Zoom sur la soie de Thaïlande

 » Parce que je cherchais une étoffe naturelle et délicate me permettant d’explorer la teinture végétale.

Parce qu’entre moi et la Thaïlande c’est plus qu’une simple rencontre.

Parce que je cherchais une bonne excuse pour y retourner.

Et parce qu’il y a des parcours qui valent la peine d’être raconté !  » Céline.

 

La mystérieuse histoire de Jim Thompson

La soie est une fibre textile d’origine animale, elle est produite par la chenille du bombyx du mûrier (vers à soie). La technique permettant de produire la soie date de 2500 av. J.-C. et vient de Chine, elle s’est transmise en Asie par la Route de la soie.

À bout de souffle dans la première moitié du 20e siècle, la tradition de la soie en Thaïlande reprendra son essor dans les années 1950, grâce à un Américain, Jim Thomson, précurseur des principes de l’entreprenariat social.

Jim Thompson, architecte de formation, découvre la Thaïlande en 1945. Il y est alors affecté comme officier des services de renseignements de l’OSS. Quand il quitta l’armée, il décida de revenir en Thailande et d’y résider en permanence. Depuis son arrivée dans le pays, Thompson, grand collectionneur, se passionne pour la soie tissée à la main au point de se consacrer à la renaissance de cet artisanat tombé dans l’oubli.

A l’époque où il s’installe à Bangkok, les tisserands se font rares : la tradition n’est perpétuée que par quelques musulmans du quartier de Benkrua qui peinent à exprimer leur art. Décidé à commercialiser la soie thaïlandaise, il se met en contact avec eux et construit sa célèbre maison sur le klong (canal) juste en face de cette petite enclave musulmane alors très pauvre.

En 1947, une valise pleine d’échantillons de soie avec lui, Thompson s’envole pour New York. La rédactrice en chef du magazine Vogue se passionne pour les tissus et lui offre aussitôt son soutien. La soie thaïlandaise prend alors son envol.

De retour en Thaïlande, il crée une société dont les actionnaires incluent tous les artisans qu’il emploie. L’entreprise emploie également des femmes, autorisées à travailler chez elles pour ne pas perturber leur vie familiale.

Au début des années 1950, Thompson ouvre un magasin à Bangkok qui connaît un succès fulgurant. Bientôt il reçoit la visite de la reine Sirikit. Elle devient sa cliente la plus célèbre et la plus influente. Lors de ses visites officielles à l’étranger, elle porte des tenues confectionnées en soies traditionnelles qui ne manquent pas d’attirer l’attention du grand couturier français Pierre Balmain. Les commandes affluent de toutes parts.

A plusieurs reprises ses actionnaires lui proposeront d’augmenter son salaire, il refusera à chaque fois. Il refusera également systématiquement de remplacer la fabrication artisanale du village de Baan Krua par une usine moderne, pourtant plus facile à gérer, et surtout moins coûteuse. Il appréciait particulièrement ses relations avec les artisans avec qui il travaillait depuis des années et pensait qu’une fabrication industrielle nuirait à la qualité de la soie et à la créativité induite par les petites rivalités entre les familles de tisseurs.

Les tisseurs employés par Jim Thompson ont grandement profité de son implication dans la soie thaïlandaise. D’une enclave pauvre de Bangkok, Baan Krua est devenu un petit village prospère, grâce au commerce de la soie.

Malheureusement, l’aventure de Jim Thompson va s’arrêter brusquement, un peu moins de 20 ans après la création de son entreprise.

La mystérieuse disparition de Jim Thompson.

Le 26 mars 1967, Jim Thompson disparait sans laisser aucune trace. Invité par un ami singapourien dans sa maison de vacances des Cameron Highlands, une magnifique région montagneuse du Nord de la Malaisie, il part se promener au milieu de l’après-midi. Il ne sera plus jamais revu, malgré un effort de recherche considérable organisé par la police et l’armée. Habitué des excursions dans la jungle et entraîné à ses dangers au cours de son passé militaire, rien ne pouvait laisser présager une telle fin.

Plusieurs hypothèses ont été avancées au cours des années sans que la vérité ne puisse être établie. Jim Thompson a-t-il été assassiné à cause de ses affaires ? A-t-il disparu volontairement pour se débarrasser d’un fardeau de dirigeant devenu trop lourd ? S’est-il perdu dans la jungle ? Toutes ces hypothèses ont des éléments en leur faveur. Toutes, aussi, sont extrêmement improbables si elles sont examinées sérieusement, en gardant en tête le contexte et la personnalité de Jim Thompson. Le mystère captive l’attention des médias et du public en Asie, mais aussi en Amérique et ailleurs. Car l’homme est loin d’être un inconnu : il suffit d’adresser une lettre à « Jim Thomson, Bangkok », pour qu’elle trouve son destinataire parmi les trois millions d’habitants de la capitale thaïlandaise.

45 ans après cette disparition, le mystère reste aujourd’hui toujours entier.

Durant les vingt années précédant son séjour fatal en Malaisie, Jim Thomson réalisa ce que d’autres ne réussissent pas à faire en une vie entière. Se spécialisant dans un art dont il ignorait tout, il créa une vaste industrie de la soie en Thaïlande.

Sa maison à Bangkok, chef d’œuvre architectural abritant une collection d’objets d’art, obtint une telle notoriété qu’il l’ouvrit au public et distribua les revenus aux œuvres de charité et aux projets dédiés à la conservation du patrimoine culturel thaïlandais.

 » Après avoir lu cette histoire, il était évident pour moi que je devais aller chercher ma soie dans le quartier de Baan krua et trouvé l’un des rares artisans n’ayant pas succombé aux grosses usines de la région de Chiang Mai. C’est avec énormément de plaisir qu’après une longue ballade dans ce quartier de Bangkok, j’ai rencontré il y a cinq ans, Mr. Aood et sa famille. Depuis, je vais le voir à chacun de mes voyages dans son atelier familial et repart la valise chargée de son délicat travail tissé à la main.

De retour dans mon atelier, il ne me reste plus qu’a faire jouer la magie des plantes pour obtenir des étoffes somptueuses aux couleurs éclatantes et pleines de lumière ! « 

 

Les Bijoux en Soie de Thaïlande

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