Road Book Tour d’Asie 2008-2009 / part 11 / Tour des Annapurnas – Népal.

Le 13/11/2008. Pokhara. Alt 830m. Besishahar. Alt 820m. Besishahar- Khudi. 7km. Alt 790m. 2 heures de marche.

 

Nôtre trajet commence bien !!! Le réveil a sûrement dû sonner… Peut être, peut-être pas ! Toujours est-il que ce n’est pas le réveil qui nous a sorti du lit mais le cocorico de ce con de coq qui nous fait chier depuis une semaine !!! A 6h30 !! L’heure où le bus part de Pokhara !!! C’est fichu !!! 600 roupies en l’air !! Et un joli faux départ !!! C’est donc la panique qui nous envahit et fait de nous des êtres maladroits !!! Qu’est-ce qu’on fait ? Go, on verra bien !! On se prépare en express, en faisant nôtre possible pour ne pas oublier tel ou tel truc dans la panique !!! Nôtre situation fait bien rire Ama !!! Elle n’a pas tort, il n’y a rien de grave !!! Un petit bisou, un « à bientôt » et let’s go !!! Arrivés à la gare routière c’est encore la panique, on court, on demande : « Besishahar ? Besishahar ?? » On a de la chance il y en a un qui part dans une demie heure, juste le temps pour nous de nous remettre de nos émotions !!

Mais qu’est-ce qu’il est lent ce bus !!! Arrêt toutes les vingt minutes !!! Ça monte, ça descend, un vrai ballet !!! Ça piaille, ça gueule, ça rigole, ça bouffe, ça dort, ça crache et ça klaxonne !!! Nous avons même droit à un carton rempli de grippe aviaire !! Nous mettons cinq heures pour rejoindre Besishahar qui est à tout juste 120 kilomètres de Pokhara !!

Nous attaquons nos premiers kilomètres de marche à 14h30.

Nôtre foulée est hésitante. A droite, à gauche ?? Rien est indiqué !! On nous indique : « Straight on !!! » Bon benh straight on alors !! Le sentier est rude, enfin la piste est dégueu. De vieux Tata nous crachent leur fumée à la gueule décollant au passage quelques nuages de poussière pour nôtre plus grand plaisir !! Mummhhh c’est sympa les Annapurnas !!! Quel bouffée d’oxygène !!! L’air pur de la montagne !!!

Jérôme m’éclate !!! Toujours aussi têtu !!! Il s’est mis dans la tête de faire le trek en claquettes !!! Pas de belles claquettes de trekkeurs qui tiennent bien aux pieds avec de belles semelles en caoutchouc, non non, lui ce sont de belles claquettes en polystyrène avec une belle semelle sans adhérence, bien lisse !! Il en chie, emporté par les 20 kg qu’il a sur le dos, il trébuche, glisse, je lui dis : « Met tes basquets !!! » Il est têtu !!! Il me dit : « Comment ils font les porteurs ??

– Mais t’es pas un porteur !!! La différence c’est qu’ils n’ont pas le choix, ils n’ont pas de super chaussures North Face !!! »

Après quelques traversées glissantes de rivières, d’une foulée décidée, nous arrivons à la petite bourgade de Khudi. Ça sera tout pour aujourd’hui !!

Nous trouvons une petite lodge déserte. Nous nous retrouvons donc pour nôtre première nuit avec une maison privée pour 100 roupies soit 1 € !! Elle est pas belle la vie ??

 

Trekking autour de l'Annapurna.

Sur les ponts des Annapurnas

Fin de journée à Khudi, Annapurna area.

14/11/2008. Khudi-Ghermu. 15km. Alt 1130m. 5h30 de marche.

Le départ de la journée est donné à 7h30. La vie appartient aux gens qui se lèvent tôt !! Je retire mes mots d’hier, Jérôme s’est décidé à mettre ses basquets !! Il continue quand même à dire qu’il passera le Thorung La Pass en claquettes !!! J’ai beau lui expliquer qu’à 5416m d’altitude il fait très froid, qu’il est fort probable qu’il y ait des passages verglacés, peut-être même de la neige, que techniquement pour lui, ce n’est pas possible, rien n’y fait !!! Quelle innocence à 30 ans !!! Rêvons, rêveur !!!! Besishahar est loin derrière nous, à mesure que nous avançons le sentier devient de plus en plus sympathique !! Le paysage de plus en plus sauvage !!! Si on évite de regarder les bouteilles de plastiques, les déchets qui parsèment les alentours du sentier !!! C’est de nôtre faute tout ça ??? Trekkeurs = pollueurs ??? …

Juste devant nous, les géants, l’Himalchuli, Ngadi Chuli, le Manaslu II, des plus de 7000 m quand même !!! Etourdissant !! Nous longeons la belle et tumultueuse Marsyangdi Khola, enfant des glaciers. J’aime me perdre dans ses eaux vertes, dans son insolence, me laisser envoûter par son flot, son concerto. Pas trop le temps de flâner, anticiper le pas, se concentrer pour éviter la chute !!! La redoutable chute !! L’achèvement ! L’échec ! Il fait chaud sous les tropiques, nous suons à grosses gouttes ! Nos corps se lavent, se décrassent, se déshydratent ! La gourde devient précieuse, indispensable !! L’eau nous rappelle à elle, nectar de la vie !! Que c’est bon !!!

Je suis en tête de ligne, dans un pierrier. Je guette mon pas, quelque chose m’interpelle ! Je m’arrête. Benh on dirait un crabe… un crabe ??? Un crabe !!! Benh qu’est-ce que tu fais là toi ??? Tu t’es perdu ??? T’es dans l’himalaya ici, c’est pas un endroit pour toi !! T’es un rebelle ?? Un avant-gardiste ??? Un crabe montagnard !!! Ça alors !!! Il fait peut être un tour d’Asie lui aussi !!! T’as pas de sac à dos ???… Jérôme me sort de mes rêveries. « C’est un crabe de l’himalaya patate !!! » Benh qu’est-ce que tu racontes ??? Il n’y a pas de crabes en montagne !!! Benhhh si, la preuve !! Effectivement j’ai un crabe devant les yeux… il se passe des choses bizarres ici… on va peut être voir le Yéti alors, ce n’est peut être pas qu’une fable pour envoyer les enfants au lit!! Hummm il parait qu’il déchiquette ses proies… Muuhhhmmm on va peut être accélérer le pas non ??

 

A 11h, nous arrivons à Bahundanda. 1310m d’altitude. Nous avalons une plâtrée de riz, le temps à nos tee-shirts de sécher. Et c’est reparti !! Le chemin descend à pic !! Dur pour le moral !! Une impression d’inutilité !!! Monter pour redescendre !! On n’est pas arrivé à ce train là !!

Je suis toujours en première position !!! Le soleil tape fort sur el camino !! Je suis perdue dans mes rêveries quand cette fois-ci c’est un bruissement qui m’interpelle !! Je baisse les yeux sur la bordure du sentier. « Putain de meeeeerrrrrrrrdeeeeeeeee !!!!! Aahhhhhhh !!!!! RRRRRAAAHHHHH !! » Je gueule, m’affole, trépigne, gueule, n’en fini pas de gueuler !!! Jérôme me tient par la sangle du sac !!! Il croit que je vais me jeter dans le ravin !! « Lâche moi, lâche moi !!! Tu le vois, tu le vois ???

– C’est bon il est parti. Il a du avoir aussi peur que toi !!! »

Confrontée à ma phobie, les serpents !!! Mais si près… je l’ai échappé belle !! Il était énorme, orangé et noir !! Une sale bête, un monstre !!! Je n’arrive pas à m’en remettre, mon cœur palpite à 200 !! Je tremble !! Je ne m’y attendais pas !!! Je me demande si j’ai déjà eu une si grande frousse dans ma vie !!! Jérôme aussi est dans tous ses états, pas à cause du serpent mais à cause de moi !!! « Je t’avais dit que c’était une phobie !!! » La reprise est très difficile, je sursaute au moindre bruit, mon pas est plus qu’hésitant !!! Je suis ridicule mais c’est incontrôlable !!! Je frise la farce quand ce sont deux écoliers qui me font pousser un cri d’effroi !!! Si je pouvais me téléporter dans un lieu sûr !!! Si je pouvais me faire rapatrier en hélico !!! Si je pouvais voler… Mais pas le choix, je suis en pleine jungle et il faut avancer !!! Alors j’avance, lentement, avec maladresse, je scrute, gardienne de mes pieds !!! Nous croisons un groupe de trois israéliens avec leur porteur !! Ils ont l’air de ne pas être heureux ces trois là !! Je dirais même qu’ils sont assez désagréables !!! Leur porteur est tout le contraire !! Il est souriant, il nous demande où nous comptons nous arrêter aujourd’hui. « Maybe Jallad ». Il nous conseille de nous arrêter avant, que la route est longue et difficile, qu’il ne faut pas brûler les étapes. Lui va à Jallad, contre son gré !! Il n’est que porteur, employé à la limite d’être un esclave !! Les israéliens avec leurs mini-sacs sur le dos ont décidé de faire le tour top chrono !! Alors, porteur : subi et tais toi !!! On ne te demande pas ton avis !! Même si tu as fait le tour des dizaines de fois, même si tu es un enfant du pays, nous on sait mieux que toi !!! Nous, en tout cas, nous écoutons son conseil et nous arrêtons donc au prochain village, Ghermu. Nous avons fait 15km, bien assez pour une première journée !! Bien assez pour nos petits corps tout flasque !!!

Les paysages superbes du massif de l'Annapurna.

Trekking dans le massif de l'Annapurna

Paysage de rizières, massif de l'Annapurna.

Le 15/11/2008. Ghermu-Tal. 12 km. Alt 1700m. 6h30 de marche.

Je ne sais pas si c’est l’omelette de ce matin, la superbe vue au réveil ou les chapatis au fromage de yack mais nous sommes dans une forme olympique !! Nous courons presque sur le sentier pourtant bien caillouteux. Glissons, grimpons dans les ruisseaux, volons dans nos nouveaux corps d’athlètes !! Nous avons des muscles !!! Juste un passage dans un éboulis nous fait ralentir, le chemin est impraticable !!! Des locaux sont déjà au travail, ils déblaient à mains nues !!! Ils nous indiquent de passer au dessus, dans la jungle. Nous jouons donc aux explorateurs, je m’imagine dans la peau de Maurice Herzog foulant ces terres il y a plus d’une cinquantaine d’années !! L’environnement à dû bien changer !!!

Un agréable réveil dans le massif de l'Annapurna.

 

Où alors ce sont les caravanes de mules transportant les vivres nécessaires à la vie en altitude qui nous ralentissent. Jérôme après avoir endossé le rôle de porteur se transforme alors en apprenti muletier, les fait déguerpir et nous fraye un passage à quelques centimètres du ravin !! Une fois les obstacles passés nous pouvons reprendre nôtre vive allure. Mon enthousiasme bat son plein, je salue tout le monde sur nôtre passage, envie d’embrasser le monde !!! Même les poules ont droit à quelques civilités !! Après le déjeuner je me traîne, lestée d’un poids supplémentaire !! L’impression d’être un cachalot sur pattes !!! Pourquoi pas, il y a bien des crabes dans l’Himalaya !!! Pourquoi pas des cachalots montagnards !!! Jérôme, lui, c’est pas mieux. Crampes d’estomac, envies pressantes et odorantes !!! Nôtre vitalité s’est fait la malle !! Surtout quand on doit une nouvelle fois descendre !! A chaque traversée de rivières c’est la même histoire !! Et ça descend et ça remonte !! Et il y en a quelques unes des traversées !!! Toute la journée, la même rythmique, monter, descendre, monter, descendre… Nous dégoulinons, l’eau que nous avalons goulûment est de suite évacuée, laissant nos tee-shirts trempés et assaisonnés. Je regarde Jérôme avancer sans réfléchir, porté par ce désir fou de passer ce col en claquettes !!! Il est méconnaissable, lui d’ordinaire si sportif… Nous nous traînons ainsi toute l’après-midi dans la vallée fertile, serpentant le long de la Marsyangdi. Les pauses s’imposent par les envies pressantes de Jérôme !! Il est vraiment chiasseux !!! Nous nous croyons arrivés quand un énorme mur rocheux se dresse devant nous !!! Tal se trouve visiblement juste derrière !!! La Marsyangdi le descend, nous, nous le montons !!! Nous avons eu beaucoup de peine à le franchir, après 6 heures de marche c’est comme un coup de massue !!! Mais le jeu en vaut la chandelle !!! Un espace aéré et plat, au milieu, Tal s’étend tout en longueur. Des galets blancs, la couleur menthe glaciale de la rivière qui s’est largement élargie. Le vent aussi devient glacial, on se rapproche… Les glaciers ne sont plus très loin !!! Chut, on arrive !!!

Cascades dans les Annapurnas.

Éviter les mules sur les sentiers du massif de l'Annapurna.

L'eau glaciale de l'Himalaya.

Les porteurs de l'Himalaya.
Les porteurs, véritables héros de l’Himalaya.

Les sherpas de l'Himalaya.

Le 16/11/2008. Tal-Timang. 13 km. Alt 2600m. 5h de marche.

Dés le réveil je le sais !!! Ça va être une dure journée !!! Quand je me dis qu’on fait ça pour le plaisir… On paie pour en chier !!! J’ai la désagréable sensation d’être un gros chamallow blanc à moitié fondu que essaie de se décoller à chaque pas. J’ai mal aux jambes mais c’est surtout le manque d’énergie !!! Un gros chamallow blanc, fade, sans goût, vieilli par le temps !!! Tous les prétextes sont bons pour une petite pause : « Pipi » « Attends j’fais une photo » « J’ai soif » « J’ai faim » « pause caca ». Il me faut quand même deux bonnes heures avant de sortir de mon état léthargique.

Nous sommes toujours dans la même vallée formée d’une étroite gorge profonde et largement encaissée. Nous ne voyons qu’elle !! Nous frôlons les géants mais nous ne les voyons pas. Nous ne faisons que les sentir, quand ce petit vent glacial se glisse sous nos coupe-vents !!! Nous sommes deux petites fourmis se hissant de cailloux en cailloux !!! D’ailleurs ils ont bien failli nous écraser ceux-là… Je m’arrête, j’entends un bruit, je lève la tête, Jérôme se fout de ma gueule !!! « Les serpents ne tombent pas du ciel ma chérie !!! » Je lui réponds : « Bouge, cours… chute de pierres !!! » On l’a échappé belle, juste où nous étions !!! Pas le temps de reprendre nos esprits, de nouveau un bruit : « Cours !!! » Putain ça craint par là !!!! Bon n’exagérons rien, ce ne sont pas des rochers qui nous sont tombés dessus !! Mais pour des fourmis…ça a eu le mérite de finir de me réveiller !! Du coup, quand on voit les premières maisons de Bagarchap, l’objectif de la matinée, je m’exclame : « Déjà !!! »

En ligne de mire, l’Annapurna II (7937m) et le Lamjung himal (6983m), des adolescents mais balaises quand même !!! Après manger, c’est au tour de Jérôme de ramer un peu !!! Ce qu’il y a de bien dans nôtre couple c’est qu’on n’est pas du tout en adéquation !!! Quand un est fatigué, l’autre est en pleine forme et vice versa !!! Dans la vie ordinaire ça pourrait poser quelques problèmes mais ici nous y trouvons nôtre équilibre !! Quand l’un va mal, l’autre l’encourage !!! Quand l’un va bien, l’autre se repose sur lui et ainsi de suite !!!

A la sortie de Bagarchap, nous rencontrons Kasi. Il travaille pour l’ACAP ( Annapurna Conservation Area Project ) à Manang !!!! Il nous informe que le sentier de Latamarang est fermé, glissement de terrain. Nous devons passer par la crête !!! Ça nous arrange pas tout ça !!! Kasi fait la route avec nous, ralentissant sa cadence !!! Ça grimpe, j’ai du mal à parler et pourtant j’ai tant de questions à lui poser sur son boulot !!! A bout de souffle, je me lance : « Good job ??? » Ma question le laisse perplexe, il réfléchit… et finit par me dire oui d’un ton pas très convainquant !!! « ah ? Why ? » Visiblement je suis indiscrète !!! Il nous dit que maintenant nous sommes sur la bonne route, que nous n’avons qu’à suivre le chemin et qu’on se voit à Manang. Ok Kasi, see you !!! En à peine une minute on ne le voit plus, il grimpe comme un léopard la piste rude et caillouteuse !! Bye bye Kasi !!! Nous nous retrouvons comme deux petits léopardeaux en manque d’expérience devant cette crête !!! 400 m de dénivelé en une heure !! Nous marquons une pause à chaque lacet !!! Un groupe d’américains nous rejoint armés de leur équipement high-tech !!! Ils sont une dizaine en rang d’oignons… nous sommes en train de fumer une clope quand l’armada nous dépasse !! Ils doivent bien rire en nous voyant, nos turbans dans nos cheveux, nos tee-shirts en coton pleins de sel, nos sacs à dos mal répartis, nôtre clope au bec !!! Ils avancent lentement, aidés de leurs bâtons ultra légers, s’hydratant au même rythme à l’aide de leur « camel bag » (réserve d’eau reliée à la bouche par un petit tuyau) accroché à leurs sacs de 10 kg !! Ils sont beaux, en force !!! Nôtre clope finie, nous repartons et les redoublons en une petite dizaine de minutes !!! On se passe et se repasse devant toute l’après-midi !!! Mais nous ne marchons pas de la même manière !!! Eux marchent lentement mais en continue, nous rapidement, mais pause à chaque lacet !!! Qu’est- ce-qu’ils sont lents !!!! Nous arrivons à un « Tea shop » au beau milieu de rien !!! Epuisés, lessivés, balayés !!!! Nous ne pouvons plus mettre un pied devant l’autre sans avoir l’impression que nos muscles vont se déchirer !!! D’ailleurs j’en ai découvert un nouveau !!! Celui qui longe le tibia !!! Moi qui pensais que je n’avais que de l’os et de la peau à cet endroit là !!!

Il y a un petit gosse crasseux qui me regarde timidement, il est trop chou, j’ai envie de lui faire des papouilles !!! Mais dès que j’avance mes mains blanches vers ses petites joues rosées, il s’échappe et réapparait quand le danger lui semble passé. Il doit peut-être avoir deux ou trois ans mais sa peau vieillie prête à confusion, abimée par le froid, tannée par le soleil !! La jeune de la tea shop m’apprend son petit nom, Cima. Encore un !! Visiblement j’adore ce prénom !!! Je lui demande si c’est le sien, ça la fait rire !! Elle me montre une tente faite de bâches, à quelques mètres de là !!! Quoi ??? Il habite là ??? Pitchoun… je comprends bien pourquoi des crevasses inondent ton si joli visage…

Les enfants de l'Himalayas.

 

L’endroit nous plait, nous sommes crevés !!! Nous demandons l’hospitalité !!! Cool ils ont une chambre pour nous !!! Ils avaient pensé aux non sportifs comme nous, incapables de franchir cette crête en une seule fois !!! La jeune veut faire le ménage. Je l’arrête et lui dit qu’on ne fait pas le ménage au paradis !!! La chambre est royale, aération naturelle ou défaut d’isolation, nous avons l’impression de dormir à ciel ouvert !!! A 2600m il commence à faire froid, très froid !!! Sur la carte de la tea shop, Chang 50rps !!! Depuis le temps que je voulais essayer !!! La Chang est une bière locale faite à base de millet. Jérôme me suit !! Nous sommes en train de siroter nôtre petite Chang qui nous monte vite à la tête quand la vieille folle revient de sa lessive. Elle crie partout, enfin émet des sons gutturaux, elle jette des cailloux sur les poules, tous ses gestes sont brefs et violents !!! Elle ne nous a pas encore vu, tant mieux !!! Pas envie de me prendre des cailloux sur la trogne !!! Je suis trop bête !!! Je l’ai prise pour une folle !!! Elle est sourde et muette !!! Quelle conne que je suis !!! Elle nous a vu, elle ne nous jette pas des cailloux, elle nous jette des sourires mettant à découvert sa dentition quasi inexistante !!! Elle est trop belle !!

Un nouveau groupe arrive. Trois jeunes népalais s’installent à côté de nous, se sont «  Les Birds », armés de leurs jumelles, ils font le tour des Annapurnas afin de pouvoir observer les oiseaux. Un me prête sa paire de jumelles. Quel spectacle, j’ai l’impression de pouvoir caresser les géants qui gravitent autour de nous !!! Je cherche le yéti, le long des crêtes, sur les glaciers… Rien !! Ce sera pour plus tard !!! Visiblement il est assez atypique de voir des touristes dormir dans une tea shop et siroter de la Chang, ça les fait rire !!! Nous en sommes à la deuxième et je suis déjà bien guillerette !! Je leur déblatère tout un tas de conneries dans mon anglais plus que médiocre !!! On rigole bien !!! Ils voudraient rester avec nous mais ils ont un groupe qui les attend en haut de la crête. « Ok, on se voit plus tard !! » C’est au tour de la vieille de nous rejoindre, je lui dis de s’asseoir à côté de moi. De ses grands gestes elle m’adresse son refus et s’assoit à côté de Jérôme !!! T’as bien raison, c’est vrai qu’il est séduisant avec son turban dans les cheveux !! On se parle tous les trois un moment à l’aide de nos mains, des expressions du visage, un langage corporel mais efficace !! Visiblement elle n’aime pas les poules, mais elle aime le nez et la barbe de Jérôme !! Elle me prend les mains, elle les regarde minutieusement les yeux ronds comme des billes. Et oui elles sont blanches, douces, intactes !!! Les tiennes sont vieilles, abimées, crevassées mais tellement plus jolies !!! Tu as la vie dans tes mains, les miennes ne connaissent rien !!! Même les mains de Cima en connaissent plus que moi !!! Ne les cache pas ma vieille !!! Elles sont tellement plus belles !!! Un excès d’amour m’envahit !!! Envie d’embrasser le monde !!! Comme dirait Brel : « Quand on n’a que l’amour, à s’offrir en partage…quand on n’a que l’amour, à offrir en prière, pour les maux de la terre en simple troubadour… »

Je resterais des jours ici, il y a tellement de choses à apprendre !!!!

 

Tea house dans le massif des Annapurnas.

Une si jolie rencontre dans l'Himalayas.

Trek des Annapurnas.

Le 17/11/2008. Timang-Bhratang. 16Km. Alt 2800m. 5h de marche.

Nous n’avons presque pas dormi !!! Ça caille sec !!! En pleine nuit 5°, qu’est-ce que ça va être là haut !!! Au petit déjeuner : omelette et chapatis !! Des protéines, il faut les prendre où elles se trouvent !!! Pas de viande en montagne, avec un peu de chance on peut trouver un morceau de yack séché mais les asticots, non merci !!! Nous quittons ce lieu avec nostalgie, nous serions bien restés un peu plus mais l’hiver approche, nous devons passer le Thorung La pass avant qu’il ne soit pris par la neige !!! Et j’ai envie d’arriver à Manang, pouvoir donner des nouvelles à nos mamans !! Je les imagine, mortes d’inquiétude, imaginant le pire, c’est des mamans !! La route est facile ce matin, je ne sais pas si ce sont nos muscles qui commencent à se roder ou si réellement la route est plus facile !! Toujours est-il qu’on commence à apprécier !! Le paysage également a changé !! En allant faire un petit popo, je tombe nez à nez avec un gland, je lève la tête (pas facile l’histoire), un chêne  !!!! « Ehhh Jérôme ça te dit une fricassée de cèpes ??? » Je cherche un peu, soulève les feuilles… rien !! Tant pis ce sera riz au œufs !! Pourquoi changer les habitudes ???!!

Les ponts de l'Himalaya.Sur la route de Bhratang.

 

Arrivés à Chame, surprise !!! Un Cyber Café !!! « Wouahhh maman j’arrive !! » Bon… benh ça va être en express les nouvelles : 10 rps la minute !!! C’est complètement hallucinant quand même !! Nous sommes au milieu des montagnes, la vie y est rude !!! Tout est fait à l’ancienne !! Cuisine au bois, douche et lessive à l’eau de la rivière, moyens de locomotion, la mule ou les pieds !!! Chaque extra : Soda, bière, gâteau, vêtements occidentaux, poste radio, télévision… a été porté à la sueur d’un front !! Les porteurs !! Se sont eux les héros de l’Himalaya !! Ce sont eux qui ont grimpé, chargé de cet ordinateur qui me permet de rassurer nos mamans !!! Alors, certes c’est plus cher qu’à Pokhara !! Mais en réalité c’est bien mal payé !!! Il faut les voir, chargés de 50 voir 70 kilos, en claquettes, suant tout ce qu’ils ont !!! Il y en a de tous les âges !!! Des jeunes, très jeunes, peut être une quinzaine d’années !!! Des vieux, très vieux !! Difficile de leur donner un âge, mais quand on les voit avec leurs petits corps squelettiques, des jambes pas plus grosses que des battes de base-ball… On a juste envie d’une chose, vider son porte monnaie et lui dire : « Arrête papy, tu en as assez fait !!! » Malheureusement nous sommes bien impuissants, nôtre porte monnaie est bien maigre face à tant de précarité !!! Et puis, le pire, c’est qu’on ne nous demande rien !!! On ne nous demande surtout pas la pitié !! C’est leur culture, leur mode de vie. Nous nous devons juste de les respecter !! Ce sont vraiment des héros ces gens !!!

Dans l’après midi, je commence à ressentir la baisse de pression, le manque d’oxygène. J’ai mal à la tête, mes doigts gonflent, je m’essouffle sans rien faire !! Nôtre progression est lente, nous essayons de gérer nos efforts !! Je commence à comprendre tous ces gens qui marchent à deux à l’heure !! C’est lent mais efficace !!! Nous buvons de plus en plus, les tablettes de micropures descendent à vue d’œil !! Nous en sommes à trois litres chacun par jour !!! La transpiration ne suffit plus à évacuer autant d’eau, nous pissons toutes les 10 minutes !!! Nous décrassons les machines mais que c’est bon !!!

Dans l’après midi, nous entrons dans une pinède. Quel régal, nôtre nerf olfactif est en émoi !! En fermant les yeux, on se croirait presque dans les landes !! Il manquerait plus que le bikini, la wax, la planche et les chouchous !!! Les milliers d’épines au sol nous donnent l’impression de marcher sur une moquette !! Le tapis rouge est déballé pour nous accueillir l’espace d’une nuit à Bhratang ! Quelle belle étape une nouvelle fois derrière nous !!

Les Pins de l'Himalaya.Arrivée à Bhratang, Tour des Annapurnas.

Le 18/11/2008. Bhratang-Humde. 19Km. Alt 3300m. 5h30 de marche.

Le réveil est horrible en ce qui me concerne. Je suis mais je suis dans un état de fatigue extrême !! Mais toujours le même mot : avancer !! Passer ce col, ce … de col !!! Et aujourd’hui est un grand jour, nous allons passer nôtre premier palier : 3000m !!! La reprise est vraiment difficile, je n’arrive pas à trouver mon souffle !! Il fait froid, trop froid !!! On paye pour en chier autant ??? Qu’est-ce qu’on peut être con quand on est jeune !!! Des plaques de gel ralentissent nôtre progression, j’en ai évitée une de justesse !! La chute, l’angoisse !!! Une foulure, un rapatriement, le cauchemar !!! Ne pas compromettre nôtre défi !!! On se trouve peut être con mais on veut au moins l’être jusqu’au bout !!! «  Petites étoiles ayez pitié de nous… donnez nous les muscles, donnez nous le souffle nécessaire à nôtre entreprise. Merci. » Nous longeons une immense paroi rocheuse érodée par les glaces, ça ressemble à une immense vague de pierre, c’est somptueux.

 

Toujours des pins, ils deviennent de plus en plus petits, on se croirait  maintenant du côté de Collioure. Nos dernières vacances sur la côte catalane nous paraissent bien lointaines… Bien loin des chambres d’hôtes tout confort, bien loin de nos ballades en Pajero, bien loin des sodas sur les plages sophistiquées de Collioure… Bien loin de l’hiver tempéré !!! Bien trop loin de tout ça !!! Aujourd’hui c’est pas encore l’hiver ici mais qu’est-ce que ça pèle !!!! C’est pas des sodas mais des litres d’eau ! C’est pas nôtre pajero mais nos jambes ! Nôtre toit une planche de bois, un petit matelas à l’abris du vent et nôtre précieux duvet !!!  Nous avons dépassé les 3000m, on trinque à l’aide de nos gourdes !! Bravo les loulous !! Devant nous, l’assaut final !!! Une bonne montée comme on les aime !!! Progressive mais longue, épreuve d’endurance !!! Les jambes ne nous font plus souffrir, il n’y a que le souffle à gérer !! Au sommet quel régal !!! Nous pouvons voir tout le chemin de la journée !! Derrière nous la Paungda Danda, la paroi rocheuse, devant nous la vallée d’Humde. C’est magnifique !!

A nos pieds, la forêt de pinèdes bien verte. Au loin, Humde encerclé de montagnes de calcaire érodées par le temps. En dernier plan, les cimes enneigées !!! Un beau tableau  !! La descente dans la pinède est un vrai plaisir !!! On se surprendrait presque à trottiner en chantant ; « Promenons nous dans les bois, pendant que le yéti n’y est pas, si le yeti y était il nous démembrerait, mais comme il n’y est pas il nous bouffera pas !!!! »  Ahhhh  ahhhh !!!!

 

Après nos 19km, nous arrivons à Humde et trouvons une magnifique lodge !!! Les influences tibétaines se font sentir autant dans la construction des maisons à toit plat que dans les traits des habitants. La terre est plus aride alors cette petite lodge est un brin de folie au milieu des ocres de la terre. Violette et parme !! Une multitude de pots de fleurs desséchées l’entoure. Des nappes et tissus colorés en laine de yack l’habillent. Un petit arc-en-ciel est né ici !! Nous avons marché toute la matinée d’un pète !!! Mon estomac crie famine !!! Après manger, je tombe de sommeil !!! Jérôme veut aller se balader… Vas y je t’en prie… moi…

Il me laisse dans les bras de Morphée. Quand il revient je suis à peine réveillée, il est tout content, fier de lui !! Il me dit qu’il a vu la grotte du Yéti, il me montre la photo, un énorme trou dans la roche !!!

« -T’es rentré ??

– T’es pas folle pas envie de me faire déchiqueter !!! J’ai pris une photo et j’ai déguerpi !!! »

Le Yéti n’est pas loin !!!! Brouuuuu….

 

 

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À PROPOS : Nous avons eu la chance de réaliser ce fabuleux périple il y a plus de 10 ans. Nous sommes partis mon compagnon et moi durant une année sur les routes asiatiques sans savoir ce que le voyage allait faire de nous. Aujourd’hui, nous savons ! Des Bourgeons sur le Bitume n’aurait certainement pas éclot sans cette intense et déroutante parenthèse. Il était évident pour moi de partager cela avec vous tant cela fait parti de notre ADN.
Je ne fais qu’un copier/coller du blog que j’avais ouvert à cette occasion, sans rien changer même si des fois, je vous l’avoue, je préférerais partager ce périple avec les 10 années de recul que j’ai aujourd’hui mais ce ne serait pas la réalité. Pour le petit scoop, même si nous ne savons pas de quoi la vie est faite, nous prévoyons de remettre le couvert ! Nous sommes partis il y a 10 ans, le jour des 30 ans de Jérôme, nous partirons donc le jour de mes 40 ans ! 

Road Book Tour d’Asie 2008-2009 / part 10 / Le Népal, région de Pokara.

2/11/2008 – En route pour Pokhara !!

La soirée d’hier nous a coupé cette folle envie de quitter Katmandou mais nous partons… nostalgiques, mélancoliques, tristes! Monoj nous a accompagnés à l’arrêt de bus, histoire de remuer le couteau dans la plaie !!! Il nous demande de revenir après nôtre séjour à Pokhara, il veut nous présenter à ses parents, à mes parents Népalais. On ne s’engage pas, on sait comment ça se passe en voyage… Nous ne voulons pas le décevoir avec une promesse non tenue !!! Je le prends dans mes bras, une envie de chialer me prend mais en temps que grande sœur je me contiens et me contente de lui glisser à l’oreille « A bientôt mon frère ».

Après une heure de trajet, nous quittons les embouteillages, les coups de klaxons, les gaz d’échappements, la fourmilière, Katmandou.

En file indienne, peu disciplinés, les bus entament leur parcours sur les routes de la mort !!! Routes de montagne, routes de rizières, routes de ravins, route de carcasses de bus dépouillées !! Espérons que nos étoiles aient entendu nos prières… Gloups !!! Une nouvelle fois le paysage défile devant nos yeux, après la Taïga et les steppes, ce sont des paysages subtropicaux qui s’offrent à nous. Acacias, aralias, agératums, banians, bananiers, bougainvilliers, ficus, poinsettias géants, papayers, pipals bordent la route, c’est beau !!! Dans mes oreilles, Scott Matew et sa douloureuse mélopée. Je crois que je fais du boudin !!! Je crois que je suis triste !!! Je repense à hier soir, au dal bath gentiment offert, à l’entêtement de Monoj à l’apprentissage de la langue française, aux éclats de rires causés par les difficultés de la prononciation, à son courage du haut de ses 19 ans, à son envie de réussir malgré la fatalité qui régie sa vie. A son optimisme, à sa joie de vivre…

Il m’appelle grande sœur mais je suis bien petite à côté de lui… Histoire de chance ou de malchance, être née française ou népalais…

L’ambition, le courage, la ténacité ici ne changent rien, juste peut-être à adoucir les bords… On meurt comme on est nait, riche ou pauvre !!!

Embouteillage sur la route, sûrement un accident, peut être un bus renversé avec ou sans morts, les ambulances passent, une… deux… trois… quatre… Peu importe ici, la vie à peu de prix, comme on a pu le constater un peu plus haut à la vue d’un cadavre humain gisant au bord de la route, tel un chien, indifférence des usagers de la route…Ça ne choque que les occidentaux !! L’important, dégager la route et que le trafic reprenne !!! Deux heures plus tard, les coups de klaxons annoncent la reprise, à la plus grande joie des chauffeurs.

Nous longeons la Séti, la traversant dans un sens puis dans un autre, offrant aux riverains l’assurance de belles récoltes, l’assurance d’avoir toujours quelque chose à se mettre sous la dent.

Offrant aux voyageurs, un décor verdoyant et lumineux.

Offrant aux gamins un aqualand naturel.

Offrant aux maîtresses de maison une brandt garantie à vie (enfin… au moins à moyen terme !!).

Le premier que nous repérons, le Machhapuchhare, ses 6997 m et sa pyramide presque parfaite. L’horizon se dégage, vient le Dhaulagiri (8167 m), l’Annapurna I et ses 8091 m, le Manaslu (8162 m), l’Himachuli (7892 m) et tant d’autres plus modestes…

La vue est sublime, grandiose, majestueuse… Merveille de la nature, fruit de la rencontre des plaques tectoniques indo-australienne et eurasienne. Une rencontre, une fusion, un enfant : l’Himalaya.

Sur la route de Pokhara.

05/11/2008 – Pokhara – Népal.

Un petit air de paradis flotte autour de nous depuis nôtre arrivée. Tout est calme, paisible, serein. Bizarrement, nous sommes comme envoûtés par le lieu, ensorcelés, possédés. Nous laissons ce petit vent, cette mystérieuse substance glisser sur nôtre peau, elle nous enrobe et finit par nous envahir.

Comment décrire ce lieu ? Cette alchimie qui se dégage de ce paysage de carte postale ?

Le lac Phewal Tal et ses doonga (canots à rames), les rizières et ses femmes increvables, les épaisses forêts et…  l’Himalaya !

Nous avons trouvé un petit lodge au nord de Lakeside, le coin touristique. L’endroit est plus calme, pas de grosses infrastructures, pas d’agences de trek, pas de voitures. Nous et le lac. Le lodge est caché sur un des versants. Pour le trouver, il faut emprunter un petit muret de terre et le suivre sur une cinquantaine de mètres au milieu des rizières. On rentre par le petit jardin aménagé en terrasses, un jardin d’eden, soigneusement entretenu par Kali et Ama.

Le Banana garden lodge ne ressemble en rien à un hôtel, on s’y sent comme invités, comme à la maison. Il y a juste cinq chambres, sommaires, sans fanfreluche. Kali doit avoir mon âge, elle est radieuse, trop ! Fascinante ! De longues dents de cheval, une voie rayée et compressée par son large sourire, une démarche nonchalante… tel Obelix, elle serait tombée par mégarde dans une marmite de Marie-Jeanne ! Mais quel régal, répondre à ses sourires, se plonger dans ses yeux qui respirent la gaieté, la légèreté et l’innocence. Un diamant à l’état brut !!! Sa mère adoptive est une femme du monde, affrontant la vie à bras le corps. Son charisme m’impressionne !!! Fière, charismatique, dans son sari rouge, elle impose le respect. Elle se fait respecter !!! A chaque mot, a chaque geste, Kali s’exécute, tantôt au nettoyage des chambres, tantôt aux champs munie de sa serpette, esclave de son adoption. Mais c’est ainsi, chacun sa place, chacun son rang !

La Banana guest house à Pokhara, lake side. Népal.

Notre superbe guesthouse à Pokhara, Népal.

 

Notre guesthouse dans les rizières de Pokhara. Népal.

Le lac de Pokhara au Népal.

Pokhara, lake side. Népal.

06/11/2008 – Pokhara – Népal.

Tout a été très vite, la décision est prise !!! On ne peut pas quitter le Népal  ainsi !!! Une force aimantée nous retient !! Le Népal, une porte de frigo, nous, deux magnets !!! On peut glisser, découvrir la porte, découvrir le Népal, de haut en bas, du nord au sud, de gauche à droite, d’ouest en est mais nous ne pouvons pas partir !! Nous courons, enfin, nous glissons aux services de l’immigration. Nous donnons les 120 $ demandés… gloups… et hop, une deuxième vignette, un coup de tampon, un gribouilli de l’officier, nous pouvons rester un mois de plus !!! L’objectif, faire le tour complet des Annapurnas !!! Frôler le Mustang !! Passer le Thorung La à juste 5416 m d’altitude !! Marcher dans les pas d’Herzog et de tant d’autres… 3 semaines, peut être un mois, peut être plus !!! Nous fixons le départ au 13 novembre, le lendemain de l’anniversaire de ma moun’ !!! Le temps de nous équiper un peu plus contre le froid, d’étudier l’itinéraire, de demander un permis de trek, de nous enregistrer auprès de l’ambassade et surtout de nous préparer physiquement et mentalement !! Pour se faire, nous dormons !!!

Coucher de soleil à Pokhara. Népal.

Une soirée à Pokhara lake side.

07/11/2008 – Pokhara – Népal.

Nous prenons nos habitudes, toujours bercés par les flots du lac. Café au réveil sous la pergola, déjeuner à la Cantina, longues discussions avec Krishna le boss, déséquilibrés par nos faibles notions d’anglais. Ballades. Tantôt au bord du lac. Tantôt dans les quartiers commerçants bercés par les Om padme pade um qui s’échappent des échoppes. Puis retour à la maison, le temps d’observer et de se régaler devant la déclinaison du jour qui jette ses nuances sur le lac Phewa. Mais aujourd’hui, nous nous prenons en mains, il y en a marre de rien foutre , de faire les larves, d’être des magnets !!! Il faut qu’on s’entraîne à l’ascension qui nous attend !!!

Terrasse de la banana guesthouse à Pokhara.

Il faut qu’on grimpe !!! Nous cherchons sur la carte, où pouvons nous aller ? Sarangkot ? Ohhhh… c’est haut quand même pour un premier entrainement !!! La Pagode de la Paix ? Trop bas !!!! Nous nous orientons vers un petit point noir sur la carte, Methlang. Allez on va à Methlang !!! Clopes au bec, nous nous engageons sur le petit chemin. Je n’arrive pas à trouver mon souffle, la dernière clope… on aurait pu s’abstenir !!!! Et une, deux…inspiration. Une, deux…inspiration !!! Putain j’en chie sa mère la tepu !!!  Ma tête dégouline, mon cœur palpite, ma gorge s’assèche, mes jambes…ça va à peu près !!! J’essaie de ne pas penser à autre chose qu’au prochain pas, me concentrer sur l’endroit où je vais poser mon pied. Surtout ne pas regarder en haut, ne pas penser !!! Nous croisons plusieurs femmes. Une sangle sur le front, et un imposant fardeau sur leur dos !!!  Cadeau des dieux, une belle récolte de riz !! Comment font-elles ??? Je n’ai rien sur le dos, pas  un sac, rien, et chaque pas est plus dur que le dernier !!! Et elles, elles avancent, tranquillement, prenant le temps de s’arrêter, de nous demander où nous allons, de nous indiquer la route… comme si elles n’avaient rien de lourd sur le dos, regardant les perles de sueurs qui dégoulinent sur nos visages !!! Nous croisons même un papy, il doit bien avoir 90 ans, enfin c’est l’allure qu’il dégage, en réalité il doit peut être en avoir 70, mais on vieillit vite ici !!! Tout courbé, il descend le chemin pentu et exigu, aidé de son bâton qu’il cherche à nous vendre pour une poignée de roupies. Après deux heures de grimpette, nous arrivons à un hameau, nous demandons nôtre route. Ahhhh c’est ici ??? Methlang ??

Methlang !!! Ben c’était pas si dur que ça !!! On nous demande où nous voulons aller. Ben ici c’est bien !!! Visiblement ça surprend tout le monde.  Trois gamines arrivent en courant vers nous, elles nous demandent où on veut aller dans un anglais parfait. Here it’s good !!! Ni une, ni deux, la petite dernière me prend par la main avec un petit sourire tout plein de malice. Nous suivons nos petits guides à travers le village, à travers les rizières. Claquettes aux pieds, elles trottent, des petits zébulons. C’est l’ainée, Sapana, qui prend les chose en mains et ouvre la caravane, suivie de Samjhana la pitchoun, moi, Jérome et Sabina, la seconde, ferme la marche. Je ne sais pas où elles nous amènent, ce qu’est le Rock Hill mais ça grimpe sec !!! J’aime pas trop ça moi, les pierriers, les grosses touffes herbeuses… Il y a toujours de vilains trucs gluants et rampants qui trainent et qu’on n’a surtout pas envie de déranger !! Apparemment, ça ne gène que moi, elles filent droit devant, quittent le sentier, escaladent les blocs qui font obstacle !!! Une dernière petite ascension et… Juste magnifique !!! Nous surplombons toute la vallée de Pokhara !!

Devant nous, l’Himalaya, à droite Pokhara, à gauche le lac et derrière, à deux mètres, la falaise, le vide !!! D’immenses rochers sont hérissés, tels des dolmens, tels les gardiens de la vallée !! Nous restons tous les cinq peut être une heure, peut être deux… On discute, on chante des chansons, on s’échange quelques mots de français, de népalais !! Et d’un coup Samjhana nous dit : Ok, let’s go !!! Benh… Ok, let’s go !!! Elles nous font découvrir tout leur petit paradis, leurs scènes de jeux, leur environnement, ne manquant pas de nous faire goûter tout ce qui se trouve sur nôtre passage, quitte à prendre d’énormes risques en escaladant tel ou tel arbre poussant au bord de la falaise, dans le vide. Elles sont complètement givrées ces petites !!! Mais juste adorables !! Elles nous demandent déjà quand on compte revenir !! Benhhhhh… benhhhhh… benhh… c’est une bonne question !!! Nous laissons la question en suspend, mais on reviendra, c’est sûr !!! Elles nous offrent un paquet de rara, les nouilles déshydratées, que nous mangeons sèches, sans eau !!! Nous leurs offrons un coca. Elles sont chous, elles boivent ce sucre liquide comme si c’était le meilleur de tous les nectars qui existent sur terre. Une fois abreuvés et régalés, il est temps pour nous de rejoindre Pokhara, il est déjà bien tard !!! J’ai du mal à les quitter, je serais bien rester plus longtemps mais… nous devons rejoindre nôtre quartier touristique et elles doivent vaquer à leurs occupations, lessive, traite des buffles, devoirs… c’est ainsi !!!

Une belle journée au Népal.

Une fin d'après-midi à Pokhara.

Une jolie rencontre avec les enfants de Pokhara.

 

Superbe vue sur l'Himalaya.

Magnifique Himalaya !

 

Sur le chemin du retour c’est une belle jeune fille qui nous accoste et nous invite au thé. Elle nous conduit chez elle, une ribambelle de gamins nous bombardent de questions toujours dans un anglais impeccable !!! Tous frères et sœurs ! Un des gosses me demande de le prendre en photo et c’est parti pour le shooting !! Tout le monde y passe, la chèvre, le poulet… quand je demande aux deux sœurs, elles refusent ! Je n’insiste pas pensant que c’est une histoire de respect, pour chercher à se préserver. Elles rentrent dans la maison en piaillant et reviennent le sourire en haut des oreilles. Dans leur mains, du maquillage !!! Je comprends vite que c’est pour moi !!! Elle doivent sûrement trouver que j’ai une triste mine. Oh que oui j’ai une triste mine, je viens de grimper pendant quatre heures, un peu d’indulgence !!!! Allez, c’est parti pour le ravalement de façade !!! Khôl, Eye liner, mascara, tikka, euhhhh…. t’es sûre de ton coup avec le fard à paupières rose fluo….???? Bon, benh si tu veux vraiment… je m’incline !!! Ahhhh… il faut que je me regarde dans la glace… t’es sûre ??? Ahhh c’est bien ce que je pensais, un vrai sapin de noël, je clignote !!! Apparemment c’est à l’heure goût !!! Elles repartent dans la maison excitées comme des puces !!! Au bout d’une dizaine de minutes elles reviennent métamorphosées, pomponnées, maquillées jusqu’au bout des ongles !!! Elles me peignent, m’enfilent des bracelets en manquant de me broyer la main !!! Ça y est, elles se trouvent assez jolies, on peut faire une nouvelle séance shooting !!! J’avais juste rien compris, moi qui pensait qu’elles ne voulaient pas de photos… non, rien, elles se trouvaient juste pas à leur avantage !! Je trouve ça tellement dommage, elles étaient si jolies au naturel !!! Nous posons donc toutes les trois devant l’objectif, dur dur de les faire sourire !!!

Après deux ou trois séances photos, quatre ou cinq parties de badminton et la promesse de laisser les photos à nôtre guest house pour qu’elles puissent venir les chercher Samedi prochain, nous quittons nôtre ribambelle de frangins frangines en se promettant de revenir après le tour des Annapurnas et de passer plus de temps avec eux !!! De retour à Lake side, je me rappelle soudain du rose fluo sur mes paupières… avec mes nouveaux coups de soleil, je ne ressemble vraiment à rien !!! Je m’efforce d’ouvrir grand les yeux pour cacher mes paupières, où je simule un éblouissement en portant ma main au front, je longe les murs, baisse la tête !!! Un grand moment de solitude m’envahit !!!!

Séance photo dans l'Himalaya.

Magnifique vue sur le lac de Pokhara.

Vue sur le lac de Pokhara au Népal.

10/11/2008 – Pokhara – Népal.

Krishna est ce qu’on appelle une perle ! Il a 35 ans et s’occupe de ses deux enfants, qu’il élève seul avec ses deux parents. Sa femme est partie il y a quatre ans sur sa propre décision, pour travailler en Israël, laissant derrière elle une petite de 7 ans et un petit de 1 an. Il le vit comme un abandon !!! J’imagine plutôt une forme de dévouement… qu’on ne peut en aucun cas juger, c’est leur vie, leur histoire. Cela fait dix jours que nous avons établi nôtre QG chez lui, ne se lassant pas de sa carte au milles délices et vraiment pas cher contrairement aux autres restos de Lake Side !!! Nous nous retrouvons ici avec nos compatriotes. Il y a Steeve, suisse et joueur de didjeredou. Il y a Sophie, sa copine, une grande lanceuse de sourires. Il y a Sandro, suisse également, apprentis parapentiste et grand montagnard. Claire sa femme, apprentis masseuse et lanceuse d’éclat de rire !!! Il y a nous bien sûr !!! Et, Krishna !!!! Toujours aux petits soins pour nous !!! Un soir nous disons, elle est chouette cette musique, le lendemain il revient avec des cd gravés pour tout le monde. Un autre soir, Jérôme tousse comme un âne, il lui prépare un grog à la népalaise. Une envie de parmesan, il sillone toute la ville avec l’espoir de trouver ce fromage qu’il ne connait absolument pas !!! Une question dont il ne connait pas la réponse, il appelle tous ses amis pour ne pas nous laisser sans réponse !!! Et tant d’autres attentions, je ne pourrais pas toutes les énumérer !! Aujourd’hui, il a pris un jour de congé, loué deux barques et dégotté deux cannes à pêche pour le plus grand plaisir de Jérôme. Toute la petite bande sur le lac !!! Une belle journée entre amis !!! Mais sans poisson malgré nos incessants lancés de cuillères !!! Nous terminons la soirée à « La Cantina » avec quelques bouteilles de vin rouge d’afrique du sud et de Khukuriki, le rhum local !!! Mélange, mélange… On risque de payer cher demain au réveil la deuxième cuite de nôtre voyage !!! Mais on s’en fout, on est jeune et complètement bourré !!!

Superbe journée sur le lac de Pokhara au Népal.

Compagnons de route au Népal.

Ballade en bateau sur le lac de Pokhara au Népal.

Superbe vue sur le lac de Pokhara au Népal.

Bateaux sur le lac de Pokhara.

11/11/2008. Pokhara. Deux jours avant le grand départ !!!

Nous avons juste la tête dans le cul !!! Et il faut préparer le grand départ, le grand saut dans nôtre nouvelle vie… de sportifs !!! Nous courons partout à la recherche de bonnets, gants, rara, gâteaux secs, savon biodégradable, lingettes, aspirine pour le dopage… Nous négocions tout malgré nos difficultés à mettre nôtre cerveau en position active !!! Qu’avons-nous oublié ??? Qu’est-ce qui est passé à la trappe ??? Quel sera l’objet qui manquera pendant nôtre ascension ??? On refait les listes, une fois, deux fois… ahhhh un tube de crème solaire, voilà ce que nous avions bêtement oublié !!!

En fin d’après midi nous partons dire au revoir à Zic. Zic a 45 ans, sa femme est également partie. Il a vendu sa maison et s’en construit une nouvelle au creux d’une falaise, au pied de la fôret. En attendant, il vit sous une bâche, à côte des quelques mûrs déjà bâtis. Il a tiré des cables électriques, relier un tuyau à la source qui jaillit un peu plus haut !!! Du coup il se retrouve sous sa bâche avec frigo, gazinière, télé, un grand lit deux places et une belle armoire, le grand luxe !!! C’est assez marrant !!! Il vit là avec sa fille Cima. Je l’adore cette gosse, une petite puce de 5 ans !!

Une future star de cinéma bollywoodien, c’est sûr !!!! Surexcitée, elle te pompe toute ton énergie !!! Ne se lassant pas de faire l’avion en gueulant « décollage », ne se lassant pas de bisous, ne se lassant pas de faire le pitre pour mon plus grand bonheur !!! On danse, on chante pendant que Jérôme prend des cours de construction de maison en pierre et terre crue. Elle ne se lasse pas non plus des gros câlins, sûrement le manque de la maman !!! A chaque câlin, je vois ses poux, ses lentes qui pullulent sur sa tête, un vrai champs de bataille !!!! Dommage que je n’ai pas pensé à prendre un peigne fin, elle y serait passée !!! Du coup, après les tiques que j’ai chopées en Mongolie, les sangsues l’autre jour à Methlang, c’est des poux qui vont jouer les passagers clandestins sur ma tête !!! Rien que d’y penser ça me gratte déjà !!!

Ma star népalaise.

12/11/2008. Pokhara. Dernier jour avant la nouvelle vie !!!

Je me lève à 6h, au levé du jour !! Première pensée, Maman !!!!

« Bon Anniversaire !!!!! Ma moun que j’aime du ciel, de la vie et des étoiles autour !!! »

Deuxième pensée, ma tante !!!

« Bon annif tatie !!! »

Troisième pensée, ma filleule !!!

« Bon annif ma filleule préférée !!! »

( ok, je sais tu es la seule mais t’es ma préférée quand même !!!! )

Quatrième pensée :

« Demain, direction les Annapurnas ! »

Cinquième pensée :

« Vite au cyber, nous avons un site internet à mettre à jour ! »

De longues heures dans les cyber-cafés de Pokhara.

Une vache sacrée dans les rues de pokhara.

 

Lire les autres ROAD BOOK Tour d’Asie 2008-2009

À PROPOS : Nous avons eu la chance de réaliser ce fabuleux périple il y a plus de 10 ans. Nous sommes partis mon compagnon et moi durant une année sur les routes asiatiques sans savoir ce que le voyage allait faire de nous. Aujourd’hui, nous savons ! Des Bourgeons sur le Bitume n’aurait certainement pas éclot sans cette intense et déroutante parenthèse. Il était évident pour moi de partager cela avec vous tant cela fait parti de notre ADN.
Je ne fais qu’un copier/coller du blog que j’avais ouvert à cette occasion, sans rien changer même si des fois, je vous l’avoue, je préférerais partager ce périple avec les 10 années de recul que j’ai aujourd’hui mais ce ne serait pas la réalité. Pour le petit scoop, même si nous ne savons pas de quoi la vie est faite, nous prévoyons de remettre le couvert ! Nous sommes partis il y a 10 ans, le jour des 30 ans de Jérôme, nous partirons donc le jour de mes 40 ans ! 

Découverte : les hydrolats, concentrés de nature. Bien les choisir, bien les acheter.

Les eaux florales ou hydrolats, vous en avez forcément entendu parler et vous faites peut-être partie des adeptes de ces fabuleuses et simplissimes potions de nature. Une nouvelle démonstration de ce que la nature peut nous offrir alors nous ne le dirons jamais assez : protégeons la !

Personnellement, j’utilise les hydrolats tous les jours dans mes lotions toniques autant pour moi que pour ma petite puce de 20 mois. Je les utilise également dans quelques recettes de cosmétique et de cuisine que je partagerai bien évidemment avec vous dans de prochains articles.

Mais avant de partager ces quelques recettes, vous devez connaître les ingrédients indispensables dont les 3 principaux : les hydrolats, les huiles essentielles et les huiles végétales et savoir lesquels utiliser en fonction de votre peau.

D’où ce premier article consacré uniquement aux Hydrolats ! Suivront un article sur les huiles végétales et un autre sur les huiles essentielles.

Cliquez pour découvrir les hydrolats corses.
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Alors les hydrolats, qu’est-ce que c’est ?

Les hydrolats, eaux aromatiques, eaux florales, on parle de la même chose ! Pour faire très simple, on le fabrique à partir de vapeur, qui en passant à travers les plantes va capturer les molécules aromatiques. Reste plus qu’à récupérer cette vapeur, c’est ce qu’on appelle une distillation.

En refroidissant, la vapeur devient liquide et se sépare en deux. En haut, de l’huile essentielle et en bas l’hydrolat. Les deux possèdent quasiment les mêmes vertus sauf que dans l’huile essentielle c’est archi concentré donc attention à l’utilisation des huiles mais allons y gaiement pour l’utilisation des eaux qui sont beaucoup plus douces et ne comportent pas de contres indications.

Femmes enceintes, allaitantes et tous petits pourront également en profiter contrairement aux huiles essentielles qui sont à proscrire sauf sous avis médical.

Bien choisir ses hydrolats.

Comment l’hydrolat se conserve t’il ?

Bon c’est ça le hic ! Comme de l’eau, il peut être contaminé par des bactéries donc on le conserve au frigidaire et pas plus de 6 mois une fois votre flacon ouvert.

 

À quoi ça sert l’hydrolat ?

L’hydrolat peut s’utiliser pour plusieurs choses et de différentes façons, parmi tant d’autres :

  • En lotion tonique ou eau de rinçage directement sur le visage, c’est pour moi le mieux, simplicité !
  • Dans la fabrication de cosmétiques (crème, démaquillant, masque, dentifrice … )
  • Pour faire un masque à l’argile
  • Pour apaiser plein de petits maux en usage interne ou externe.
  • En cuisine pour leurs parfums mais pas plus d’une cuillère à soupe par jour (rose, fleurs d’oranger, menthe…)

 

Le petit plus : Les hydrolats sont solubles entres eux, on peut les mélanger pour combiner les différents bienfaits!

Maintenant que vous en savez un peu plus sur l’hydrolat, voyons ensemble votre type de peau.

 

Les différents types de peaux :

Les peaux normales : On pourrait penser que la plupart des gens ont ce type de peau mais c’est tout le contraire, c’est très rare d’avoir une peau normale. C’est l’équilibre parfait entre une peau sèche et une peau grasse, la quantité de sébum est parfaite. Pas d’imperfection, pas de bouton ni de point noir, pas de réaction, le grain est lisse et elle est douce. Vous pouvez tout vous permettre dans le choix de vos produits, c’est du pur plaisir puisqu’elle n’a besoin que d’être nettoyée et hydratée.

Les peaux grasses : votre peau brille, vous avez régulièrement des petits boutons et/ou des points noirs. Vous avez la peau grasse ! La cause : vos pores sont dilatés, vous produisez trop de sébum. Bonne nouvelle, les rides mettront un peu plus de temps à s’installer mais elles seront plus marquées. On ne peut pas tout avoir 😉

Les peaux sèches : Rêche au toucher, la peau tiraille, elle pèle facilement et elle est très sensible aux changements climatiques. La peau sèche manque de sébum, ce qui facilite l’évaporation de l’eau. Il faut donc la nourrir avant de l’hydrater. Attention à ne pas confondre avec une peau déshydratée. Et mauvaise nouvelle, ça ne s’arrange pas avec l’âge, si vous ne faites rien, de petites rides fines vont venir s’installer très rapidement.

Les peaux mixtes : ça c’est moi ! Pas de jaloux on a à la fois la peau sèche et grasse. Ça c’est pour celles qui préfèrent les chemins compliqués, la majorité des cas. Le plus souvent la zone grasse part du front, passe par le nez et s’arrête au menton. On appelle cela : la zone T.

Mais on ne s’arrête pas là, il existe d’autres particularités qui peuvent être passagères et toucher tous les types de peaux.

Les peaux sensibles : les peaux sensibles réagissent excessivement aux agressions extérieures. Rougeurs, picotements, sensations de brûlure et démangeaisons sont de la partie. Votre peau est un peu trop fine.

Les peaux acnéiques : Surproduction de sébum, du coup les pores se bouchent et les boutons apparaissent. Il est essentiel de bien la nettoyer, de la purifier et de l’hydrater. L’usage des masques d’argiles peut vous aider. Il faut faire particulièrement attention à utiliser des huiles non comédogènes qui bouchent les pores mais nous verrons cela plus tard. Mais n’hésitez pas à faire une petite recherche sur le moteur de recherche LILO biensûr.

Les peaux matures : benh là la cause c’est le temps qui passe ! Rides, ridules et petites tâches apparaissent. La peau perd de sa tonicité et de sa fermeté.

Les peaux déshydratées : la peau est tendue et rugueuse, elle tiraille par manque d’eau. Pour la reconnaître, il y a un effet papier froissé lorsque l’on pince légèrement la peau.

Les peaux couperosées : les joues rouges avec des petites veines apparentes, c’est la couperose dûe a un petit problème de microcirculation.

Quel hydrolat pour ma peau.

Maintenant que vous savez tout sur votre peau, voyons quels hydrolats privilégier.

 

  • Peaux mixtes et normales : Achillée millefeuille, Bambou, Cassis, Fleurs d’oranger, Hamamélis, Laurier noble, Lavande sauvage, Néroli, Pamplemousse, Romarin à verbénone, Thym à linalol, Verveine odorante, Ylang-ylang.
  • Peaux sèches : Bambou, Bleuet, Coquelicot, Fleurs d’oranger, Immortelle, Lavande vraie, Mélisse, Néroli, Patchouli, Rose de Damas, santal, Tilleul, Vétiver, Ylang-ylang.
  • Peaux grasses : Achillée millefeuille, Bambou, Citron, Cyprès toujours vert, Eucalyptus globulus, Genévrier, Géranium bourbon, Hamamélis, Laurier noble, Lavande sauvage, Litsée citronnée, Menthe verte, Pamplemousse, patchouli, Romarin à verbénone, Sarriette, Sauge, Saule Blanc, Thym.
  • Peaux acnéiques : Achillée millefeuille, Ciste ladanifère, Citron, Cyprès toujours vert, Eucalyptus globulus, Genévrier, Lavande vraie, Ledum, Menthe verte, Menthe poivrée, Patchouli sauvage, Pin Douglas, Plantain, Romarin à verbénone, Sarriette, Saule Blanc, Tea-tree, Thym à linalol.
  • Peaux sensible, irritées, abimées : Achillée millefeuille, Bambou, Camomille allemande, Camomille romaine, Carotte sauvage, Ciste ladanifère, Coquelicot, Fleurs d’oranger, Géranium bourbon, Immortelle, Lavande vraie, Mélisse, Menthe verte, Menthe poivrée, Nard, Néroli, Plantain, Rose de Damas, Santal, Tea-tree, Tilleul,Thym à linalol, Verveine odorante.
  • Peaux matures : Basilic à linalol, Cannelle écorce, Ciste ladanifère, Encens, Eucalypltus globulus, Mélisse, Fleurs d’oranger, Patchouli sauvage, Romarin à verbénone, Rose de Damas, Sauge officinale, Saule Blanc, Vétiver, Ylang-ylang.
  • Peaux couperosées : Carotte sauvage, Ciste ladanifère, Hamamélis, Immortelle, Lavande vraie, Rose de Damas, Santal, Thé Vert.
  • Peaux ternes, fatiguées, dévitalisées : Absinthe, Bambou, Basilic à Linalol, Bleuet, Cannelle écorce, Carotte, Citron, Ciste ladanifère, Citron, Encens, Fleurs d’oranger, Géranium Bourbon, Immortelle, Mélisse, Menthe poivrée, Nard, Patchouli, Pin sylvestre, Sauge officinale, Saule Blanc, Tilleul, Thé Vert, Vétiver, Ylang-ylang
  • Contour des yeux (cernes, poches, ridules) : Bleuet, Camomille allemande, camomille romaine, Ciste ladanifère, Encens, Immortelle, Thé Vert.
  • Pores dilatés : Bleuet, Ciste ladanifère, Hamamélis, Laurier noble, Litsée citronnée.
  • Relâchement cutané : Bambou, Bleuet, Ciste ladanifère, Encens, Mélisse.
  • Tâches cutanées : Carotte sauvage, Citron, Nard.
  • Soin de bébé : Bleuet, Camomille allemande, Camomille romaine, Néroli, Fleurs d’Oranger.
  • Soin des femmes enceintes : Achillée millefeuille, Basilic à linalol, Camomille allemande, ciste ladanifère, citron, cyprès, Genévrier, Hamamélis, Immortelle, Mélisse, Menthe poivrée, Nard, Romarin, Verveine odorante.

 

Ceci sont les hydrolats de plantes les plus utilisés mais et j’insiste sur ce point, on trouve bien d’autres plantes dans nos campagnes et donc bien d’autres hydrolats tous aussi efficaces. Vous pourrez vous en rendre compte en visitant l’annuaire des producteurs distillateurs que j’ai réalisé pour vous. Ici.

 

Où acheter ses hydrolats :

Vous n’aurez aucun mal à trouver des hydrolats. On trouve les principaux en grande surface et en magasin bio mais je vous conseille de les acheter directement auprès de nos nombreux producteurs français. Ce serait dommage d’acheter de l’Eau florale chinoise, brésilienne ou indienne alors que la France fait également partie des plus gros producteurs avec ses centaines de distilleries artisanales. Vous serez certain d’utiliser des produits d’une qualité irréprochable tout en encourageant l’économie locale et en baissant votre empreinte carbone à son maximum. Pour vous y aider, j’ai réalisé un annuaire des producteurs distillateurs français par région. L’annuaire des producteurs distillateurs français. J’en ai oublié beaucoup, n’hésitez pas à me donner vos adresses en commentaire ou par le formulaire de contact.

 

Alors maintenant c’est à vous ! Utilisez-vous les hydrolats ? Quels sont vos chouchous ? Si ce n’est pas encore le cas, souhaitez-vous essayer ces véritables potions de nature ?

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Les hydrolats, bien les choisir, bien les acheter.

Annuaire des Producteurs d’Huiles essentielles et d’Hydrolats.

AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

  • DE SAINT HILAIRE ( 43 – HAUTE LOIRE – Saint Hilaire ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, huiles végétales, macérats, huiles de massage, cosmétiques, savons, eaux de toilette, gemmotherapie, livres et diffuseurs.
  • FLORVITAL ( 43 – HAUTE LOIRE – Lavaudieu )  Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales et huile végétale de chanvre.
  • Le Jardin des Nielles ( 43 – HAUTE-LOIRE – St Victor sur Arlanc ) Huiles essentielles, hydrolats, baumes et lotions.
  • Les huiles essentielle de Cherchebrot ( 43 – HAUTE-LOIRE – Tirange ) Huiles essentielles, hydrolats et eaux florales.
  • DISTILLERIE LES ESSENTIELLES ( 07 – ARDECHE – Desaignes ) Huiles essentielles, hydrolats et eaux florales.
  • LAVANDES ET COMPAGNIE ( 26 – DROME – Aouste sur Sye ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, élixirs, sérums et cosmétiques.
  • FERME DE SAUSSAC ( 26 – DROME – Montauban sur l’Ouvèze ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, beurres de soins, macérations huileuses, gemmothérapie, alcoolatures, plantes en gélule, élixirs et douceurs.
  • LUMIERE DU SOLEIL ( 26 – DROME – Ponet et St Auban ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, macérations solaires, aromates et tisanes.
  • PLANTAMARINE ( 38 – ISERE – Monestier du Percy ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales.
  • SOLAURE ( 26 – DROME – Barnave ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, cosmétiques, huiles végétales, macérations solaires, huiles de massage, eaux de toilette et produits de la ruche.

BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ

  • PLAISIRS SIMPLES ( 71 – SAONE ET LOIRE – Saint Julien de Jonzy ) huiles végétales et macérats.
  • ARMACOMTOIS (25 – DOUBS – Amancey ) huile essentielle de sapin blanc, savons au sapin blanc, douceurs et parfums.

BRETAGNE

  • Avelenn ( 56 – MORBIHAN – St Jacut les Pins ) Huiles essentielles, hydrolats et eaux florales.
  • Ferme de Kermorvan (29 – FINISTERE – Plonéour Lanvern ) Huiles essentielles, hydrolats et eaux florales.
  • Natura’celt ( 29 – FINISTERE – Guiclan ) Huiles essentielles, hydrolats et eaux florales.

CENTRE VAL DE LOIRE

En cours de recherche.

CORSE

  • Essences Naturelles Corses ( San Nicolao ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, cosmétiques, parfums
  • Huiles essentielles bio de Corse ( Occhiatana ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, macérations et huile d’olive.
  • DOMAINE AMUREDDA (Prunelli di Fiumorbo) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, savons et cosmétiques.
  • DISTILLERIE LISTINCU ( Saparella ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, huiles végétales, macérations, cosmétiques, parfums et gemmothérapie.
  • CORSICA PAM ( Ocana ) Huiles essentielles, eau florale immortelle, gel douche, huiles de massage, eaux de toilette, sel et poivre aux huiles essentielles.
  • ASTRATELLA ( Lumio ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales et huiles de massage.
  • INTIMU ( Brando Cap Corse ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, cosmétiques, cure détox, huiles massage et soins cheveux.
  • U MANDRIOLU ( CARCOPINO ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, oranges, clémentines, citrons et mandarines.
  • HELIOS DI CORSICA ( Ghisonaccia ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, savons, bougies, sérums, élixirs et parfums d’ambiance.
  • YERBADUENDE (Sud de la Corse ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales et baumes.

GRAND EST

  • LA FERME DU BIEN-ÊTRE (88 – VOSGES – Gerardmer ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, cosmétiques, tisanes, aromates, sirop et parfums d’ambiance.

HAUTS DE FRANCE

En cours de recherche.

ILE DE FRANCE

En cours de recherche.

NORMANDIE

  • NORMANDIE AROMES ( 27 – EURE – Saint André de l’Eure ) Coopérative ne distribuant pas aux particuliers, dommage.

NOUVELLE AQUITAINE

  • YOYAN MUSSEAU (33 – Bazas) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, huiles de massage, tisanes, aromates, sirops, jus de fruits et confitures.
  • L’HEssentielle (33 – GIRONDE – Audenge ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, huiles de massage, diffuseurs.
  • PLANTABENEZE (17 – CHARENTE MARITIME –  Aumagne) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, plantes sèches et tisanes.
  • LES SENS DU VERDIER FLEURI (24 – Saint Astier) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales et savons.
  • MELILOTUS (19 – CORREZE- Chanteix) Hydrolats, eaux florales, tartine, alcoolatures, macérations de bourgeons, gammathérapie, macérations huileuses, baumes et tisanes.
  • OLEONAGRE (47 – LOT ET GARONNE – Savignac sur Leyze ) Producteur d’huile d’Onagre et de Bourrache.

OCCITANIE

  • BOEMIA (11 – AUDE – Montlaur) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, gelées, huiles d’olive aux huiles essentielles.
  • L’ESPINESSENCE ( 11 – AUDE – Caunettes en Val) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, sirops, tisanes, baumes, gelées, sels, crèmes et huiles de soins.
  • DU CAUSSE NOIR (30 – GARD – Lanuejols ) Huiles essentielles de thym et lavande, hydrolat de thym, eau florale de lavande, savon au lait de brebis et lavande, baume pour les mains à la lavande.
  • ESPELIDA (30 – GARD – Pommiers ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, baumes et macérants solaires.
  • SICA BIOTOPE DES MONTAGNES (30 – GARD – Soudorgues) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, cosmétiques, tisanes, aromates.
  • GIE PLANTE INFUSE (48- LOZERE – Sainte Croix) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, tisanes, aromates, sel aux plantes, huiles végétales, baumes, parfums d’ambiance, savons, produits finis…
  • ALAMBIC DU LARZAC (12 – AVEYRON – Nant ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, huiles végétales, macérats huileux et diffuseurs.
  • ESSENCIAGUA (48 – LOZERE – La Tieule ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, huiles végétales et macérats, accessoires et livres.
  • FERME DE LACONTAL (82 – TARN ET GARONNE – Touffailles ) Huiles essentielles de lavande, eau florale de lavande, savons et bougies à la lavande, gourmandises et fleurs de lavande. Oreillers et couettes en laine de brebis.
  • FLORALUNA (66 – PYRÉNÉES ORIENTALES – Los Masos ) Huiles essentielles, huiles végétales et aromatiques, hydrolats, grogs et macérats huileux.

PAYS DE LA LOIRE

En cours de recherche.

PROVENCE ALPES CÔTE D’AZUR

  • LA RIVIERE DES AROMES (05 – HAUTES ALPES – Rosans) huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, macérations solaires, huiles de massage et sirops floraux.
  • LES SENTEURS DU CLAUT (06 – ALPES MARITIMES – La Tour sur Tinée ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, macérations solaires, baumes, savons, miel, huiles végétales et accessoires.
  • LE GATTILIER ( 06 – ALPES MARITIMES – Valderoure ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, alcoolatures, gemmothérapie, macérations solaires, huiles végétales, eaux de toilette, cosmétiques, tisanes et livres.
  • LES AGNELS ( 84 – VAUCLUSE – Les Agnels ) huiles essentielles, huiles végétales, hydrolats, eaux florales, macérats huileux, cosmétiques et produits de provence.
  • SILVAROMA (04 – ALPES DE HAUTE PROVENCE – ) huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, tisanes.
  • TERRA HOZHO (04 – ALPES DE HAUTE PROVENCE – Les Mées ) huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, macérats huileux, confitures, huile d’olive, nectar d’abricot et champignons secs.

OUTRE MERS

  • ASSOCIATION MAPOU (Guadeloupe) huiles essentielles de bois d’Inde.
  • NATURE AMAZONIE (GUYANE – Kourou ) huile essentielle de bois de rose, huiles végétales ( Buriti, Pracaxi, Fruits de la Passion, Noix du Brésil, Copaiba, Carapa Andiroba, Coco Babaçu, Coco de Guyane) cosmétiques et savons.
  • RIMED-NATURE (Martinique) huiles essentielles et huiles végétales.
  • DISTILLERIE DE NESSADIOU (Nouvelle-Calédonie) spécialisé dans le Niaouli. Huile essentielle, eau florale, savons, baumes, infusions et poudres, liqueurs, essence et vanille de Lifou.

LA RÉUNION – Les Producteurs d’huiles essentielles et d’hydrolats.

  • CAHEB (Coopérative des Huiles Essentielles de Bourbon) huiles essentielles de géranium rosat, de vétiver bourbon et de baie rose.
  • DISTILLERIE DU MAÏDO ( Le Guillaume ) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, huiles végétales, cosmétiques, savons, eaux de toilette, parfum d’ambiance.
  • DISTILLERIE VITRY (Laboratoire Run’Essence) Huiles essentielles, hydrolats, eaux florales, huiles végétales, cosmétiques, phytomiellats, synergies aromatiques, extraits, compléments alimentaires, produits de la ruche, sirops de plantes, thés, huiles de massage, parfums.

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Contribuez à la construction de cet annuaire en m’envoyant vos bonnes adresses de producteurs distillateurs d’huiles essentielles. Et plus c’est artisanal, plus on aime ! Vous pouvez m’envoyer vos recommandations en commentaire de cet article. Si vous avez utilisé les produits d’un des producteurs ou visité l’une des distillerie, n’hésitez pas à nous donner votre retour. A très bientôt. Céline.

 

L'annuaire des producteurs distillateurs d'huiles essentielles en France.
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Road Book Tour d’Asie 2008-2009 / part 9 / Le Népal, région de Katmandou.

23/10/2008 – Arrivée à Katmandou – Népal.

On reste hébété, sans voix, le souffle coupé !! On se scotche au hublot, les yeux grands ouverts, absorbés, émerveillés !!! Nous les survolons, nous les frôlons, les effleurons. De grosses meringues, l’Himalaya, là, sous nos pieds, sous nos yeux !!

Le ciel est parfaitement dégagé, peu de nuages, juste l’Himalaya !!!

Il nous apparait entre le Mt Makalu qui atteint les 8470 m et le Mt Cho Oyu, le petit dernier de tout de même 8153 m. Il est là, imposant et à la fois tout petit de nôtre Boeing, l’Everest !!! La plus grosse de toutes les meringues, 8850 m !!

Ce vol nous réserve une autre surprise de taille, l’avion perd en altitude et entame sa descente. Nous faisons escale à Lhassa !! Nous la toucherons des yeux, c’est déjà çà !!! La descente est sublime, nous survolons la Tsangpo (Brahmapoutre) composée de larges lacets s’entrecroisant. Ses eaux sont vertes. Aux abords, des paysages lunaires et désertiques, de petites dunes. La lumière est fantastique, je n’en ai jamais vu une de pareille. Nous ne voyons pas Lhassa, l’aéroport doit être en retrait, pourtant nous courons entre les deux côtés de l’avion, pas de Lhassa !!! Pas de Potala !!!

Nous sommes pris en charge dès la sortie de l’avion. On nous compte, on nous encadre, pas question de faire la moindre incartade. On nous tamponne le visa de sortie et oui, nous sommes à la frontière chinoise. L’avion part dans vingt minutes, juste le temps de fumer une cigarette au cancer et hop on repart pour un nouveau tour de manège enchanté !!

Un vol magnifique au dessus de l'Himalaya.

L'himalaya vue du ciel.

Le tibet vu du ciel.

Survol du Tibet.

Escale au Tibet.

Le Népal vu du ciel.

Katmandou vu du ciel.

Nouvelle surprise, l’aéroport international de Katmandou ! Nous descendons directement sur le tarmac, pas de tracteur pour vider les soutes, des charrettes !!  Nous sommes accueillis par des Namaste, « welcome » lancés par les employés. Ils sont radieux, je ne vois que leurs visages, si doux, si lisses. Des cheveux noirs et brillants, des yeux noirs ébène d’une profondeur presque troublante surmontés d’épais sourcils tout aussi foncés. Ils sont très beaux.

L’intérieur de l’aéroport est très ancien, pas de rénovation, très spartiate.

Un préau, un grand préau. Nous repérons de suite le guichet d’obtention du visa. Nous nous attendions à une longue attente, à de longues et fastidieuses formalités, il n’en ai rien ! Pas de file d’attente, un formulaire à remplir, une photo à agrafer, un bref regard sur la passeport, un coup de tampon, 40$ chacun et le tour est joué, nous avons nôtre autocollant.

A la sortie, nous retrouvons Hyoshi le japonais, rencontré à l’aéroport de Chengdu. Nous avons convenu de partager le taxi pour rejoindre Thamel, le quartier touristique. Il y a quelques rabatteurs, quelques chauffeurs, la négociation se fait assez facilement et tranquillement. Nous sommes de suite plongés dans l’ambiance. L’aéroport est collé à la ville. Ça grouille de partout, tout est complètement désordonné. La voiture fait sa place à coups de klaxon, manquant d’écraser plusieurs personnes ou de renverser un vélo !! C’est l’anarchie complète, ça double par la droite, par la gauche, ça gueule !! Il n’y a pas de code de la route ici…De la poussière partout, dans l’air, sur les voitures, sur les légumes des échoppes qui bordent la route et au milieu de tout ça, une explosion de couleurs, une explosion d’odeurs !!! Les népalaises sont magnifiques dans leurs saris multicolores, souriantes, gracieuses, de vraies graines de beauté. Nous regardons partout, nôtre regard est tout le temps sollicité, nos deux yeux ne suffisent plus !!!

Arrivée à Katmandou. Taxi aéroport.

Nous arrivons à Paknajol, un petit quartier un peu à l’écart de Thamel. Le chauffeur nous indique la route pour rejoindre la guest, on ne peut pas y aller on voiture. Nous nous enfonçons dans le petit sentier qui grimpe au milieu des maisons. Des bougainvilliers, des lauriers roses et des œillets d’Inde le bordent. Nous passons devant la Yellow peace guest house, la Katmandou peace guest house, la Nirvana peace guest house, tout est peace ici !!! Et enfin la Garden peace guest house. Nous trouvons Yves, le patron, il est français et marié à une Népalaise. Maryline nous l’avait conseillée, effectivement, il est très sympa. Comme convenu il nous a négocié une chambre dans la guest d’à côté, la Family peace guest house, lui étant complet.

La chambre est très simple, deux lits ! La salle de bain est commune… humm, c’est la salle de bain où les toilettes ??? Ah… c’est les deux ??? Ok, it’s good !! En fait, c’est bien un toilette… il y a juste un tuyau en plus !! Pas de lavabo, pas de porte manteau, pas de chasse d’eau, juste un trou dans le sol mais bon, ça, on a l’habitude !! Nous prenons habituellement des douches rapides mais là je pense qu’elle vont être vraiment prises en express et juste si ça devient indispensable !! Mais les lits sont super confortables et le personnel adorable. On nous offre le café, on nous pose des tas de questions, ils sont bien curieux ces népalais ??!!

Après une petite sieste réparatrice, nous nous lançons à la découverte de Thamel. Ça ne va pas être facile de se repérer, le plan du routard est super mal fait. Il y a des petites rues partout qui se coupent et se recoupent, pas de noms de rues, encore une fois c’est un joyeux bordel !!!

Découverte de Katmandou au Népal

Découverte du Népal, Katmandou.

 

Il y a un monde fou, c’est la saison touristique, ça parle dans toutes les langues !!! La progression est difficile, éviter le scooter qui nous fonce droit dessus en klaxonnant, la voiture à droite, le vélo à gauche, on slalome, rentrant les fesses et serrant les dents !! Et surtout éviter les rabatteurs, ils sont partout !! Voulant nous vendre un trek par ci, un trek par là : «  mon agence est écologique, mon agence reverse des fonds à des agences humanitaires, ahh tu es français, je parle français, j’ai des cartes gratuites, vient je t’offre un thé, allez mon ami juste pour l’information !! » Ils me font rire, ça me rappelle le Maroc, je m’éclate, j’adore ces ambiances !!! Jérôme est un petit peu plus tendu, le voyage l’a fatigué, il faut aussi un petit temps d’adaptation. Nous disons à un des rabatteurs que l’on veut juste manger, alors, s’il veut nous donner juste des informations, qu’il peut nous indiquer un petit bouiboui pas cher pour gouter la gastronomie népalaise. Réussi, il nous entraîne par des petites ruelles et nous tombons sur un tout petit jardin avec quelques tables. Nous le remercions en lui demandant la carte de son agence.

Nous choisissons deux népali sets, composés de Dhal (lentilles), de bath (riz), de tarkari (curry de légumes) et de quelques morceaux de poulet au massala. Le tout pour 1€20 chacun, c’est délicieux, pas copieux mais délicieux !!!

On va être bien ici, c’est sûr !!!

Dans les rues de Katmandou au Népal.

Les couleurs de Katmandou au Népal.
24/10/2008 – Katmandou – Népal.

La nuit a été super agréable et la petite grasse mat jusqu’à 9h30 fort appréciable !!! Nous sommes d’attaque, prêts à se perdre et s’éprendre de Katmandou. Nous errons, prenons la petite rue à droite, puis à gauche, répondant aux Namaste, aux hello… Plus de rabatteurs ici, juste des népalais. Cette ballade est fantastique, tous nos sens sont en éveil… Nous tombons au hasard des ruelles sur des petits temples dédiés à tel ou tel dieu de l’hindouisme, sur de petits stupas, sur un lavoir où chacun peut faire sa lessive et se prendre un bain… Nous continuons à nous enfoncer, on marche, se méfiant des vaches sacrées et des chiens errants, on marche…

De retour à la guest, Kamal nous accueille. Il a une chambre qui s’est libérée, plus confortable, avec un grand lit, la télé et la salle de bain privée et carrelée mais pour deux euros de plus ! Deux euros c’est énorme ici, c’est le revenu journalier de 75% de la population ! Deux euros chez nous équivaut à un café sur un lieu touristique, bien sûr ce n’est pas comparable, on ne peut pas faire de comparaison là-dessus. Mais il faut le noter, nous sommes nés sous une bonne étoile !!! Nous sommes français ! Kamal insiste, on lui dit que c’est trop cher pour nous, qu’on préfère rester dans nôtre chambre à deux lits avec une salle d’eau commune en béton, que c’est très bien !!! Mais visiblement ça le dérange, il veut nous donner le meilleur confort !!! Je crois qu’il nous aime bien !!! Il réfléchit, se tâtonne la tête… Ok !!! J’ai une autre chambre !! Il nous y conduit, elle est au deuxième étage. Un grand lit, un balcon, de l’électricité, une salle d’eau commune, carrelée, un lavabo, un toilette à l’occidentale, le luxe !! Il nous dit 1 euro de plus, nous refusons. Ca peut paraître radin, il n’en est rien !! Nous souhaitons juste gérer nôtre budget afin de pouvoir voyager durant les un an que l’on s’est fixé. Mais Kamal ne voit que le confort, il veut qu’on se sente bien chez lui !!! Il nous regarde avec tendresse et nous dit ok, le même prix, mais motus et bouche cousue !!! Il me prend dans ses bras et me fait un gros bisou en rigolant !!! Nous avons accepté bien sûr, il est aux anges !!! Nous partons de ce pas faire nos bagages. Il veut nous porter les sacs, on lui dit que ça va, qu’on est très bien chez lui. Il est content !! Nous prenons soin de laisser la chambre propre pour éviter à la femme un travail supplémentaire. C’est le grand luxe n’empêche !! Electricité, dormir ensemble, une douche, des hôtes adorables… le bonheur !!

Thamel est un quartier pour touristes, il y a tout se que peut vouloir un touriste. Banques, bureaux de change, librairies, agences de voyage, bars, restaurants, hôtels, magasins, bières, vendeurs de hachich…

Des guirlandes lumineuses accrochées partout, de la musique, du monde partout… mais que des touristes et des népalais travaillant pour les touristes !! On se croirait presque dans la rue Serviez la veille de Noël, business et consommation !! Au menu des restaurants, toutes sortes de cuisines, indienne, chinoise, japonaise, française, italienne et très peu de cuisine népalaise !! Les prix aussi sont surprenants, de 2 à 5 fois plus chers que dans les autres quartiers à l’extérieur de Thamel ou de la Freak Street. Et ça consomme… sur les tables, des bières, des plats à n’en plus finir. La bière est extrêmement chère ici, de 2€ à 3€. Ce n’est pas pour nous tout ça !!! On préfère une bonne chiasse mais voyager au coeur du pays.

Les marchés de Katmandou au Népal.

25/10/2008 – Katmandou – Népal.

Ce matin nous nous sommes levés tôt, 6h30. On souhaitait voir Dubar Square se réveiller… mais c’était déjà trop tard !!! Les klaxons offraient déjà leur concert !!! Nous y allons quand même. Nous nous asseyions un moment sur les marches du temple Maju Deval, dédié à Shiva et nous contemplons ce lieux extraordinaire, cette place mythique. Nous observons chaque allée et venue, les vendeurs de fruits secs, de céréales, de soucis pour les offrandes… les allées et venues des rickshaws, taxi, charrettes… Les intouchables, coupant leurs agneaux en pleine rue avant de les charger sur les rickshaws. Les fidèles portant leurs offrandes à tel ou tel dieu. Les racoleurs harcelant leurs proies. Une activité débordante. Il est 7h30, on se croirait en plein après midi ! Raté le réveil de Durbar Square… mais on ne s’avoue pas vaincu !!

  Dubar Square, Katmandou, Népal.

Vendeuses à Dubar Square, Katmandou, Népal.

Vendeuses d'offrandes à Dubar Square, Katmandou, Népal.

Dubar Square à Katmandou.

Un matin à Dubar Square, Katmandou, Népal.

Dubar Square à Katmandou, vu d'en haut.

Il est 7h30 à Dubar Square, Katmandou, Népal.

 

26/10/2008 – Katmandou – Népal.

Je me réveille à 12h. Ça fait longtemps que ça ne m’est pas arrivé !! Jérôme est levé depuis longtemps, douché, le petit déjeuner préparé. C’est le premier jour du Tihar-Deepawali, la deuxième plus grande manifestation hindoue du Népal, consacrée à quelques animaux vénérés entre autre. Ça  dure 5 jours. Le premier jour, aujourd’hui, on offre du riz aux corbeaux considérés comme des messagers de Yama, dieu de  la mort. Le 2ème jour,  c’est au tour des chiens qu’on honore avec des tikas (point rouge à base de Santal apposé sur le front) et des guirlandes. Ils aident leurs âmes à traverser la mort. Le 3ème jour, c’est au tour des vaches à qui on peint les cornes en or et en argent, c‘est aussi le premier jour du Deepawali (fête des frères et des sœurs). Le 4ème, ce sont les bœufs qu’on honore, c’est également la nouvelle année Newar. Et enfin, le 5ème jour, c’est le jour des frères et des sœurs, chacun s’offrant un petit quelque chose. Tout le monde en parle, ça va être un festival de couleurs.

Aujourd’hui, c’est aussi nôtre première rencontre avec ce qui choque, ce qui bouleverse, ce qui est difficile à supporter. Nous nous baladons tranquillement dans un quartier à l’est de Thamel quand une femme s’accroche à Jérôme et s’écroule à terre comme un sac de patates. Jérôme est décontenancé l’espace d’un instant, voulant la rattraper, réflexe normal… mais il se rappelle ces quelques lignes du lonely planet : « se méfier des personnes qui s’écroulent devant vous, vol assuré ». Il l’a laisse à terre. Nous reprenons la route en nous posant juste une question : Est-ce du cinéma ?? Nous finissons par nous retourner, elle est debout en train de discuter avec les gamins de l’échoppe à côté. Nous continuons nôtre route, déroutés par une telle attitude. Un peu plus loin, une femme est assise par terre. Elle joue avec son enfant, il n’a pas de pieds, il a peut- être deux ans. Nous passons sans baisser la tête, comme indifférents… Il n’en ai rien. Au milieu de tous ces mendiants, ces porteurs de misère, nous nous retrouvons impuissants, mal à l’aise dans nos baskets North Face. Nous faisons demi tour, préférant ne pas chercher à voir ce qui est à la limite du supportable. La misère se jettera à nos pieds quoi qu’on en pense.

De retour dans les quartiers commerçants, c’est de la folie !!! Du monde partout, impossible d’avancer, tout est bloqué, un bouchon humain au milieu des voitures et motos immobiles. Quelques militaires essaient tant bien que mal de débloquer les rues… ils sifflent, agitent les bras, rien à faire. Tout le monde attend après celui de devant pour bouger !! Nous mettons deux heures pour rejoindre la guest qui n’est pas bien loin, peut- être un kilomètre. Nous rentrons exténués !

Les pigeons de Katmandou.

Un peu de vert à Katmandou.

Loterie à Katmandou

 

27/10/2008 – Swayambhunath – Katmandou – Népal.

Réveil 7h. Nous nous attaquons aux formalités nécessaires pour l’obtention du visa indien. On nous avait dit : « Allez- y de bonne heure !! ». Un monde fou devant les hautes grilles de l’ambassade. Nous prenons nos tickets, F28 et F29. On est confiant, on passera avant midi, l’heure de fermeture. La première visite, les premières formalités, consistent juste à vérifier nôtre identité en envoyant un fax on ne sait trop où. Ça fait maintenant une demie heure que les guichets sont ouverts… seulement 3 personnes sont passées. Finalement, c’est pas gagné !!! Demain est un jour férié, si on ne l’a pas aujourd’hui, on devra rester une semaine de plus !!! On rencontre Jean, un jeune breton de 19 ans. Son bac en poche, il fuit nôtre système, nôtre hypocrisie nous dit-il. Un jeune rebelle à la recherche de l’eldorado. Il souhaite apprendre à construire des house-boats au Cachemire et partir ensuite sur Bénares, sa terre promise. Les chemins que nous décrit Barjavel ne sont pas révolus…

Nous passons la matinée ensemble à attendre, laissant défiler lentement… très lentement le tableau d’appel. Nous refaisons le monde, débattons, exposons nos idées, le temps passe vite… il est déjà midi !!! OUPS !!! Au tableau, F17 !!! Nous n’avons plus qu’à revenir mercredi. Cette fois, nous camperons devant les hautes grilles dès 5h !!!! Nous nous apprêtons à partir quand le tableau s’excite et passe à F23, F24… F25, F26, F27… Et… F28 !!! Il ne sont pas si feignants que ça nos indiens !!!  Nous quittons l’ambassade à 13h, avec nôtre telex en poche !!! Nous allons fêter ça tous trois avec une belle assiette de momos (raviolis tibétains) !!!

Nous partons ensuite pour Swayambhunath ou le Monkey temple, à pied. Nous croisons une multitude de canidés enguirlandés de colliers de fleurs de soucis, la tika apposée entre leurs deux oreilles. Bizarrement, comme s’ils savaient que c’était leurs journée, ils marchent fièrement, ne cherchant pas à se débarrasser de leurs apparats. Arrivés au pied de la colline, nous évitons sans problème le guichet où les touristes doivent acquitter un droit d’entrée… mais nous devons faire face à d’autres gardiens beaucoup moins prévisibles. Ils sont peut être plusieurs centaines à garder la colline, prêts à se jeter sur nous dès le moindre faux pas !!! Les singes !!!! Un gang de singes !!! Tout en évitant de les regarder dans les yeux, nous grimpons les longues et glissantes marches… nous ne sommes décidément pas prêts à nous attaquer aux géants de l’Himalaya !! Nous suivons les drapeaux à prières qui volent dans le ciel et arrivons au stupa. Le dôme est d’une blancheur éclatante, on ne voit que lui !! Au dessus, l’harmica, un bloc carré et doré. Sur ses quatre faces des yeux vigilants sont peints, évoquant le regard vigilant du Bouddha embrassant la vallée. Pour nez, un point d’interrogation, le ek, symbole d’unité de toute vie. Et au dessus, un troisième œil qui symbolise la clairvoyance du Bouddha. Nous observons la vallée, sous le regard protecteur de Bouddha. Katmandou s’étale devant nous, encerclée par les contreforts de l’Himalaya. Comme Bouddha, nous voyons tout. Perchés sur la colline, nous avons l’impression que Katmandou nous appartient. « A nous le Népal !!! A nous l’Everest !!! » Oui c’est sûr, nous manquons de clairvoyance pour le coup !!

Ballade à Swayambhunath, Katmandou, népal.

Les singes de swayambhunath, Katmandou, Népal.

Vue de Katmandou depuis Swayambhunath

Swayambhunath à Katmandou, Népal.

28/10/2008 – Patan – Katmandou- Népal.

Après avoir traversé la ville, nous arrivons enfin à la gare routière de Ratna park. Des dizaines de bus customisés, bariolés et pourris !! Le lonely planet ne nous sert plus à rien !! Sans l’aide des népalis, impossible de trouver le tas de tôle qui nous conduira à Patan !!! Nous trouvions que les gares chinoises étaient un joyeux bordel…alors quel mot serait assez fort pour décrire les lieux ??? Un véritable capharnaüm !!! Au milieu des tas de tôles, à même le sol poussiéreux, ça bricole, ça vend quelques provisions, ça joue au cartes, ça dort, ça boit du tchaï. A chaque départ, ça klaxonne, ça gueule : « poussez vous j’arrive !! Je vais à Mugling !! Mugling !! MUGLING !!! MUGLIIING !!!! MUGLING !!!» entrainant une petite agitation !! Le bus en marche, ça continue à s’entasser, à l’intérieur, à l’extérieur, sur le toit !!! On s’accroche au moindre truc qui dépasse, c’est hallucinant !!!

Pour cette fois, nous sommes tranquilles. Bizarrement personne ne va à Patan, nôtre tas de tôles démarre presque à vide !!!

Après avoir flâné dans Patan, de chortens en chortens, de temples en temples, ne manquant pas d’admirer les jolies sculptures en bois qui ornent les portes, les fenêtres, les charpentes datant du XVIIIème siècles, du XVIIème et même du XIVème siècle, nous partons à la recherche de boutiques de commerce équitable.

Nous sommes accueillis très gentiment à Mahaguthi. Nous demandons s’il est possible de visiter une coopérative, de rencontrer les artisans. Il n’y a aucun problème mais uniquement le Dimanche. Nous partons Samedi !! Je suis verte !!! Pourrons nous trouver des coopératives à Pokhara ??? Faut il repousser nôtre départ ??? Nous prenons la carte du magasin et repartons à pied sur Katmandou, la tête pleine d’interrogations.

Le fabuleux site de Patan.

Une journée à Patan, Népal.

Ballade à Patan, Népal.

L'Artisanat à Patan, Katmandou, Népal.

 

La nuit est en train de tomber sur Katmandou, c’est le premier jour du Dipawali. Les habitants et les commerçants ont décoré leurs maisons et leurs magasins de guirlandes lumineuses, de guirlandes de fleurs… Allumées devant leurs portes, quelques bougies au beurre… Jetées à terre, quelques pétales de soucis… Dessinés au sol, des mandalas confectionnés à l’aide de pigments, graines, fleurs, pop corn…

C’est magnifique, féerique, on se croirait vraiment à la veille de Noël en pleine rue Serviez, avec plus de couleurs, plus d’odeurs mais avec la même frénésie, les mêmes sourires éclatants !!! Des enfants font du porte à porte en chantant, agitant leurs timbales faites d’un morceau de bois sur lequel des capsules de bière ont été clouées. En échange, on leur donne un petit billet. On se croirait à Halloween !! Des billets à la place des bonbons et des chants à la place des cris d’horreurs.

Arrivés à la guest house, nous sommes conviés à un rituel. D’abord on fait des offrandes dans un petit autel, ensuite vient le tour du tiroir caisse pour « multiplier » l’argent… Jérôme en profite pour demander si on ne peut pas faire la même chose dans son porte feuille. Il se retrouve avec une pâte rouge et des pétales de soucis plein la pochette, les billets en sont couverts !!! Ensuite, on nous pose la tika, un gros pâté de pâte rouge sur le front et on nous recouvre la tête de pétales de soucis. Mon dai (mon frère) vient et me demande de lui poser la tika. Flattée d’être sa didi, je m’applique tant bien que mal à lui fixer un pâté rouge sur le front, pas si facile. J’en ai partout !!! La cérémonie terminée, nous rejoignons la terrasse pour profiter du spectacle. Des feux d’artifice dans tous les sens, des pétards explosent à tous les coins de rues, de la musique, c’est la fête !!! Ils ne font pas la fête à moitié ici, c’est féerique !! Comment voulez vous qu’on rentre après tout ça ??? Comment voulez vous qu’on ai envie de reprendre la routine ???? C’est fichu, on est fichu, on veut rester à Katmandou !!!

Dipawali ou la fête des lumières à Katmandou au Népal.

Dipawali ou la fête des lumières à Katmandou au Népal.

Dipawali ou la fête des lumières à Katmandou au Népal.

29/10/2008 – Pashupatinath et Bodhnath – Katmandou – Népal.

Nous arrivons sans problème à Pashupatinath. Jérôme, muni de son plan et de sa boussole, s’imagine dans le jeu télévisé de la carte aux trésors. Il me guide entre les dédales des ruelles, traverse d’un pas décidé les grandes artères qui entourent Katmandou. Je le suis tant bien que mal durant les 6 kms qui nous séparent de Pashupatinath. Je n’en peux plus, mon corps a du mal à suivre le nouvel engouement de mon chéri pour la marche !!!

Nous arrivons sur les berges de la Bagmati, rivière sacrée. Pashupatinath est construite sur sa rive ouest. Abritant l’un des plus grands temples dédié à Shiva, elle attire des foules de pèlerins et de sadhus venant de tout le sous-continent indien. Lieu sacré, les berges de la Bagmati sont un endroit très prisé pour les crémations, que nous ne tardons pas à découvrir. Sous nos yeux, cinq bûchers, cinq corps, cinq vies sont en train de recevoir leur dernier hommage. Il y a un an, jour pour jour, nous rendions un dernier hommage à mon père, curieuse coïncidence…

Les cérémonies sont différentes, l’une catholique et les autres hindous. L’une vante les mérites du défunt, racontant des faits passés, l’accompagnant ainsi vers l’au-delà…

L’autre parle de karma, de moksha, de réincarnation…

Deux cérémonies différentes, deux croyances différentes, mais le même chagrin d’avoir perdu l’être aimé entoure les familles. Par respect, nous ne prenons pas de photos. A côté de nous, un touriste braque son objectif sur un bûcher afin de ramener la photo choc, le scoop !!! Nous n’avons qu’une envie, celle de lui arracher son appareil et lui foutre dans le cul !!! Nous restons calmes, toujours par respect. En retrait, nous observons… Un type nous dit que l’on peut aller voir les corps en préparation. Nous n’en revenons pas, nous ne nous sentons déjà pas à l’aise de regarder ainsi la cérémonie et on nous propose d’aller au milieu des familles… ??? Nous restons au milieu des badauds, sur un pont, en retrait. Un jeune est en train de se baigner au milieu des ghats de crémation, il se lave dans l’eau sacrée, plongeant, recrachant l’eau par sa bouche telle une fontaine… Après un plongeon, il remonte à la surface… une jambe à la main ! A la vue de son horrible trophée, il parait effrayé. Nous aussi nous sommes effrayés, mal à l’aise… Nous repartons, laissant derrière nous les familles endeuillées. L’odeur des bûchers nous suit encore un peu…

 

Bodhnath est à 2 kms derrière la colline. Nous grimpons les marches et traversons les terrasses de la rive est. Au sommet de la colline s’étend le temple de Gorakhnath, composé d’une multitude de petits temples et de sculptures, toujours dédiés principalement à Shiva. C’est un endroit paisible, sous les arbres… Il y a un petit café. Nous en profitons pour faire une petite pause afin de nous remettre de nos émotions. Bien sûr, comme dans chaque temple entouré de verdure, les singes ont élu domicile !!! Ce sont vraiment des plaies ces singes, ils arrivent en gang et prennent possession des lieux, chipant les offrandes, fouillant les poubelles, obligeant les pèlerins et les vendeurs ambulants à utiliser des frondes pour les chasser !! Mais ils sont coriaces, adroits et malins ces singes !!! Ils ont pris le pouvoir sur les lieux !!! Même si leurs acrobaties et leurs singeries nous amusent beaucoup, je ne les aime pas beaucoup…

Nous reprenons la route. Devant nous, deux jeunes filles se promènent des bouquets de soucis à la main. Ni une ni deux, un singe se lance sur elles, leur chipe un bouquet et fait tomber les autres par terre. Le reste de la colonie ne tarde pas, en deux secondes il ne reste plus rien !!! Laissant les jeunes filles apeurées par l’attaque qu’elles viennent de subir !!

Nous traversons la forêt, en nous méfiant de ces voleurs peu scrupuleux !!!

Les drapeaux de prière, les traits plus saillants des habitants nous indiquent que nous arrivons à Bodhnath. Nombreux sont les tibétains établis ici, Bodhnath se trouvant à l’est de Katmandou, sur la route de Lhassa. Autrefois, elle était le point de chute des nombreux marchands venant des hauts plateaux. Aujourd’hui, elle est le point de chute des exilés…

Le stupa est énorme, il me faisait rêver, il est devant nos yeux !! Blanc, éclatant !! Tous font le tour du mastodonte bouddhiste dans le sens des aiguilles d’une montre. Nous prenons la marche en route, nous laissant emportés par la foule de bouddhistes, hindouistes, musulmans, chrétiens… Nous laissons aller nos doigts sur les moulins à prières, laissant les religions et les croyances se mélanger. Ce qui est important ici, au Népal, c’est la foi simplement la foi !!! Nous, nous croyons en nôtre bonne étoile qui durant ces deux derniers mois nous a conduit sur des chemins fascinants. En posant ainsi nos mains sur ces moulins à prières, nous les implorons de continuer à nous faire découvrir les merveilles qui nous entourent, au gré des différences…

Découverte de Bodhnath, mon rêve se réalise.

31/10/2008 – Katmandou – Népal.

Ce matin nous sommes arrivés dès 7H30 devant les hautes grilles, munis de nôtre passeport encore vierge d’autocollant indien, de nôtre formulaire soigneusement rempli, d’une photo d’identité et des 3050 roupies demandées.

Il y a déjà du monde qui attend au café d’à côté, dont le couple d’Irlandais qu’on avait rencontré en Mongolie…nous étions alors plongés dans les formalités du visa chinois !!! Nous fêtons nos retrouvailles autour d’un café bien noir en ayant pris soin auparavant de s’inscrire sur la liste d’attente… nous sommes placés en 30 et 31ème place, eux sont 21 et 22ème  !!! Il y a encore plus de monde que lundi !! Nous nous racontons tour à tour nos péripéties, nos rencontres, nos passages de frontières, nos découvertes fascinantes de Katmandou… Le couple de slovènes, avec qui on a sympathisé lundi, arrive et rejoint le groupe en enrichissant nôtre conversation de leurs histoires, de leur voyage… Ils sont 35 et 36 ème. Jean, le jeune breton, arrive à son tour, il est 38ème.  Les grilles s’ouvrent. Nous pénétrons en file indienne dans l’enceinte de l’ambassade nous faisant fouiller tour à tour. Et c’est parti pour la longue attente, nous bivouaquons sur un petit carré d’herbe. A midi, personne de nôtre petit groupe n’est passé. Les Irlandais finissent par être appelés vers 12h30, ils tentent de n’utiliser qu’un ticket…ça marche ! Ils nous font passer leur second ticket !!! On passe en suivant, nous avons gagné 8 places !!! Pas bien fiers de nous mais contents, nous donnons nôtre passeport, le formulaire, la photo, payons… c’est bon pour nous! On peut revenir ce soir chercher nôtre passeport flanqué du si précieux autocollant !!! Nous filons un de nos ticket à Jean et l’autre au couple de slovène. Par solidarité nous attendons avec eux.

Et merde !!! Jean doit revenir Lundi, ils n’ont pas reçu de réponse au fax envoyé en France !!! Il est vert, dépité, son visa expire demain !!! Tu n’as plus qu’à aller voir l’immigration !!! Les galères commencent pour lui !!! Ça fait partie du jeu !!! Rien est acquis avec les autorités !!! Nous essayons de lui remonter le moral avec un « On va se faire une belle assiette de momos… »… oui, d’accord… c’est pas très réconfortant et c’est facile pour nous !!! « allez Jean fais risette !!! »

On décide de se séparer l’après midi pour optimiser le temps, on a tellement de choses à faire… Moi sur internet pour mettre le site à jour et Jérôme à l’ambassade pour récupérer les passeports affublés du fameux visa indien.

Je suis au cyber quand Jérôme revient :

« – On les a pas !!!

– Quoi on les a pas ??? » Je suis en train de changer de couleur quand il sort de sa pochette les deux passeports joliment décorés de deux visas !!! Oufffffffff !!! Nous les avons !!! Ils sont beaux !!! Bien accrochés dans nos passeports !!! Après 12 longues heures passées dans l’ambassade !!! 12 heures passées à se triturer l’esprit !!! A se convaincre qu’il ne devrait pas y avoir de problèmes !!!

C’est vraiment stressant ces histoires de visas !!! Mais…

Ah nous les vacances au Népal !!! Que le rêve continue !! Nous quitterons Katmandou dès dimanche pour l’Himalaya !!!

Les enfants de Katmandou, Népal.

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À PROPOS : Nous avons eu la chance de réaliser ce fabuleux périple il y a plus de 10 ans. Nous sommes partis mon compagnon et moi durant une année sur les routes asiatiques sans savoir ce que le voyage allait faire de nous. Aujourd’hui, nous savons ! Des Bourgeons sur le Bitume n’aurait certainement pas éclot sans cette intense et déroutante parenthèse. Il était évident pour moi de partager cela avec vous tant cela fait parti de notre ADN.
Je ne fais qu’un copier/coller du blog que j’avais ouvert à cette occasion, sans rien changer même si des fois, je vous l’avoue, je préférerais partager ce périple avec les 10 années de recul que j’ai aujourd’hui mais ce ne serait pas la réalité. Pour le petit scoop, même si nous ne savons pas de quoi la vie est faite, nous prévoyons de remettre le couvert ! Nous sommes partis il y a 10 ans, le jour des 30 ans de Jérôme, nous partirons donc le jour de mes 40 ans ! 
 

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