sans un mot, tête basse ! On le laisse faire, on attend patiemment.

« Ok let’s go ! » nous dit-il en redressant la tête. Ouaihh d’accord Magnet… Il a les yeux explosés, tout rouge…La soirée a dû continuer bien tard !!! Il nous dit en voyant nos têtes : « Tchuc tchuc computer virus… tchuc tchuc… » C’est ça, tchuc…tchuc… !!!

Nous décollons à 9h. Nous nous relayons pour surveiller nôtre chauffeur, la route promet d’être longue et pénible !!!

Nous arrivons dans les montagnes, obligeant Magnet à être très vigilant, il gère. La descente est chaotique, je sens Kiyoshi à côté de moi, peu serein. J’avais vu juste, il demande de s’arrêter. On pense qu’il est malade, mais non…il saute de la voiture et se met à courir à fond les manettes… Il est pas câblé comme nous décidemment, celui là ! Dans la voiture c’est l’explosion de rire !!! Il faut le voir, les genoux montent jusqu’en haut du torse, comme les bonhommes dans les dessins animés japonais. On finit par le dépasser…on s’arrête un peu plus loin pour l’attendre afin qu’il remonte en voiture. Arrivé à notre niveau, il nous regarde et il trace… on sent qu’il fatigue mais il continue !!! Bon maintenant, ça suffit !!! On a de la route, finit tes Kiyoshinites !!!

Nous retrouvons la plaine, nous somnolons, c’est Jérôme qui surveille nôtre chauffeur. Il crie : « Magnet ! »  la voiture oscille, rejoint la piste. Ouf !!! Putain il craint !!!

Magnet : « Tsuguere… Tsuguere »

C’est ça je vais t’en foutre des TSUGUERE !!! En tout cas, nous on ne dort plus, on ne te lâche plus !!!

 

La route est monotone, tout est plat, des cailloux à l’infini… J’en peux plus, j’en peux plus de la piste… j’en peux plus des alcooliques…  Mare ! Mare ! Mare !

Nous arrivons tard à Arvaïheer, capitale de l’aïmag, Övörhangaï. A peine arrivés, Kiyoshi veut partir en ballade, on essaie de l’en dissuader, mais rien à faire, têtu le petit !! Il est épuisant !!…

 

…Il est mignon, il nous a acheté du café et des petites gourmandises. Ça va t’es pardonné !!

 

Retrouvez la suite de notre périple en Mongolie jeudi prochain !

 

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À PROPOS : Nous avons eu la chance de réaliser ce fabuleux périple il y a plus de 10 ans. Nous sommes partis mon compagnon et moi durant une année sur les routes asiatiques sans savoir ce que le voyage allait faire de nous. Aujourd’hui, nous savons ! Des Bourgeons sur le Bitume n’aurait certainement pas éclot sans cette intense et déroutante parenthèse. Il était évident pour moi de partager cela avec vous tant cela fait parti de notre ADN.
Je ne fais qu’un copier/coller du blog que j’avais ouvert à cette occasion, sans rien changer même si des fois, je vous l’avoue, je préférerais partager ce périple avec les 10 années de recul que j’ai aujourd’hui mais ce ne serait pas la réalité. Pour le petit scoop, même si nous ne savons pas de quoi la vie est faite, nous prévoyons de remettre le couvert ! Nous sommes partis il y a 10 ans, le jour des 30 ans de Jérôme, nous partirons donc le jour de mes 40 ans ! 

Comments

  1. Merci pour ce récit qui respire l’authenticité, on rit et on découvre pas mal de choses aussi ! Je comprends ta déception pour la yourte au début mais j’imagine que c’est un bon compromis pour ces familles qui peuvent proposer un hébergement sans mettre à mal trop souvent leur intimité (enfin je ne sais pas s’ils accueillent souvent du monde ? Mais probablement de plus en plus…). Je compatis aussi concernant les conditions routières, c’est souvent LE truc qui donne des sueurs froides en voyage !

    • Oui tu as entièrement raison et si à l’époque j’étais déçue je le comprends et l’encourage entièrement aujourd’hui. Après ce voyage de un an en Asie, après 10 années qui se sont écoulées depuis… ma vision du voyage a bien changée.

  2. Que ces gens sont beaux, et tes photos font rêver !! J’adore le ton dynamique et sincère de tes récits, on s’y croirait ! Encore merci Céline pour ce bel article.

    • Pour être sincère, c’était il y a dix ans. Je n’ai pas voulu reprendre le texte, je l’ai vécu comme cela mais je n’écrirai pas les choses de la même manière aujourd’hui.

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