Road Book Tour d’Asie 2008-2009 / part 14 / L’Inde, la suite.

14/12/2008 – Varanasi à Agra – Marudhar Express – Inde.

Nous avons cette fois opté pour nous faire acheter les billets… vu nôtre dernière expérience avec les trains indiens !!! Nous demandons à nôtre « grande folle indienne » non pas des billets de 1ère classe, faut pas pousser, mais pas loin !! On insiste : « Il est rapide hein ??? Express veut dire rapide ?? T’es sûr ?? » On se fait même accompagner jusqu’à la gare. Je vais un peu mieux aujourd’hui mais je suis encore trop faible pour galérer avec les chauffeurs de rickshaws.

Le train entre en gare, nous trouvons nôtre wagon. Pour trouver les couchettes c’est un peu plus galère. Une à chaque bout du wagon, ça c’est intelligent !!! Bravo et merci !!

Je guette les passagers de nos deux compartiments, prête à harponner la première personne seule pour faire un échange de place !! Je croise les doigts, petites étoiles venez à mon secours !!! Et la chance me sourit !!! Un touriste, la quarantaine et seul !!! C’est Jérôme qui se lance !!! Et le bonheur irradie mon visage !!! Nous pouvons nous installer !! Ce touriste est français, il nous rejoint pour bavarder. Un sacré baroudeur le gars !! Nous sommes en grande discussion très animée quand une espèce de grande conasse de touriste de je ne sais où arrive : « It’s my seat !!! » nous dit-elle sur un ton agressif. Qu’est-ce qu’elle veut la grognasse ??? Elle nous baragouine dans son anglais parfait qu’il y a un papier sur le quai, que tout le monde doit changer de place et nia nia nia et nia nia nia!!! Je lui réponds qu’il n’y avait aucun problème de place avant qu’elle ne monte dans le wagon !!! Jérôme et Christian vont quand même vérifier sur le quai !!! Ahh… ben elle a raison la grognasse !!! Oui mais quand même elle aurait pu faire preuve d’un peu plus d’amabilité !! Du coup on est tous dans le même compartiment, la conasse et son copain, Christian, et un autre touriste. Ils nous regroupent, touristes entre touristes, locaux entre locaux !!!

Christian est vraiment super, nous n’arrêtons pas !!! Et ça jacte et ça papotte, et ça rigole, pour en finir à rêver de… charcuterie et de beurre salé !!! De fromage et de bon pain !!! Oh… une fricassée de cèpes avec un bon vin… un poulet fourré aux trompettes de la mort !!! Et les girolles… et les coulemelles… et les pleurotes… muhhhmmmmmmmmm !!! Nous nous couchons sur nos banquettes, l’eau à la bouche, dans la tête nos souvenirs de cueillette de l’an passé.

15/12/2008 – Marudhar Express – Agra – Inde.

Nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit !!! Le froid, l’inconfortable couchette, les allers et venues… A trois heure, nôtre wagon s’est fait prendre d’assaut !!! Du coup, nous partageons le bout de nos couchettes et nous nous retrouvons en position fœtale !!! Au sol, les gens sont couchés les uns sur les autres, c’est marrant !!!

Heureusement, le train est censé arriver à 6h15 !!! A 6h, nous réveillons tout le monde !! Mais à 6h15, nous sommes toujours en train de rouler !!! A 7h également !! 8h ! 9h ! 10h ! Mes pauses cigarettes aux chiottes, sont difficiles ce matin !!! Il me faut déjà enjamber les dizaines de personnes assises par terre, que des hommes !!! Je traverse, sûre de moi, j’écarte l’attroupement devant la porte des chiottes sous les regards gluants de mes amis indiens !!! Mais quel bonheur cette petite clope du matin !!! Ohhh les cons !!!! Ils m’ont enfermée de l’extérieur !!! Je gueule derrière ma porte :  « Ah Ah Ah !!! Very funny !!! » Ils finissent par m’ouvrir et tentent de me bloquer pour m’intimider. Je ne me laisse pas faire : «  Stop men, your game is very stupid !!! There is a lot of good persons in India but you, you are not good !!! Bad karma for you !!! Please, I want to go now !!! » Ils me laissent passer, sûrement impressionnés par mon anglais… et sans me décourager pour revenir si j’ai envie de fumer. Je ne vais pas les laisser me gâcher mon plaisir de nicotine !! Jérôme est prêt à tout pour manger. Moi, je suis prête à tout pour fumer !!! Oui, je vous l’accorde, ça craint !

A 11h, nous l’apercevons enfin !!! Il est là, on voit son imposante silhouette jaillir de la brume. Je suis toute émoustillée !!! Mon rêve, le Taj Mahal !!! « Oh toi, dont j’ai tant rêvé !!! »

Nous arrivons à l’hôtel avec 5h de retard !!! Vive les trains indiens !!! C’est vrai qu’il était express comparé au dernier qui a eu 9 h de retard !!! Mais nous sommes largement récompensés !!! Cet hôtel !!! Mais quel confort !!! Lit immense, oreillers moelleux, douche chaude à l’interieur, parfait !!! Et pour 200 roupies !!! Merci Dani de nous avoir négocié ce petit palace !!!

16/12/2008 – Agra – Inde.

Nous y sommes à l’aube. Légèrement rosé, les nuances sont douces, les traits parfaits !!! Il est splendide, délicat, vaporeux. Il est juste comme je l’imaginais, beau ! Le blanc de son marbre immaculé, sa symétrie parfaite, ses fleurs sculptées de milliers de pierres semi-précieuses, sa grandeur. Mais quelle folie Shah Jahan !!! Ça fait des années que cet acte d’amour me fait rêver, je savais au plus profond de moi qu’un jour on serait présenté, c’est aujourd’hui et avec Jérôme !!! Si je suis autant fasciné par ce lieux ce n’est pas pour cette performance architectural sous l’Empire moghol. Mais par toute l’extravagance, la folie et le désespoir qui poussa l’Empereur Shah Jahan à construire ce mausolée pour sa femme Mumtaz Mahal morte lors de l’accouchement de son 14ème enfant en 1631.

Les travaux aboutirent 22 ans après. 20 000 ouvriers furent employés. La légende dit que l’ Empereur fit tuer la femme de l’architecte pour que celui-ci ressente la même douleur et construise en conséquence un bâtiment à la hauteur de son désespoir. La construction achevée, il fit tuer l’architecte pour être le seul à pouvoir regarder le mausolée en pensant à sa femme. Il fit également couper les mains des 20 000 ouvriers, enterrant ainsi, le savoir faire développé autour du Taj Mahal. Malheureusement pour lui, il fut renversé peu de temps après par un de ses fils et emprisonné. Il ne put contempler le mausolée que de la fenêtre de sa cellule du fort d’Agra, jusqu’à la fin de ses jours.

Le Taj Mahal, Agra, Inde.

Le Taj Mahal, Agra, Inde.

Le Taj Mahal, Agra, Inde.

Le Taj Mahal, Agra, Inde.

Le Taj Mahal, Agra, Inde.

Le Taj Mahal, Agra, Inde.

17/12/2008 – Jaipur – Inde

« Jaipur » m’évoquait le nom d’une délicieuse glace onctueuse à la datte et aux épices que l’on prenait mon frère, ma mère et moi au glacier de Carrefour. Mon frère, à son image, me faisait partager ses connaissances : « C’est le pays des Maharajas, des princes, des princesses, des éléphants couverts d’or… » Un souvenir de gamine, mais naïvement c’est l’image que je gardais de cette ville, l’onctuosité et le raffinement de cette fabuleuse glace. Pour le trajet, nous avons opté pour le bus et nous avons bien fait. Pas de long retard, pas de train surbondé, peu de mecs aux regards gluants. Nous avons partagé les 6 heures de route avec Pinky, son fiancé Nishant et Mangal. Ce fût un régal que de partager ce temps-là avec eux. De partager les galettes de pomme de terre que la sœur de Mangal lui avait préparées et le Chaï de Pinky et Nishant. De partager un peu de nos vies. Nishant et Pinky tenaient à nous aider à trouver un hôtel dans nos prix qui leur paraissaient insuffisants pour Jaipur surtout en haute saison, tout étant apparemment complet. A l’arrivée, indiens comme touristes nous nous faisons harceler par les rabatteurs, chauffeurs d’auto rickshaws et autres. Ils sont teigneux, agressifs, plus qu’ailleurs !!! Pinky ne se laisse pas faire, c’est une jeune fille de 23 ans mais quel charisme, elle en impose !! Elle demande le prix des hôtels aux rabatteurs, 500 roupies, 600 roupies, 900 roupies, trop cher et elle les envoie paître !! Finalement, c’est Nishant et Jérôme qui partent à la recherche d’une chambre pendant que nous attendons autour d’un chaî. Une demie heure après, je vois la mine désolée de Jérôme et de Nishant revenir. Ils ont bien trouvé des hôtels mais ils ne veulent pas d’étrangers !!! Mais c’est quoi cette ville ??? Pour ne pas embêter nos amis, nous les remercions en leur disant qu’on a l’habitude et qu’on va finir par trouver quelque chose. Ils ont l’air fortement embêtés et finissent par nous quitter en nous disant, que si nous ne trouvons rien, de les appeler et qu’ils nous hébergeraient.

Nous nous retrouvons seuls face aux fauves !! Tout un attroupement se fait autour de nous, nous décidons d’aller au premier hôtel de la liste du Lonely planet, Devi Niwas même si les prix sont déjà chers. Nous négocions un rickshaw. Et d’un coup je me fous à gueuler comme une folle : « ça va pas la tête ??? » un abruti vient de me mettre la main dans le trou de balle avant de s’échapper en courant. Jérôme veut aller lui casser la gueule, les chauffeurs de rickshaws le retiennent. Je suis dégoutée, enragée !! J’avais pourtant mon sac à dos mais… Le chauffeur de rickshaw reprend son business… « et regarde mon livre d’or, t’as vu comment les gens m’aiment, et je suis pas cher, et regarde les photos de tous mes amis étrangers, et, et, et… » Tu nous emmerdes !!! Conduit et ferme ta gueule !!! Il finit par la fermer et nous laisser découvrir la ville à bord de son bolide. Ça grouille dans tous les sens, même en Chine, je n’ai pas vu un merdier pareil !! Dans la cohue, un mouvement de foule se crée, un papy vient de passer sous un bus, il ne bouge plus… Le chauffeur continue sa route en nous disant que la ville est très dangereuse. Ahhh… Bon… C’est pas la peine d’inventer des manèges à hautes sensations… venez à Jaipur faire un tour de rickshaw !!! Elle est où ma glace onctueuse ??? Vous êtes sûrs qu’il y a des palais encore ici ??? Nous arrivons à l’hôtel et comme quoi, nous avons quand même des petites étoiles bienveillantes au dessus de nos têtes… Il lui reste juste une chambre !!! Comme on est un peu sado-maso, une fois installés, nous repartons mais cette fois-ci à pied !! J’ai l’impression d’avoir parcouru 15 km quand nous apercevons enfin le rempart rose qui encercle la vieille ville, qui pourtant, est juste à 1 km !! A ses pieds, les mendiants, tels des cloportes qui pullulent le long d’un mur, ils s’accrochent, nous baisent les pieds, nous supplient, ne nous lâchent pas dans l’espoir de nous faire céder !!! Je me montre infaillible, indifférente mais à l’intérieur c’est tout mon corps qui se révolte et bouillonne devant autant de misère !!! Pourquoi autant d’inégalités ??? Ç’en est trop pour nous aujourd’hui, nous ne digérons plus rien. Nous préférons rentrer dans nôtre havre de paix pour touristes, bien loin des caniveaux puants, bien loin de l’insupportable !!!

18/12/2008 – Jaipur – Inde.

Nous ne sommes pas là pour rester dans une chambre d’hôtel !!! On va quand même aller les voir ces palais qui me font tant rêver. Nous repartons à pied, aidés de nôtre plan merdique. Nous arrivons enfin devant une des gigantesques portes d’entrée. Au plus grand désespoir de Jérôme, je suis bien décidée à le visiter et avec lui !!

« – C’est nul !!! Les monuments j’en ai rien à carer !!!

– Mais non, tu vas voir, c’est pas juste un tas de cailloux bien agencés, c’est un palais !! Je suis sûre que ça va te plaire !!! » En disant ça, j’imaginais vraiment visiter quelque chose d’incroyable, entrer dans la vie des Maharajas, qui, à Jaipur, il y a encore une quarantaine d’années, était d’un faste inimaginable. Ayant lu dernièrement un livre sur le dernier Maharaja régnant ici, j’imaginais que la visite ne pouvait être que fabuleuse et que je trouverais enfin tout le raffinement de ma glace !!!

Mais franchement, la visite est un peu décevante ! Le palais est complètement vide, juste quelques pièces sont ouvertes, où sont exposés des tissus magnifiques, des armes et 2 jarres gigantesques en argent !!! Juste la salle d’audience privée, conservée dans son état d’origine, est à la hauteur de ce que j’imaginais. Tout le reste est soit fermé, soit dépourvu du moindre apparat. Si pardon, une salle est vivante et animée : le magasin !!!! Le Palais est en travaux, la visite devrait être plus intéressante dans quelques mois ! En attendant, nous aurons profité de la fraîcheur du lieu.

Nous errons toute la journée dans les rues de Jaipur. En faisant abstraction des nombreuses boutiques aux vendeurs surexcités, de la circulation chaotique et des mendiants rachitiques, nous arrivons quand même à découvrir quelques joyaux architecturaux délabrés et dissimulés derrière des amas d’affiches de pubs kitchs au possible !!! C’est un désastre !!! Beaucoup de bâtiments sont à l’abandon totale, certains sont au bord de l’écroulement !!! Ma glace aurait-elle fondue ??? Toujours est-il que nous ne nous sentons vraiment pas biens ici, trop fatigués, trop oppressés… déprimés !!! Nous reprendrons la route dès la première heure demain, pour Puhkar. Nous espérons trouver là-bas, un petit village paisible, nôtre eldorado indien.

19/12/2008 – Jaipur à Pushkar – Inde.

Décidément c’est vraiment une ville merdique !!! Elle a attendu la dernière minute pour réserver à Jérôme un « au revoir » à son image, merdique !!! Le rickshaw nous dépose devant les marches de la gare routière. Il y a un caniveau rempli d’excréments suspects, bien opaque et surtout inratable. Je m’engage sur la droite pour le contourner, repoussant les supplications d’une jeune mendiante. Jérôme marque un temps d’arrêt devant le caniveau, il le regarde et y fout le pied gauche dedans. Mais pourquoi ??? Il en a jusqu’en haut de la cheville !!! Les badauds, la jeune mendiante et moi-même nous retrouvons partagés entre l’éclat de rire et la stupéfaction. Mais pourquoi il y a foutu le pied dedans ??? Il est en tongs et chaussettes, c’est dégueulasse !!! La jeune mendiante lui vient de suite en aide et le guide jusqu’à un robinet. A l’aide de son écuelle, elle aide Jérôme à se rincer le pied, à enlever le plus gros, les morceaux. Bien sûr nous lui donnons 5 roupies pour la remercier. Et la coquine, évidemment, avertit les copains, elle gueule, sautillant, son billet en mains !!! À peine deux minutes ont suffis pour rameuter tout le quartier de la gare !!! Ils sont une dizaine autour de nous. Une mère me jette son bébé visiblement en carence alimentaire à la figure, pendant qu’un petit garçon baise le pied maculé de merde de Jérôme. Par chance, le bus pour Ajmer où nous prendrons une correspondance pour Pushkar est prêt à partir. Nous grimpons tant bien que mal, secouant les jambes pour nous débarrasser de nos boulets !!!

Le bus démarre. Jusqu’à-ce-qu’on sorte de la gare routière, nôtre petit troupeau de brebis galeuses nous supplie, gémissant en courant à côté du bus. Quand j’emploie des termes crus comme ça, ce n’est pas péjoratif, une brebis, galeuse ou pas, reste une brebis à mes yeux !!!! Elle mérite autant de choses que les autres !! C’est une histoire de chance et de malchance !!! Dans ces moments-là, c’est juste insupportable de ne pas être en mesure de faire quelque chose. Et d’en arriver à penser que l’on a perdu son cœur en refusant d’offrir un roupie ou un chapati. Mais il y aurait tellement de chapatis à offrir que même ma vie entière, à temps plein ne suffirait pas. Et ça c’est vraiment difficile à assumer !!!

Nous arrivons à Pushkar à 12h30, nous avons négocié une chambre dans le bus, nôtre voisin était patron d’une guest house. Sur la carte : Big swimming pool, internet, restaurant, hot-shower… Il a une chambre à 100 roupies, nous sommes un peu sceptique mais nous le suivons. C’est une grande bâtisse neuve construite à l’ancienne. Nôtre chambre avec grand lit et salle de bain donne sur un jardinet parsemé de bananiers et de philodendrons. Nous lui faisons répéter le prix dans le doute. C’est bien ça, aurait-on trouvé nôtre eldorado ???

Bien que crevés, nous partons aussitôt pour le centre du village. Pushkar est la cité de Bhrama, le dieu de la création, le plus important de tous. Il n’ y a qu’un seul temple dans le monde dédié à ce dieu et c’est ici, dans ce gros village de 20 000 habitants. La citadelle est lovée autour d’un tout petit lac, les maisons sont enrobées de chaux teintée de bleu qui apporte à ce paysage semi-désertique une douceur presque irréelle. Après Jaipur, on se croirait au paradis !!! Il y a bien un peu d’agitation !! L’artère principale, un grand déballage : tissus brodés incrustés de miroirs, huiles essentielles, vendeurs de cartes postales, librairies, restaurants, cyber cafés… Tout pour satisfaire le touriste !!! Mais nous pouvons circuler sans devoir faire face à une meute de vendeurs enragés. Le seul petit hic, c’est qu’elle est tellement sacrée cette ville, que la viande, les œufs et l’alcool sont interdits. Au plus grand désespoir de Jérôme !!! Il va falloir te mettre au vert mon petit cœur !!

Malgré le charme et la paisibilité de cette ville nous sommes fatigués, épuisés, maussades. Nous avons du mal à apprécier à sa juste valeur ce qui nous entoure. Nôtre corps ne répond plus, les sourires deviennent forcés, nos discussions ennuyeuses. C’est peut-être normal au bout de 4 mois de bourlingage de se sentir vidés comme ça… Il y a aussi peut-être l’approche des fêtes de fin d’année, l’envie de se retrouver en famille… Toujours est-il qu’on ne souhaite que dormir.

 

21/12/2008 – Pushkar – Inde.

Nous avons passé la journée d’hier à chercher un vol pour rejoindre l’Indonésie, sans résultat ou hors de prix !!! Ça a fini de nous mettre le moral à zéro !!! Hier soir, devant nôtre plâtrée de riz, on en est venu à se dire qu’on se faisait sacrément chier !!!! On s’emmerde !!! On s’emmerde !! Oui ça arrive, même en voyage !!! Il n’y a plus de piquant, plus de rencontres, il faut réagir !!! Et on a réagi, on a pris la décision de changer nos plans !!! Première solution, partir dans le sud de l’Inde mais pas possible, il faut qu’on passe une semaine sur Delhi pour faire le visa indonésien, il ne nous reste pas assez de temps pour faire le trajet et profiter du sud !!! Deuxième solution, passer par Bangkok !!! Et pas con comme idée !!! Le billet d’avion est pas cher, on peut faire nôtre visa indonésien là-bas et en plus on pourra prospecter pour avril quand la famille débarquera !!! Du coup, pas de Delhi !!! Ça c’est une super idée !!! Regonflés à bloc, nous arrivons enfin à apprécier Pushkar !! Nous faisons dans l’après-midi tout le tour du lac et avec le sourire !! Ça fait du bien de se retrouver !!! On se remet à papoter, à s’interroger devant toutes les scènes qui se déroulent devant nos yeux, c’est bon…

22/12/2008 – Pushkar – Inde.

Chose dite, chose faite !!! Nous voilà en possession de deux billets pour Bangkok !!! Départ le premier janvier 2009 à 11h55. Pas de foie gras ni de Jurançon pour nous cette année, on verra ce que nous propose la Thaï Airways, qui sait…

Nous avons également acheté deux billets de bus pour Jaisalmer, nous partons demain soir !!! Dernière escale indienne, le désert du Thar !!! A nous les chevauchées à dos de chameaux !!

24/12/2008 – Jaisalmer – Inde.

Encore une nuit blanche dûe aux transports indiens !!! Le gars nous avait dit : « oui oui il y a des couvertures !!! » T’as gagné, on s’est pelé toute la nuit !!! Nous étions au premier étage, sur une couchette deux places qui aurait pu être confortable si nous n’avions pas le froid dessus et s’il y avait une barre sur le côté pour nous retenir !!! C’est que ça secoue sur les routes indiennes !!! Couchés sur nos sacs, scotchés l’un à l’autre le plus près possible de la vitre pour éviter la gamelle !!!

Les allées et venues, l’envie de pisser, les coups de klaxons, le froid… impossible de dormir !!!

Michael et Annie nous avaient dit, vous verrez à Jaisalmer les chiens sont des fauves, des tueurs et les vaches chargent…

Nous arrivons de bonne heure, il est peut être 7h, je ne sais pas vraiment mais nous sommes arrivés à l’aube. Première opération, se débarrasser des chauffeurs et des rabatteurs qui deviennent de plus en plus coriaces, où c’est peut-être nous qui devenons de plus en plus impatients !! Nous n’y allons pas de main morte, tout en étant polis, on les rembarre et ils finissent par se lasser et nous laissent boire nôtre chaï en attendant le jour. Nous pénétrons dans la vieille ville par Gandi Chowk, les rues sont désertes, quelques badauds peu nombreux et des chiens et des vaches !!! Les mots d’Annie résonnent dans ma tête : « C’est des tueurs ceux-là !!! » Je dissimule ma peur, ce sont nous les maîtres !!! Et comme tout moment pénible, tout est fait pour nous emmerder, pas d’hôtels, où nous ne les voyons pas. Nous errons un moment, ne trouvant seulement quelques palaces hors de prix.

Jérôme est en train d’uriner dans une pissotière, je l’attends devant. À une dizaine de mètres, un chien fait les poubelles, et quand il me voit, il se met à grogner et à aboyer. Visiblement il ne cherche pas des papouilles celui- là!! Il est vite rejoint par sa meute. Un gars arrive, et au lieu de nous sauver, il fait demi-tour !! Alors si même les locaux ont peur, c’est pas gagné cette histoire-là !!! Je dis à Jérôme : « Rentre vite ta zigounette, ça pue la rage et le carnage par là !!! » En homme qui se respecte, il se fout de ma gueule un moment mais fini par me suivre dans mon : « demi tour, on se casse de ce bourbier !!! »

Nous finissons par trouver un hôtel juste en face du fort, la vue est surprenante !! Nous sommes dominés par la citadelle, un immense château de sable érigé en plein désert, mais nous dominons également la vieille ville !! La lumière montante inonde les parois, la ville se teinte d’ocre, un mirage se produit-il devant nous ???

Une fois rafraîchis par un débarbouillage à l’eau froide, nous réalisons que nous sommes le 24 décembre, c’est Noël !! Nos familles préparent sûrement la table gargantuesque de Noël agrémentée de foie gras, de saumon fumé, de viande tendre et bien rouge… Beau-papa a dû déjà choisir les vins qu’il sortira pour l’occasion… Ohhh mais que c’est dur de penser à tout ça !! Nos ventres gargouillent…

J’imagine aussi toute l’ambiance qui entoure ces fêtes, la rue Serviez, les gens qui se bousculent devant les vitrines animées, stressés parce qu’ils s’y sont pris une nouvelle fois au dernier moment, pestant, alors que l’année d’avant ils s’étaient jurés de s’y prendre à l’avance pour trouver « le » cadeau qui fera plaisir !!! Les odeurs de sucreries, de marrons chauds, de chocolat quand on passe devant chez Josuat… Tout ce déballage, ses dépenses finalement pas très utiles mais que j’affectionne tant…

Je pense aussi, à mes anciens collègues de boulot. Je les imagine carburant au café et à la vitamine C, devant la foule de clients qui attendent patiemment de se faire confectionner un bouquet !!! Je pense à Sophie, priant de tout mon cœur pour que son magasin prenne son envol !! Que les gens découvrent son talent et sa personnalité détonante !!!

Je pense que nous sommes bien loin de tout ça… devant nôtre plâtrée de riz, nôtre curry de chou-fleur et nôtre bouteille d’eau minérale !!

Jérôme me sort de mes rêveries de foie gras et de saumon fumé !!!

« – C’est Noël ma chérie !!!

– Oui ben je sais que c’est Noël !!!

– Ce soir on dépense sans compter !!! Viande, vin, apéro !! Noël quoi !! »

Le gérant de l’hôtel nous conseille un resto chic mais abordable !

Excitée comme une puce à l’idée de fêter Noël, je file à la salle de bain tenter un petit ravalement de façade. Après m’être lavée à l’eau froide, je mets de la crème solaire en guise de parfum, sorts du fond de mon sac le petit crayon de khôl que j’avais emmené dans un excès de zèle et choisis ma plus jolie tenue qui se résume à mon seul pantalon propre que je trimballe depuis plus de quatre mois, une tunique marron que j’ai achetée à Pushkar et un châle sur les épaules. Un foulard dans les cheveux pour cacher ma tignasse toute grasse que je n’ai pas réussi à laver depuis une semaine tellement l’eau est glaciale…et le tour est joué !!! Je ressemble à une vraie fille. Je n’ai pas l’habitude de me complimenter mais une fois devant la glace, je me trouve pas dégueux et même plutôt charmante !!! Visiblement, vu l’état de Jérôme à ma vue, c’est réussi !!!

Le restaurant se trouve sur un toit, aménagé sous des tentes. Un portier enturbanné nous accueille d’une révérence, que je lui renvoie en lui souhaitant un joyeux noël !! Il a sûrement dû me prendre pour une tordue de touriste, mais j’adore les révérences !!! Et c’est noël !! J’ai envie de crier à tout le monde : « Joyeux Noël Madame, Joyeux Noël Monsieur, Joyeux Noël saloperie de chien, Noyeux Joël mon chéri… »

Mais ici, tout le monde s’en fout de Noël !! J’ai bien eu quelques retours de touristes, quelques… Mais après tout nous aussi on s’en fout !!! On est là, tous les deux en amoureux et on va manger de la viande et boire du vin !!!

Pour l’apéro, nous tentons de demander un ricard mais le gars nous regarde bizarrement. Nous lui demandons ce qu’il a… de la bière, ben c’est très bien de la bière !!! Et vous avez du vin ??? 1000 roupies (15 euros) très bien… gloups ! Nous portons donc un toast avec une bouteille de King Fisher chacun, tout en nous délectant devant cette si merveilleuse carte richement ornée de mots comme : mouton et poulet !

Le garçon, bien apprêté dans son costume trop serré pour lui, vient prendre la commande. Il nous regarde tout le long d’un air soupçonneux et, quand on arrive au vin, il répète à plusieurs reprises le prix de la bouteille. Bon ça va, on a compris qu’il était à 1000 roupies !!! C’est pas parce qu’on a des claquettes en plastique premier prix qu’on ne peut pas se payer une bouteille de jus de raisin !!! Ça c’est dingue quand même, il n’y a pas de juste milieu !!! D’habitude, on nous prend pour des billets de 100$ sur pattes et maintenant on veut nous faire passer pour des clochards !!! On est juste Céline et Jérôme, jeune couple anciennement dynamique et de catégorie moyenne qui souhaite se faire plaisir pour Noël.

Pour se faire plaisir, on se fait plaisir !!! Je n’ai jamais vu des assiettes aussi grandes !!! Dans la mienne, au moins un poulet entier mariné dans du tandoori, des beignets de légumes, du tofu, un nan, papad, une salade au fromage, ananas et poulet liée d’une sauce façon mayonnaise, du choux, de la canne à sucre… un festin !! Jérôme a choisi un plat chinois, un poulet pour lui aussi, cuisiné avec une sauce soja et des champignons, on se régale !!! Et le vin… quel délice !!! Une production indienne réussie. Nous profitons de chaque seconde de ce moment privilégié, les yeux dans les yeux, ou perdus dans les bastions du fort. Pendant que nous nous goinfrons, à nos pieds, des centaines de personnes se partageront un ou deux chapatis en guise de repas… Les restos du cœur ne tiendraient pas une demie-heure dans ces contrées tant il y a de bouches à nourrir !!

Notre repas de Noël à Jaisalmer en Inde.

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À PROPOS : Nous avons eu la chance de réaliser ce fabuleux périple il y a plus de 10 ans. Nous sommes partis mon compagnon et moi durant une année sur les routes asiatiques sans savoir ce que le voyage allait faire de nous. Aujourd’hui, nous savons ! Des Bourgeons sur le Bitume n’aurait certainement pas éclot sans cette intense et déroutante parenthèse. Il était évident pour moi de partager cela avec vous tant cela fait parti de notre ADN.
Je ne fais qu’un copier/coller du blog que j’avais ouvert à cette occasion, sans rien changer même si des fois, je vous l’avoue, je préférerais partager ce périple avec les 10 années de recul que j’ai aujourd’hui mais ce ne serait pas la réalité. Pour le petit scoop, même si nous ne savons pas de quoi la vie est faite, nous prévoyons de remettre le couvert ! Nous sommes partis il y a 10 ans, le jour des 30 ans de Jérôme, nous partirons donc le jour de mes 40 ans ! 

 

 

Quelles huiles végétales pour une beauté au naturel ?

Depuis que j’ai découvert les huiles végétales, je ne peux plus m’en passer ! Je m’en sers de démaquillant mélangée à un peu d’eau ou d’hydrolat, de crème de jour et de nuit mélangée à de l’Aloe Vera, d’huile pour le corps, de masque capillaire et forcément dans mes vinaigrettes ! Faire sa vinaigrette tout en se faisant un soin, génial non ?

On s’en sert également dans la fabrication de cosmétiques plus élaborés, je vous en parlerai dans de futurs articles.

Mais avant de partager ces quelques recettes, vous devez connaître les ingrédients indispensables dont les 3 principaux :

  • Les hydrolats dont je vous ai déjà parlé ICI.
  • Les huiles essentielles.
  • Et les huiles végétales dont nous parlons aujourd’hui.

Les plantes ont des vertus différentes, il est donc utile de les connaître afin de les choisir en fonction de votre type de peau et de profiter de tous leurs bienfaits.

Comment bien choisir son huile végétale.

L’huile végétale, c’est quoi, c’est fabriqué comment ?

L’huile provient de végétaux comme son nom l’indique. Ce sont des corps gras extraits de noix, pépins, graines…

Il existe plusieurs méthodes d’extraction mais une seule doit retenir notre attention : l’extraction mécanique. Elle permet d’obtenir une huile vierge de première pression à froid. C’est une appellation réglementée, c’est une huile pure sans traitement ni additif. Lors de vos achats il est donc indispensable de repérer ces termes sur l’étiquette : « vierge » et « première pression à froid ».

Les noix de l'arganier.L’huile végétale, pourquoi faire ?

Les huiles végétales pénètrent bien dans l’épiderme, elles le nourrissent, le protègent, lui redonnent finesse, éclat et souplesse grâce à leur action adoucissante, assouplissante, tonifiante, régénératrice et elles préservent du vieillissement cutané. On s’en sert entre autre :

  • Pour cuisiner
  • Pour diluer les huiles essentielles
  • Pour se démaquiller
  • Pour faire un masque de beauté mélangé à d’autres huiles végétales, à de l’argile, à de l’aloe vera, à des huiles essentielles.
  • Pour faire un masque pour les cheveux.
  • Pour remplacer les crèmes de jour et de nuit.
  • En huile pour le corps pour l’hydrater
  • En massage
  • En soin pour le corps, pour éviter les vergetures, cicatrices, césarienne…

 

Quelle huile végétale pour ma peau ?

Voici un petit tableau traitant des principales huiles végétales.

Vous y trouverez les huiles à privilégier en fonction de votre type de peau mais également les indices UV que certaines nous offrent. (Les résultats sont très différents d’une source à l’autre, c’est pourquoi je préfère mettre en garde contre l’utilisation en protection contre le soleil. Si vous avez une peau claire, préférez une protection solaire du commerce. Mais si vous avez une peau bronzée n’hésitez pas à utiliser cette alternative 100% naturelle).

Sur la première colonne vous trouverez, l’indice de comédogènécité. Mais que za ko ? C’est ce qui nous indique si une huile risque de boucher les pores de la peau et  causer des points noirs et autres boutons. Les huiles végétales sont bien moins comédogènes que les huiles minérales et les dérivés pétrochimiques qui composent la majorité des cosmétiques conventionnels.

  • Si vous avez une peau acnéique choisissez une huile ayant un indice entre 0 à 1.
  • Si vous avez une peau mixte entre 0 à 3.
  • Si vous avez une peau sèche entre 0 à 5 (surtout celle riche en Oméga 9 : argan, macadamia… )

Si l’huile a rancit, elle est comédogène,, on peut s’en servir mais juste pour le massage des pieds 😉

Tableau : Quelle huile végétale pour ma peau.

Où acheter vos huiles végétales ?

Sur mon annuaire des producteurs distillateurs d’huiles essentielles beaucoup fabriquent également des huiles végétales. Vous le trouverez ICI.

Vous pourrez les acheter en pharmacie et en magasin bio. Mes critères de choix :

  • Une huile pure de première pression à froid.
  • Une huile biologique.
  • Un conditionnement en bouteille en verre colorée pour la protéger de la lumière.

Sur internet, je vous conseille ces quelques adresses :

Make it beauty : mon chouchou.

Slow cosmétique : Que des produits portant la mention Slow Cosmétique ! Une sélection de haute qualité.

Aroma Zone : Alors personnellement ce n’est vraiment pas mon préféré ! C’est un géant et je n’aime pas les géants mais on trouve toutes les huiles : des plus rares aux huiles produites en France comme celle d’amandon de Pruneaux produite par l’entreprise Perle de Gascogne.

L'huile végétale de Mirabelle de chez Make it Beauty.

Vous souhaitez aller plus loin, voici une petite sélection d’ouvrages :

Alors… Etes vous prêts à intégrer les huiles végétales à votre routine beauté ? Vous les utilisez peut être déjà, des chouchous ? N’hésitez pas à partager avec nous en laissant un petit commentaire en bas de cette page 🙂 

Et pour garder cet article sous le coude, pensez à Pinterest, je vous ai préparé une belle image à épingler ci-dessous. 

Road Book Tour d’Asie 2008-2009 / part 13 / L’Inde, Varanasi.

06/12/2008 – Pokhara – Népal.

L’Inde se rapproche ! Après 45 jours au Népal, des milliers de sourires et de Namaste. Après la découverte d’une culture si différente de la nôtre. Après des rencontres marquantes comme Monoj de Katmandou qui travaille sans relâche pour obtenir son diplôme. Krishna et sa famille, qui continueront à attendre le coup de fil de sa femme leur annonçant qu’elle rentre enfin à la maison. Cima, ses poux et son papa qui passeront sûrement l’hiver sous leur bâche en attendant de monter le toit manquant à leur nouvelle maison. Kali qui continuera en vain de refuser le mariage que lui propose son frère afin de rester dans les jupons d’Ama et de garder quelques jours de plus son innocence et sa candeur. Sabina, Samjana et Sapina qui continueront à aider leur mère aux champs, privées de leur père qui les a abandonnées. Nôtre vieille folle, qui n’est pas folle, qui continuera quelques petites années à lutter dans ses froides et arides montagnes. Ces porteurs avec qui on a échangé quelques encouragements, quelques mots de sympathie… certains périront sur les sentiers, accablés par le froid, par le poids pendant que d’autres se féliciteront de leurs performances, du succès de leur expédition dans leur magnifique équipement High tech !!! Sandro, Claire, Steeve, Sophie, Nico, Greg, Jérôme, Hilde, Jan, Ida et bien d’autres amoureux du voyage avec qui on a pu échanger des impressions, des interrogations face à cette culture si particulière et se réjouir autour de quelques verres de faire partie des chanceux de la Terre. Nous quittons cette terre, nostalgiques mais les yeux remplis d’étoiles. Nous partons demain pour la frontière indo/népalaise, impatients de découvrir nôtre prochain pays d’accueil !! De découvrir ce qu’il reste du pays des Maharajas, de découvrir ce peuple qui vit à cent à l’heure pour rattraper le temps perdu face à des siècles de colonisation. Ce peuple qui subit tous les jours depuis plus de 60 ans la partition de leurs terres. Que j’aimerais découvrir là-bas des messages d’espoir, d’amour et de paix, m’incitant à croire qu’un jour peut-être la haine laissera la place à la fraternité !!! Que les mots : massacre, attentat, terrorisme, bain de sang, vengeance… disparaissent de nos bouches et de nos dictionnaires. De découvrir ce qu’il reste du message de Gandhi…

Nous quittons le Népal, fiancés mais pas mariés. Après réflexion nous avons annulé le mariage que nous organisions avec Krishna. Ne voulant pas bafouer la culture népalaise par un simple et vulgaire folklore !!! Nous quittons le Népal confortés dans nôtre décision d’avoir pris ce temps, cette année de découverte et d’apprentissage, il y a tant de choses à apprendre chez nos voisins !!!

Carnet de route de notre voyage à Pokhara.

09/12/2008 – Varanasi – Inde.

Ça y est nous y sommes, épuisés, lessivés par ce voyage d’à peine 500km mais qui nous a pris tout de même deux jours !! Le premier tronçon, un jeu d’enfant à bord de nôtre TATA !!! 8h au rythme des nids de poules et des coups de freins chroniques de nôtre chauffeur après avoir cru que ça allait passer !! Arrivés à Sunauli, nous avons eu droit à nôtre petit attroupement de chauffeurs de rickshaws, de rabatteurs d’hôtel, de curieux… J’ai pris un malin plaisir à les balader, à faire jouer la concurrence, à faire durer le suspens… C’était nos dernières négoces avec les Népalais, il fallait bien que j’en profite !! Cette ville frontière n’a vraiment rien d’attrayant si ce n’est le balai incessant de camions customisés et les fanfares de klaxons !!! Tout n’est que poussière et gaz d’échappement !! Un peu triste pour une dernière nuit !!!

Le lendemain, le passage aux service de l’immigration, idem, un jeu d’enfant !! Deux gommettes, deux coups de tampons et emballés c’est pesé comme dirait mon grand-père !!! Nous sommes en Inde. Benh c’est ça l’inde ??? Pas de rabatteurs, pas de gamins qui nous courent après réclamant leur « pen »??? Nous faisons nos premiers pas, clopes au bec en toute tranquillité, le bonheur !!! Le premier indien à qui on a affaire est le chauffeur qui va nous conduire à Gorakhpur. Au premier abord, il m’effraie. Chiqueur de bétel, il a les gencives rouge écarlate, il me fait penser à un vampire près a nous sauter à la gorge !!! Et plus il rigole, plus il m’inquiète !!! Dans ma tête, je le supplie : « Ferme la bouche, ferme la bouche !!! Je vais vomir !! » Nous attendons une grosse demie-heure avant que la jeep se remplisse de chiqueurs de bétel, des vampires partout !! Enfin, bien compressés, bien encastrés à l’intérieur de la jeep, nous pouvons partir. Nôtre chauffeur se prend pour Sami Naceri dans Taxi, c’est un fou !!! Sa main est bloquée sur le klaxon pour annoncer : « Pousse toi, j’arrive » Il slalome entre les chauffeurs de rickshaws, entre les autobus, les camions, les singes, les vaches, les motos, les vélos, rien ne le ralentit !!! A chaque nid de poule, nous décollons, encastrés, nous volons dans un même élan !!! Arrivés à Gorakhpur c’est du monde partout. Ça grouille à droite, à gauche, derrière, devant, au fond… Par chance, la jeep marque son dernier stop juste devant la gare, nous avons de la chouille sur ce coup-là, pas besoin de chercher, de galérer !!! La gare se résume à un vaste entrepôt. Et dans un entrepôt, on entrepose… ici ce sont les gens en transit qu’on entasse !!!! Ça s’entasse partout à même le sol !!! Des gens dorment, d’autres mangent, d’autres urinent. « Guichet information touristes », la bonne femme nous donne les horaires, le plus tôt part à 14h et arrive à 21h30 ce soir à Varanasi. Il est 12h. Nous hésitons un moment… est-il bien prudent de débarquer en pleine nuit dans une ville que l’on ne connait pas ?? Surtout que le lonely planet nous décrit la gare comme un repère de malfrats. Nous débattons un moment… bon ben… c’est parti !!! Nous nous faufilons et arrivons à atteindre le guichet. Nous prenons nôtre place dans une file d’attente au hasard. Arrivés à nôtre tour le mec nous dit d’aller guichet 1. Bon ben… c’est reparti !!! Cette fois-ci, nôtre place est difficile à garder. Nous avons affaire à une meute de femmes bien déterminées a passer devant nos faces de touristes impuissants !!! Une, deux, trois, quatre, cinq… benh c’est la fête !!! Jérôme finit par se faufiler, s’imposer et gueule au guichetier « Varanasi, Varanasi for two persons » Il en ressort avec un petit billet. Il y a bien marqué Varanasi, l’heure n’est pas indiquée. Nous allons revoir la bonne femme, « si si c’est bon ». Cool !!! En attendant l’heure, nous partons manger un morceau dans les gargotes qui font face à la gare. Là, nous vient une lumineuse idée : « Et si on appelait un hôtel et qu’on leur demandait de venir nous chercher ??? » Idée lumineuse !!!! Nous cherchons dans le lonely planet, Yogi lodge, parfait !!! Nous appelons, pas de problème, il faut l’appeler quand on est à la gare. Super !!!

Sur le billet quelque chose nous inquiète, le prix !!! 66 rps (1 euros) pour les deux, pour faire 230 km… bizarre ? Je regarde le lonely, ils indiquaient le triple pour une place en assis dur… Bizarre ???!!! A mon avis on va avoir droit à la bétaillère. Sur le quai nous trouvons trois anglais, idem, même billets, même tarifs !!! Pas le temps de se poser trop de questions, le train entre en gare !!! C’est du placement libre. Ma pensée de la bétaillère n’est pas loin !!! Quand on dit assis dur, c’est assis dur !!! Des banquettes de bois, et rien d’autres, pas de toilettes, rien !!! Il y a même des wagons sans banquettes, juste quelques lanières au plafond pour s’accrocher !!! Nous trouvons deux superbes places, juste à côté de la fenêtre !! Nous nous installons sous le regard insistant des autres passagers. Tous nos faits et gestes sont dépecés, nous sourions, nous saluons. Au bout d’une heure de trajet Jérôme n’en peut déjà plus. Il ne sourit plus, ne salue plus, le regard agacé, il grommèle !!! Il ne te reste plus que 6h30 à attendre. Le train est non fumeur, aux arrêts fréquents personne ne fume !!! Pas un mégot par terre. Les indiens sont-ils tous non fumeurs ????

A 16h, soit après trois heures de trajets, il est à cran, au bord de la crise de nerfs !!! Je lui dit regarde le paysage, mais juste à ce moment-là nous longeons une rivière de lisier, noire, onctueux, un lit d’excréments. Dans le wagon, c’est un véritable balai humain. A chaque arrêt quelques-uns s’en vont et d’autres montent, on s’entasse, on s’encastre, on se colle !!! Il y en a même jusque dans les porte-bagages. Ma place à côté de la fenêtre est vraiment plus qu’appréciable, de l’air !!! A 17h, Jérôme craque, l’appel de la nicotine est insoutenable !!! Je le regarde sortir du wagon, tout le wagon le regarde sortir, il y en a même qui se précipitent derrière lui !!! Sur le quai, alors qu’il aspire sa fumée, on se rapproche jusqu’à un mètre de lui, une dizaine de personnes l’observent sans retenue !!! De ma fenêtre, je me marre !!! Pendant ce temps, un jeune tente de me faire la causette, il ne parle que quelques mots d’anglais. Je ne comprends absolument rien, j’essaie de décoder, je réponds au hasard : « french » « first time in India ». Tout le monde rigole, visiblement mon décodage n’est pas très bon !!! Vexé et surement complexé de ne pas parler anglais, il retourne sur son porte-bagage, se met un linge sur la tête et dort. Jérôme revient, le train repart.

« -Alors elle était bonne ??? Dis-je en rigolant.

-Rigole, rigole. T’es jalouse !!! »

Un jeune secoue le bras de Jérôme.

« -Where are you from ???

-France.

-Autograph ? Autograph ???

-What ??

-Autograph ? »

Oui c’est ça, il veut un autographe !!!! Il sort un morceau de papier, fier de lui !!! Le jeune du porte-bagage se redresse d’un bond et nous regarde écrire sur le papier. Il nous demande de marquer nôtre nom, nôtre prénom et d’où nous venons. Il est ravi !!! Le papier circule, ça jacasse, ça rigole, tout le monde paraît très content !!! Un peu plus loin, c’est à des paparazzis que j’ai affaire, ils me mitraillent avec leur téléphones portables.

Je commence à avoir très envie de fumer, il est 19h30, ça commence à faire long !!! Très long !!! Mais je n’ose pas sortir du wagon, faire face à un « white watching » pour reprendre l’expression de Sylvain Tesson et d’Alexandre Poussin. Sachant qu’on ne peut y aller qu’à tour de rôle pour surveiller les bagages !!!

Jérôme devient insupportable, il a faim !!! Et quand Jérôme a faim, il a faim et ne pense plus qu’à satisfaire son estomac !!!

Nous commençons à penser que le train n’arrivera jamais à 21h30 comme prévu !! Nous demandons, mais personne ne sait, certains nous disent, 21h, d’autres 23h, d’autres avant minuit !!! A quai, je me lance, je n’en peux plus !!! Ils sont une quinzaine à quelques centimètres de moi, je leur souris, ils ne me sourient pas, ils ne font que me dévisager, je tente de faire pareille !!! Mais face à leurs regards noirs et profonds je capitule et baisse les yeux !!! Nerveusement, je rigole de cette situation. Eux ils ne rigolent pas, ils me dévisagent toujours !!! Je sais très bien que ce n’est que de la curiosité, mais c’est pesant, oppressant !!! Je remonte !! C’est la clope la plus dégueux que j’ai pu fumer !!!

Quand nous arrivons à Sarnath, il est 23h. Jérôme n’en peut plus. Je commence à m’impatienter et à m’inquiéter. Dans le Lonely planet, il est écrit que les hôtels déconseillent de sortir après 22h, qu’ils ferment leurs grilles avant 23h. La Yogi lodge doit être fermée !!! Voudront-ils venir nous chercher à une heure aussi tardive ???

Jérôme sait qu’il est fort probable qu’il ne mangera pas ce soir, il commence vraiment à être insupportable !!!

Une heure du mat. Je commence vraiment à flipper, deux mecs avec des fusils sur l’épaule passent sur le quai, des policiers sûrement !! Ils marquent un temps d’arrêt devant la fenêtre et nous dévisage à leur tour. Au lieu de me réconforter de la présence de la police, ça ne fait que m’inquiéter un peu plus !!!

Je perds patience devant les râleries de Jérôme !!! Il broie du noir !!!! Il me dit que demain, il prend le premier avion pour Paris et s’en va fumer. La grosse bonne femme a visiblement compris que j’avais besoin d’être réconfortée !!! Elle me parle en Hindi, me montre ses bijoux. J’ai les yeux humides, j’ai envie de pleurer mais son regard protecteur m’apaise. Elle a réussi son coup !!! Il ne faut pas que je craque !!! Je me reprends avant le retour de Jérôme. Si on craque les deux ensemble, c’est foutu !!! C’est ça un couple me semble t’il ??

Le train repart à 2h30, après trois heures trente à quai et plus de 12h dans la bétaillère. Il reste 10 km, nous pensons que nous allons bientôt arriver mais à tord !!! Pour l’hôtel, c’est foutu !!! Nous n’avons plus qu’à trouver un petit café dans la gare et nous préparer à une nuit blanche !!!! Nouvel arrêt à deux kilomètres de Varanasî !!! Nous en sommes à espérer de passer le plus de temps possible à quai !!! Retarder le moment où nous serrons lâcher dans la gare et attendre l’instant où l’on se fera dépouiller de toutes nos affaires !!!

Les gens ont arrêté de nous fixer, ils connaissent le moindre de nos traits. On nous regarde désormais avec chaleur, on échange quelques petites blagues !!! Même le gros molosse à la tête de brigand finit par nous sourire !!!

Je commence à tomber de sommeil, je m’endors, 2 minutes… me réveille en sursaut, il faut surveiller les bagages !!! Il est 3h30, je fume une clope sur le quai pour me réveiller, je suis sereine, le jour se lève dans un peu plus de deux heures !!! Je commence à quitter mes angoisses sur nôtre arrivée en gare.

Après trois quarts d’heure à quai le train repart !!! Nous arrivons enfin à Varanasi, il est 4 h. Les quais sont bondés de monde !!! Les passagers viennent nous serrer la main pour nous dire au revoir. Nous errons un moment dans la gare, à la recherche de nourriture, rien !! Juste des vendeurs de Chai, le si bon thé sucré au lait et à la cardamone dont je raffole. On sort de la gare, rejette les assauts des chauffeurs de taxis, rickshaws et autres !!!

A 200 m de la gare, une grande avenue toute éclairée, mais rien à bouffer !! Nothing !!! Ben qu’est-ce qu’on fait ??? Il est cinq heure, on va à la Yogi lodge, ils doivent être réveillés ???!!

Nous négocions avec un chauffeur de rickshaw, il veut bien nous emmener à la Yogi, sans détour par d’autres hôtels. Marché conclu. Nous traversons Varanasi, en direction de la vieille ville au bord du Gange et de ses si célèbres ghats. Nous passons au milieu d’un marché de légumes !!! A cette heure-ci ???!!

Le chauffeur s’arrête en plein milieu d’une rue, il faut continuer à pied.

Ça me fait penser, il y a quelques années, à mon arrivée à Marrakech en pleine nuit. Un enchevêtrement de petites ruelles désertées, dégueulasses, glauques !!! Juste quelques chiens errants, quelques rats… de quoi se demander qu’est-ce qu’on fout là !!!! Jérôme grommelle toujours : « Ben c’est ça l’Inde ??? Super, demain je rentre à Paris ».

Arrivés à la Yogi, la grille est fermée. Nous tambourinons, le type nous ouvre. On lui dit qu’on a réservé une chambre, il nous dit que c’est complet, qu’il n’a pas de réservation !!! Que son patron a sûrement reloué la chambre ne nous voyant pas arriver !!!

Le chauffeur nous propose alors ses hôtels où il touchera sa commission. On n’a pas trop le choix non ??? Arrivés devant un gros portail de fer, il tambourine…rien ! Il tambourine un peu plus fort, on entend un grommèlement mais personne ne vient ouvrir. Il gueule, on entend gueuler de l’autre côté. Le chauffeur nous dit qu’il est aux toilettes. Ça commence bien !!! Un type d’une quarantaine d’années finit par nous ouvrir, en pagne, bayant et se frottant les yeux !!!

« Namaste. Do you have a room ????

– Yeeeeeeeeesssssssssssssss.

– Ok good and what’s your price ???

– What… do you wannnnnnt ???

( le chauffeur nous avait dit 250 rps)

– 200 rps ???

– okéééééééééééé. (il baye toujours) »

Il nous montre la chambre. Pas de fenêtres, ça pue le moisi, le renfermé !!! Il nous dit que demain il nous donnera une autre chambre. Ok, ok it’s good !!!

Au moment de remplir le livre de passage, c’est à mourir de rire. Il est vraiment dans le coltard !!!! Il commence par prendre le passeport de Jérôme à l’envers mais il met deux bonnes minutes à comprendre !! Trois bonnes minutes à trouver la bonne page. Il baye, s’étire, laisse sortir quelques grattements de gorge et finit par noter : MR Marcal. Il a fallu qu’il aille chercher son deuxième prénom qui de plus est Marcel et non Marcal, écrit en tout petit après son nom et son prénom écrit en gros. Il passe dix minutes sur la ligne de Jérôme. Et un quart d’heure sur la mienne !!! Un moustique lui tourne autour, il se fout des baignes mais le rate à chaque fois !!! Il est vraiment trop drôle ce gars-là !!! Je l’adore déjà !!!! Je suis en train de signer quand il m’éclate la main sur son cahier !!! Cette fois il l’a eu !!! « Thank you for mosquito !!! » Il est 6h passé quand nous nous couchons !!! Belle entrée en matière, bienvenue en Inde

09/12/2008 – Varanasi – Inde.

A midi, nous sommes levés !!!! Il faut qu’on mange !! Il faut que je montre à Jérôme que le décor d’hier soir a disparu et a laissé place à une symphonie de couleurs !! L’hôtel nous fournit un plan mais nous comprenons bien vite qu’il est inutilisable, celui de nôtre lonely planet aussi !! Comment faire un plan de cet enchevêtrement de petites ruelles ??? Et même si on y arrivait, comment le suivre ??? Nous sommes constamment sollicités, à droite par un rabatteur, à gauche par une petite meute de chiens galeux, devant par la vache à éviter, derrière par le rickshaw qui nous fonce droit dessus en klaxonnant !!! Nous ne contrôlons pas nôtre marche, on se laisse emporter, guider par la cohue, pour déboucher sur une nouvelle ruelle, qui débouchera sur une autre et ainsi de suite. Jusqu’à s’arrêter, sortir la boussole et reprendre nôtre cap, l’est, direction le Gange et ses ghats. Ça pue !!! Mais ça pue !!! L’urine, la merde, la charogne, je ne trouve pas les odeurs d’épices, d’encens, que je m’imaginais trouver, rien de tout ça, c’est juste immonde !!! Ça me colle la gerbe !!! Le sol est inondé de merdes de vaches, de pelures de légumes, de déchets en tout genre mais ce qui nous interpelle le plus ce sont les viscères, les têtes de chèvres, les restes d’animaux qui gisent tous les deux ou trois mètres !!! Et avec la chaleur…je vous laisse imaginer l’odeur ! Nous apprendrons plus tard que c’était un jour de sacrifice.

Nous n’arrivons pas à trouver un restaurant, il y a bien des pancartes peintes sur les murs mais nous ne les trouvons pas !!! Il y a quelques vendeurs ambulants mais là c’est pas possible !!! Quand on voit dans quoi ils cuisinent… Nous sommes vraiment faibles, pris de vertiges, de nausées, c’est difficile. Nous finissons par trouver un petit resto à côté d’un cyber. Le gars me conseille un Chicken butter massala. Pas de problème, donne moi ce que tu veux !!! On veut juste manger !!! Jérôme prend la même chose. La panse pleine, nous filons au cyber, rassurer les mamans qui s’inquiètent à chaque nouveau déplacement !! Fini pour aujourd’hui, on rentre à l’hôtel, on veut dormir !!!

11/12/2008 – Varanasi – Inde.

Après une arrivée difficile, nous avons eu vite fait de se laisser ensorceler par la magie indienne !!!! Nos pas s’enchainent avec automatisme, enjambant naturellement les bouses, les tas d’ordures !!! Les viscères ont disparu, l’odeur de charogne aussi. Nous arrivons à laisser nôtre regard se poser tranquillement sur la beauté d’un sari en soie brodé de fils d’or, sur un étal d’épices, sur un vendeur préparant du chaï, sur les trésors architecturaux qui se dissimulent un peu partout, héritage des colonisateurs, ou folie de quelques maharajas !!! Nous arrivons même à nous délecter de la cuisine de rue qui nous répugnait un jour plus tôt.

Mais comment vous faire voir tout ça ?? Comment vous faire sentir toutes ces odeurs ??? Comment arriver à vous faire saliver ??? C’est juste indescriptible !!!

Quand Lucille est revenue de son voyage en Inde, elle m’a tout longuement décrit. En regardant ses petits yeux émerveillés, j’imaginais beaucoup de chose, mais pas ça !!! J’étais tellement loin de ce qui se passe ici !!!

Et quelle ferveur !!! Ça nous saute à la gueule !!

Chez les hindous, la religion est la priorité dans tous les foyers, peu importe la caste, peu importe la richesse, dans tous les cœurs, on pense karma, samsara et moksha. Tout est régie par des codes, le dharma. Les premières et les dernières heures de la journée sont réservées aux pujas, sortes de prières. Chaque jour est dédié à un dieu mais libre à soi d’idolâtrer l’un ou l’autre en particulier.

Varanasi est la cité de Shiva, l’un des trois dieux les plus importants de l’hindouisme. Bénarès, rebaptisée Varanasi, venant du Varana et de l’Asi qui se rejoignent ici dans le Gange, est donc l’un des lieux les plus sacré de l’Inde. Les pèlerins sont nombreux. On les voit à longueur de journée plonger dans les eaux du Gange pour se laver de leurs péchés, ou pratiquer leurs pujas, en jetant colliers de fleurs et poudres colorées dans le Gange et récitant inlassablement leurs prières. Encore plus nombreux, les personnes âgées, qui souhaitent pousser ici leur dernier soupir. Mourir ici permet d’atteindre le moksha et ainsi mettre un terme au cycle des réincarnations.

Nous ne pouvons qu’être touchés par autant de ferveur !!!

Temple à Varanasi en Inde.

 

12/12/2008 – Varanasi – Inde.

Ce matin, nous nous levons à 5h, pour faire une ballade le long des ghats en bateau. Un épais brouillard nappe le Gange, des dizaines de femmes en saris s’immergent dans les eaux polluées, faisant leurs pujas, jetant les fleurs, les poudres et de la nourriture en offrande à mère Ganga. Les hommes nus se savonnent, tout en buvant cette eau sacrée. Des sâdhus prient, assis en position du lotus. On fait tinter des clochettes, l’encens se mélange au brouillard. Des dizaines de petites bougies flottent à la surface de l’eau. Sitars, tablas, cymbales accompagnent les rituels. L’ambiance est des plus mystique, irréelle. Nous sommes une nouvelle fois frappés par toute cette ferveur, par autant de manifestations. Nous nous prenons même à faire une offrande à mère Ganga. Quand je laisse glisser la bougie sur l’eau je pense à mes proches, je prie pour leur bonheur.

Nous nous rapprochons des ghats de crémations, une dizaines de feux sont en train de libérer les âmes de leurs enveloppes, vers la délivrance du moksha. J’ai envie de dire à nôtre batelier de ne pas trop s’approcher mais je n’y arrive pas. Pour lui, ça fait parti du circuit touristique, mais je n’ai pas trop envie de revoir ça. On se rapproche malgré tout jusqu’à une dizaine de mètres des buchers, la fumée nous enrobe, j’ai des nausées, pourtant ça ne sent pas vraiment mauvais… une odeur de bois brûlé et de grillades… Quand il se décide enfin à partir de cet endroit qui me met si mal à l’aise, nôtre regard se pose sur ce qu’il aurait préféré ne jamais voir !!! Nous passons à deux mètres d’un corps à moitié carbonisé dérivant sur le fleuve… nôtre batelier le regarde à peine, rien de choquant pour lui !!

Il flotte tranquillement, à quelques mètres des baigneurs qui se purifient dans cette eau dégueulasse !!!! Comment peut-on être autant aveuglé ???? Je respecte la religion mais là c’est trop !!! Ça ne les gène absolument pas de se baigner dans du jus de cadavre ??? Ils mettent leur santé en danger et ils croient se purifier ?? De plus, treize bouches d’égouts déversent en continue les excréments de près de deux millions de personnes. Et on les laisse se baigner, boire cette lotion fécale, ce bouillon de culture parce que c’est la tradition ???

Pujas, Varanasi, Inde.

Ballade matinale sur le Gange à Varanasi en Inde.

Un réveil sur le Gange à Varanasi en Inde.

Puja à Varanasi en Inde.

Offrande au Gange à Varanasi.

Le réveil de Varanasi en Inde.

Ballade sur le Gange à Varanasi.

Sur le gange à Varanasi.

 

Nous sommes dépassés !!! Nous n’arrivons plus à penser, nôtre cerveau n’arrive plus à digérer tout ce que nous voyons. Nous sommes épuisés, lessivés, alors que la journée commence à peine !!! Nous rentrons à l’hôtel.

Malgré sa vétusté, malgré sa tenue qui laisse à désirer, malgré les nombreux rats que nous avons pour colocataires, nous nous y sentons extrêmement bien, c’est nôtre havre de paix !!! En Inde, les femmes ne travaillent pas, ou rarement, c’est donc une petite dizaine d’hommes que nous avons à nôtre service. Il y a le boss avec qui on a fait connaissance la nuit de nôtre arrivée, il aurait eu sa place dans le casting de « La cage aux folles ». Il y a Dani, avec qui on a beaucoup d’échanges, qui nous parle sans tabou et avec humour de sa société. Et… les deux cuisiniers !!! Qui sont juste à mourir de rire !!! Quand ils nous font répéter plus de dix fois nôtre commande, pour finir par revenir un quart d’heure après pour nous demander qu’est-ce qu’un « grilled chicken », comment ça se cuisine et quelle quantité de poulet ils doivent mettre. Ou quand ils essaient d’ouvrir un pot de confiture contre un petit muret au risque de le faire éclater… Jérôme leur montre alors, que le couvercle se dévisse, les laissant fascinés devant cette découverte. Ou alors quand il reste à côté de nous après avoir apporté le plat, nous regardant manger jusqu’à la dernière miette pour s’assurer qu’ils sont des cuisiniers hors pair !!

 

Notre cuisinier !

 

Une fois dans nôtre chambre, nous ne sommes pas à l’abris de quelques curiosités, on vient frapper à nôtre porte tantôt pour nous demander d’aider à réparer un robinet, tantôt pour nous demander une bouteille d’eau vide ou des fois juste pour nous demander si tout va bien. Ils sont vraiment trop drôles ces indiens !!! Mais le plus drôle de tous, nous l’avons rencontré sur un des ghats les plus fréquentés par les touristes. Un rabatteur !!! Il nous montre sa carte comme tous les rabatteurs le font. Je passe devant sans regarder mais Jérôme m’arrête : « t’as vu ce qu’il y a marqué ?? » Au stylo bille, au dos de sa carte, en français : « Boutique de merde, qualité de merde, prix de connards ». L’appat a attrapé le poisson, nous rigolons !!! Il nous répète, toujours en français :

« -Tu veux pas v’nir dans ma boutique de merde, j’vend d’la qualité de merde et après j’te fais un prix d’connard ?? Où habitez vous en France ??

– Sud Ouest. Région d’connards !!! »

Il nous aura bien fait rire celui-là , au moins il a réussi a attirer nôtre attention, pas con le gars malgré ses prix d’connard !!!

L’Inde nous a touchés comme nous l’attendions, fascinante, fatigante, épuisante et « chiassante » !!!

13/12/2008 – Varanasi – Inde.

Je ne vais pas vous raconter cette journée qui se résume à mes allers et venues aux chiottes de la guest !!! Je suis épuisée, vidée, blanche, translucide, frissonnante, résonnante !! Et jalouse !!! Jalouse de voir Jérôme qui pète le feu !! Il n’arrête pas de me dire :  « Je boufferais l’Inde aujourd’hui !!! Tu veux pas sortir ???

– De suite !!! » et je file aux toilettes !!! Je lui dis d’aller se balader mais c’est un gentleman… hum… hum… tu parles il se chie dessus de sortir sans sa chérie !!! Si !!! Pour manger quand même !!! Pour ça, rien ne peut l’arrêter !!! Nous fêtons donc nos 4 mois de voyage, dans nôtre chambre miteuse de nôtre Guest joyeuse mais comme la vue est belle !!!

Les toits de Varanasi.

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À PROPOS : Nous avons eu la chance de réaliser ce fabuleux périple il y a plus de 10 ans. Nous sommes partis mon compagnon et moi durant une année sur les routes asiatiques sans savoir ce que le voyage allait faire de nous. Aujourd’hui, nous savons ! Des Bourgeons sur le Bitume n’aurait certainement pas éclot sans cette intense et déroutante parenthèse. Il était évident pour moi de partager cela avec vous tant cela fait parti de notre ADN.
Je ne fais qu’un copier/coller du blog que j’avais ouvert à cette occasion, sans rien changer même si des fois, je vous l’avoue, je préférerais partager ce périple avec les 10 années de recul que j’ai aujourd’hui mais ce ne serait pas la réalité. Pour le petit scoop, même si nous ne savons pas de quoi la vie est faite, nous prévoyons de remettre le couvert ! Nous sommes partis il y a 10 ans, le jour des 30 ans de Jérôme, nous partirons donc le jour de mes 40 ans ! 

 

 

Road Book Tour d’Asie 2008-2009 / part 12 / Tour des Annapurnas, la suite – Népal.

Le 19/11/2008. Humde-Manang. 8km. 3540m. 2h de marche.

J’ouvre la porte de la chambre, il neige !!! On ne voit pas bien loin !!! En France j’aurais gueulé comme une gosse et me serais jetée dedans !!! Là, je referme la porte et dis :  « Et merde !!! T’as des raquettes dans ton sac ??? »

Au petit déj, nous sommes en compagnie de trois slovaques victimes du mal des montagnes. Ils attendent un petit avion pour les ramener à Pokhara. Ça a commencé à Manang, léger mal de tête, arrivés à Yack karta, demi tour illico presto !!! On redescend !!! Ils nous racontent tous les détails, les nausées, les difficultés pour dormir, le risque d’œdème pulmonaire !!! Sans trop comprendre pourquoi, ils se mettent à nous parler d’avalanches, de glissements de terrain… Non mais ça va ?? Vous n’avez pas un avion à prendre ??? Bizarrement, j’ai une petite boule dans le ventre !!! Malgré le temps, malgré toutes leurs histoires, nous décollons. Manang n’est qu’à deux heures de marche. Nous verrons bien là bas !!! Nous irons voir Kasi pour qu’il nous donne ses conseils sur la météo !!! Sur la route, le soleil apparait. Se mélangeant à la neige, à la brume, il nous offre un fabuleux jeu de lumières. On mitraille dans tous les sens, immortaliser ce moment magique, surréaliste, mystique !!! Malheureusement, nôtre petit compact ne fait pas le poids !!! Qu’on garde ces images à jamais dans nôtre tête !!

Départ sous la neige dans l'Himalaya.

 

Le vent se lève et chasse un à un ces vilains nuages !! Un à un les géants apparaissent. Sur nôtre gauche, l’Annapurna II (7937m), l’Annapurna IV (7525m), l’Annapurna III (7555m) et le Gangapurna  (7454m) !! Ils nous font une haie d’honneur, nous ouvrent la route, nous souhaitent la bienvenue, tout en ne manquant pas de nous intimider. « Bonjour monsieur… namaste sir… enchantés de baiser vos pieds !!! » Nous tournons sur nous même, étourdis par la grandeur et la complexité du lieu !! Nous sommes des gosses qui s’émerveillent devant quelques cailloux !!! Mais quels cailloux !!!! Le vent s’accroche aux cimes enneigées et soulève d’un souffle léger la neige, le soleil irradie les glaciers laissant apparaitre leurs crevasses, leurs blocs de glace suspendus. Il n’y a pas de mots assez grand, assez beau pour décrire cette vision !! Le seul mot qui sort en crescendo de nos bouches :  « Wouahhhh !!! »

La brume se lève sur l'Himalaya.

Bientôt arrivés à Manang, Annapurnas, Népal.

 

Manang aussi pointe le bout de son nez, capitale du district, gros village suspendu sur un versant. En tête à tête avec les géants !!! Les habitants de Manang, les Manangis, sont composés en partie de lamas venant du Tibet, du Mustang et du Dolpo apportant une ferveur facilement palpable !!! De nombreux Gompas et monastères sont érigés ici. Les moulins à prières nous accueillent. Je les fait tourner de toutes mes forces, de tout mon cœur, avec ferveur, pour exprimer ma joie et mon contentement !!! Nous passons la porte : « Welcome to Manang ». Mes yeux s’humidifient, nous sommes le 19 novembre, nous avons parcouru 90km !!! 90 km dans l’Himalaya et nous avons atteint nôtre premier objectif !!! S’il y a quelques mois on m’avait dit : « Tu vas faire le tour du monde ! » j’y aurais évidemment cru sans problèmes. Mais si on m’avait dit : « Tu vas partir à pieds dans l’Himalaya, tu vas grimper à plus de 3500 m d’altitude !!! » j’aurai bien ri !!! La dernière rando que nous avons faite avec Jérôme a été un véritable fiasco !!! Nous sommes arrivés au Lac de Bious Artigues, à la mi-mai en tee-shirts et débardeurs, avec pour nous couvrir un petit pull de printemps. Nous avons peut être grimpé 20 mètres avant de nous apercevoir qu’il faisait bien trop froid, qu’il était juste impossible de bivouaquer, que nous allions mourir de froid !!! Nous sommes redescendus et sommes partis en Espagne jusqu’à San Sebastian et nous avons mangé des tapas !!! Aujourd’hui nous avons fait quelque chose que nous nous croyions incapable de faire !!! Et j’en suis fière !!! Maintenant, le prochain objectif, le Thorung La pass et ses 5416m d’altitude, plus haut col du monde !!! En espérant que nos nouveaux corps d’athlètes produiront assez de globules rouges !!!

 

En attendant nous devons trouver un lit !!! Nous avons essuyé plusieurs refus : « Full  !!! » Nous trouvons une chambre dans un grand hôtel de luxe, enfin luxe… juste le prix quoi !!! L’accueil est business, rien à voir avec ce que nous avons eu jusqu’à présent !!! Nous devons rester deux jours pour nous acclimater, il est juste inimaginable de passer plus d’une nuit ici !! Nous trouvons vite nôtre bonheur, une toute petite lodge, juste deux chambres et comme par magie, une se libère demain !!! Nous la bookons !!! En attendant demain, nous y passons pratiquement toute la journée !!! Les prix sont justes dérisoires à côté des autres hôtels, trois fois moins chers !!! Mais c’est surtout la convivialité qui règne ici qui nous séduit !!! C’est une petite maison sur deux étages. Au rez-de -chaussez, la salle commune, une pièce ouverte qui ressemble à un écurie, sans chevaux et sans crottins !!! Trois tables et le fourneau !!! Au mur, tous les ustensiles nécessaires, marmites, poêles, casseroles !! Des pots, plein de pots : riz, lentilles, farines, café… Des bancs sont installés autour du fourneau, invitant à s’y installer. En principe au Népal ou en Inde les cuisines sont un lieu privé et fermé où il est difficile de rentrer. Ici, c’est tout le contraire, on gravite autour du fourneau, Muriel sait combien j’adore les cuisines !!! À l’étage, deux chambres !!!
À l’heure du dîner, nous sommes dix-neuf autour du fourneau ! Il y a un joyeux groupe de six espagnols, quatre texans, deux autrichiens, cinq népalais et nous. Un des vieux américains prend sa guitare, et l’écurie se transforme en saloon. Tout le monde se met à hocher la tête, à taper du pied en rythme, on se mélange, on ne fait plus qu’un ! La musique, un langage international !!! Les casseroles aussi chantent sur le fourneau, le feu crépite, les odeurs de bois brûlé, de curry, de graisse de yack rance et derrière la vitre le soleil se couche sur le Gangapurna !! On ne peut qu’avoir le sourire en haut des oreilles !!!

Vue sur le glacier.

Vue splendide sur le Gangapurna.

Coucher de soleil sur le Gangapurna.

Le 20/11/2008. Manang. Alt 3540 m.

Nous avons eu vite fait de déguerpir de nôtre business lodge !!! A 8h, nous étions déjà autour d’un bon café à nôtre lodge d’amour !!! Je me réchauffe un peu autour du fourneau avant de m’attaquer à la lessive, le calvaire !!! Le bac dehors est gelé, il faut que je casse le monticule de glace qui s’est établi au fond du bac pendant la nuit !!! Le petit filet d’eau est glacial et j’ai tellement de choses à laver !!! Brrrrrrrr… La douche, nous avons presque oublié ce que c’est !!! Ma tignasse d’ordinaire si dense ne se décolle pas, j’ai beau agiter ma tête rien ne bouge !!! Nous avons quand même quelques lingettes mais elles ont séché, pas très pratique !!! Enfin bref, tout ça pour dire que nous commençons à sentir le yack !!! Les pieds de Jérôme… le yack crevé !!! Heureusement que le froid stoppe les odeurs !!!
Après la lessive, nous partons faire nôtre ballade d’acclimatation.

Notre lodge d'amour à Manang.

Petit déjeuner à Manang, Annapurnas.

 

Objectif, monter à 4000 m et redescendre. Il y a beaucoup de places à visiter, mais nous n’avons qu’une journée !!! Nous avons choisi le glacier, on n’en caresse pas tous les jours des trucs comme ça !!! De l’hôtel ça parait énorme !!!! Il faut d’abord monter sur la moraine, puis grimper, grimper jusqu’à l’épuisement !!! Nous attaquons la moraine, à tous petits pas, slowly, slowly !!! Ça marche, même pas essoufflés !!! Il y a un petit lac au pied du glacier, turquoise !!! Un bain de stroumphs !!! Une série de lacets, on grimpe tranquillement. Nous arrivons à Chongkor, 3800m et toujours pas essoufflés !!! Pas de marteau dans la tête !!! Pas de muscles qui tirent !! Bizarre !!! Peut-être que la soupe à l’ail d’hier a fait son effet ??? La vue est superbe, nous dominons toute la vallée du Nyeshang !! Le glacier est si près !!! Des bruyères roses parsèment le sol. Quelques cours d’eau sont gelés. Il fait un temps magnifique !! On se prendrait presque pour les rois du monde si le vent ne nous rappelait pas que nous ne sommes pas grand-chose dans cette immensité !!! Qu’en quelques secondes il peut nous balayer et nous expédier dans le glacier !!! A cette altitude, chaque pas est une victoire en soi !!! Nous continuons à grimper, 4000m, benh voilà c’est fait, nous y sommes !!! Même pas essoufflés !!!
« Franchement, Papy t’aurais pu venir avec nous !!! C’est pas plus dur que le tour du Minihic !!! Ça prend un peu plus de temps et ça demande juste une bonne boîte de SMECTA !!! »
De retour à la lodge, nous faisons la connaissance de Greg et Nico, deux français et sportifs de surcroit !!! Après la région de l’Everest, ils s’attaquent aux Annapurnas !!! Le tout en un mois !!! J’aime ce qu’ils dégagent, l’amitié !!! Une belle amitié !!! Ils sont complètement différents mais en osmose !!! Copains de classes, compagnons de route !!!

21/11/2008. Yack Karta. Alt 4080m. 9Km. 4h30 de marche.

Difficile d’écrire avec une paire de gants !!! Il fait de plus en plus froid !! Et nous devons encore monter de 1350 m !!! Je n’ose pas penser au froid qu’il va faire là haut !!! Il n’y a plus d’arbres pour faire obstacle au vent !! Tout gèle sur son passage, le verglas est jusque dans les chiottes !! Nous empilons les couches, il ne nous en reste plus qu’une de côté, gardée bien au sec pour l’assaut final !!! Nous sommes sur la dernière ligne droite !! Rien ne peut nous retenir, il ne nous reste plus qu’à espérer de tout cœur que nous ne serons pas pris par ce mal des montagnes !!! Depuis le début du trek nous n’avons pas rencontré grand monde sur la route, pas de groupes de trekkeurs, nous nous croyons seuls au monde !!! Mais aujourd’hui il y a foule sur le sentier !!! Tout le monde avance à petits pas, on se suit, on se dépasse, on s’encourage !!! Quand nous nous arrêtons au dessus de Yack Karta pour passer la nuit, tout le monde continue !!! Mais ils vont où ??? Ils sont pas fous !!! Le gars de la lodge nous rassure, en nous disant que beaucoup se sont arrêtés au début du village, dans une grande lodge très connue. Ahhhh bon ça va, nous ne serons pas seuls demain sur le sentier !!!

Nous sommes les seuls touristes ce soir près du feu !!!

22/11/2008. Yack Karta-Thorung Phedi. Alt 4540m. 6km. 2h30 de marche.

-1 à la montre de Jérôme ce matin au réveil, pourtant la bâtisse paraissait bien isolée !!! Tout est gelé, heureusement que nous avions mis nos gourdes à l’abris !! Le petit tour aux toilettes est une vraie performance digne de Surya Bonali !!! De quoi se réveiller !!

La route est courte mais magnifique, épurée, gelée, figée !!! Quelques oiseaux apportent un peu de mouvement !! Nous progressons lentement mais sûrement, longeant le petit filet en contre-bas de la Thorung khola. Nous avançons à flancs de montagnes, laissant derrière nous les Annapurnas que nous contournons. Nous nous rapprochons du pass, l’heure approche, les interrogations fusent en silence dans nos têtes. Allons-nous y arriver ?? Devons-nous rallier un groupe ?? Où dormons nous, Thorung Phedi ou High Camp ??? Dans le dernier mail des parents de Jérôme, sa maman nous disait qu’elle espérait que nous avions un bon guide. Nous n’avons pas de guide officiel mais nous avons sympathisé avec plusieurs. Ils nous connaissent, nous conseillent, nous renseignent !!! Mais le problème c’est que nous avons trop de conseils !!! Et tous sont différents !!! Certains nous disent : « Ne dormez surtout pas à High Camp, il ne faut pas dormir si haut, vous allez avoir trop froid et le mal des montagnes risque de s’installer !!! Dormez à Thorung Phedi». D’autres : « Ne dormez pas à Thorung Phedi, ça fait trop de dénivelé dans la journée !!! Il faudra partir dans la nuit, c’est trop dur !! Dormez à High Camp !! » Benh, on fait quoi alors ???? C’est en croisant un jeune et gaillard occidental que nous nous décidons !!! Nous le croisons affalé sur une mule, livide, il est conscient mais c’est limite !!! Un local le rapatrie sur Manang. En arrivant à Thorung Phedi, on nous apprend qu’il a dormi à High Camp et que ça lui a pris dans la nuit. Il s’est mis à se vider, à tituber, obligé de le descendre le plus rapidement possible à Thorung Phedi. Ils s’y sont mis à quatre pour le porter à la lueur de la torche, 400m de dénivelé en pleine nuit !!! A l’aube, direction Manang. Il lui faudra sûrement de l’oxygène vu dans quel état on l’a croisé !! Il y a sûrement des dizaines de personnes qui ont dormi hier soir à High Camp et la plupart doivent se sentir en pleine forme mais nous préférons ne prendre aucun risque. Nous dormons à Thorung Phedi !!! Mais nous montons quand même à High Camp, histoire de faciliter le processus d’acclimatation et de repérer la route en plein jour !!! Nous laissons les sacs, et partons avec 4 litres d’eau et la pharmacie. Les 400 mètres de dénivelé sont une horreur, nous mettons plus d’une heure pour arriver au High Camp alors qu’on nous avait dit que trois quart d’heure suffiraient !!! T’as gagné !!! Jérôme voit noir : « Il faut que je remonte tout ça demain avec le sac ??? » Et oui mon cocoq, t’as signé pour en chier !!! Arrivés au High Camp nous sommes à 4850 m d’altitude, nous avons dépassé le Mont Blanc !!! La vue est à la hauteur de nos efforts !!! Grandiose !!!

23/11/2008. LE GRAND JOUR.

Thorung Phedi-Thorung La Pass. Alt 5416m. 6Km. 6h de montée.

Réveil 3h30 ! On ne se parle pas beaucoup ce matin !!! Il n’y a rien à dire, juste à faire !! On avale nôtre bol de tsampa, nôtre café, fumons nôtre petite clope ! Et c’est parti pour l’assaut final !!! Le grand test ! Sommes- nous devenus sportifs en 10 jours ??? Avons-nous assez de globules rouges ???

Sans guide, sans porteur, nous partons, nous et nos frontales !!! Point positif, on connait le chemin !!! Point négatif, on connait le chemin !!! Les étoiles sont au rendez-vous, comme un encouragement !!! Il y a même Orion, ma constellation fétiche !!! Quand nous étions petites avec mes deux amies d’enfance, Marie et Hélène, nous nous imaginions vivre sur ses étoiles, nous avions chacune la nôtre comme maison et nous nous étions promis que comme ça nous pourrions toujours penser l’une à l’autre malgré la distance qui peut parfois séparer des amies !!! Alors cette nuit, je pense à elles !!! Je pense à nos virées à la Malaisse, je pense à nos expéditions sur les collines du village, je pense à nos rêves de gamines !! Et j’aimerais tant qu’elles soient là pour cette si jolie expédition, réunies comme à cet âge où tout nous parait si simple !!! On la monterait sûrement en courant, en riant cette foutue montée !!! On serait tellement heureuse d’être si près des étoiles !!!

Elles ont dû le sentir que nous avions besoin d’elles !!! Elles ont dû nous envoyer toute leur énergie !!! Nous montons avec légèreté, poussés par des ailes imaginaires. Arrivés au High Camp, nous n’en revenons pas !!! C’est si facile que ça de grimper à 5000m d’altitude ????

-10°C, c’est que ça frise par là !!! Sandro, nôtre ami Suisse adepte de la haute montagne nous avait dit avant nôtre départ : « Si t’as mal, c’est que ça va !!! » j’ai les orteils dans un étau, j’ai plus que mal, j’ai horriblement mal !!! Mais si Sandro le dit…

Nous allons quand même nous réchauffer autour d’un thé à l’intérieur. Nous retrouvons Greg et Nico, les deux sportifs rencontrés à Manang. Nous retrouvons donc leur sympathique présence, leurs encouragements, leurs derniers conseils avant l’assaut final !!! Et surtout leur bonne humeur matinale !!! Ça fait du bien. À cette altitude, les trekkeurs deviennent maussades, inquiets et nerveux… ça fait donc du bien de rencontrer des personnes comme ça, qui nous rappellent qu’on n’est pas là uniquement pour en chier mais aussi pour prendre du plaisir !!! Que tout n’est qu’une histoire d’état d’esprit !!!

L’aube se lève sur l’Himalaya quand nous reprenons la route. Les montagnes jouent en clair-obscur. Les formes se dessinent, les ombres s’amusent dans une douce lumière diffuse. Jusqu’à devenir saillantes, indomptables, charismatiques !!! Au fur et à mesure que le soleil se lève, nôtre pas se ralentit et nous étouffe. C’est dur ! A pas de fourmis, nous luttons, cherchant l’oxygène, économisant l’effort. L’altimètre de Jérôme ne va pas assez vite à mon goût !!! Quand j’ai l’impression d’avoir grimpé 100 mètres, il en indique 10 !!! Il a un problème cet altimètre, c’est bien la peine d’avoir dépensé autant d’argent dans un truc de merde !!! Jérôme commence à en baver sévère !!! Je l’assomme de questions :

«- La tête ça va ?

– Oui.

– T’as pas d’étourdissements ?

– Non !

– T’as pas envie de vomir ?

– Non ! Tu vas me poser des questions pendant longtemps ?

– Non, mais j’ai soif, on fait une pause ? T’as combien à ton altimètre ? »

Je crois que je suis vraiment une plaie mais comme dirait Sandrine : tu t’en aperçois c’est déjà pas mal !!!

Je serais à la place de Jérôme, ça ferait longtemps que je me serais jetée dans le ravin pour avoir la paix !!! Mais c’est un gentleman !!!

En route pour le Thorong La Pass.

Notre ascension vers le Thorong La Pass.

 

Dans nos gourdes, l’eau se met à geler !! Jérôme me dit qu’il a la nausée. Je lui réponds que nous sommes bientôt arrivés, que ça va passer !!! Je ne lui montre pas mais en réalité je suis terrifiée !!! L’idée d’avoir pris un risque, l’idée de le perdre me terrifie !!! C’est que je l’aime mon barbu !!! Je diminue les pauses, maintenant il faut y aller, il faut passer ce putain de col et redescendre avant que le mal ne gagne du terrain !!! Comme par magie, c’est à ce moment là que nous voyons les premiers drapeaux à prières claquer au vent. Il est là, à deux pas ! On va le faire ! On l’a fait !!! On y est !!!! On est au Thorung La Pass, on est à 5416m d’altitude !!! Au milieu des géants, on est des géants !! Bizarrement, il n’y a rien de plus qu’ailleurs, juste un petit panneau !!! Je suis en train de discuter avec un porteur, quand Jérôme se met à genoux et m’offre le plus romantique des moments !! Une demande en mariage !!! Ça doit en surprendre plus d’un mais je vous assure il a fait ça !!! Il m’a fait princesse de conte de fée à 5416 m d’altitude !!! Bien sûr, je lui ai répondu non !!! Il fallait bien que je lui fasse une petite blague, que je le taquine un peu !!!! Bien sûr que je veux devenir ta femme mon chéri, mais à la tradition népalaise !!! Malheureusement, nous ne pouvons pas roucouler à cette altitude, il faut redescendre, la route est longue !!!

Demande en mariage dans l'Himalaya.

 

Thorong La Pass – Alt 5416m – Muktinath. Alt 3800m. 11km. 4h de descente.

Le début de la descente est appréciable , nous retrouvons petit à petit nôtre souffle !!! Devant nous une immense vallée, nous allons tout en bas !!! Nous allons au Mustang !!! Au bas Mustang mais au Mustang quand même !!! Nous pensions que la descente serait facile… A tort !!! 1600 m de descente, ça use les souliers !!! Surtout quand on est obligé malgré nous de faire quelques acrobaties !!! Mais quelle vue, la plus belle à mes yeux depuis le début du voyage !!! La vallée est vraiment magnifique d’une profondeur hallucinante… et quelle lumière !!! Nouveau bijou de la tectonique des plaques !! En toile de fond toujours les cimes enneigées. Mais des inconnues, nous faisons connaissance. Nous découvrons pour la première fois le Dhaulagiri (8167m), un autre des 14 géants de plus de 8000 m, au plaisir de vous connaître !!! Après dix heures de marche, nous arrivons exténués à Muktinath, haut lieu de pèlerinage né des sources qui jaillissent ici et des émissions de gaz naturel qui entretiennent la célèbre flamme de Muktinath. Eau-Terre-Feu sont réunis dans un même lieu. Nous sommes accueillis à coups de cymbales, à coups de gongs. Ces bonnes énergies ne tardent pas à nous convaincre, nous allons rester ici quelques jours !!!

Descente vers Muktinath

Vue superbe sur la chaine de l'Himalaya.

Arrivée dans le bas Mustang.

Arrivée à Muktinath, bas Mustang. Népal.

24/11/2008. Muktinath. 3800m. Journée de repos.

Nous nous levons à 9h !!!! En montagne, c’est comme se lever à 12h !!! Une nuit de 14h !!! Peut-être qu’on en avait besoin ??? Nous passons toute la matinée sur la terrasse, incapables de faire le moindre mouvement !!! Observant le mouvement des autres ! Le balai des allées et venues de Muktinath . Les chiens errants, marquant leur territoire. La cadence nonchalante des yacks. Le petit pêché mignon des buffles qui se goinfrent du moindre morceau de carton qui se trouve sur leur passage. Les trekkeurs qui arrivent exténués ou qui partent guillerets. Les gosses qui jouent fesses à l’air dans les flaques d’eau crasseuse, tel Mimi Cracra !!! Les femmes, lavant leurs saris poussiéreux à la fontaine du village. Les vendeuses tibétaines alpagant tous les North Face qui passent devant leur stand, en lançant des « Cheaper ! Cheaper ! » Les hommes assis sur quelques marches fumant et buvant leurs Chaï !!! On ne s’en lasse pas !!! Quand on veut un peu de repos, il suffit de lever la tête, le Dhaulagiri, les oiseaux qui virevoltent, les cîmes. Quand on veut un peu de rêve, le Haut Mustang, juste derrière la colline !!! « Promet moi mon ange, on reviendra ???? Hein ??? » C’est à 13h que nous sortons de nôtre léthargie, quand l’appel du ventre se fait sentir !!!! On ne peut pas vivre que d’amour et d’eau fraîche !!! Greg, Nico, Hilde et Jérôme nous rejoignent, ils sont dans le même état que nous, planants, fatigués mais heureux !!! Demain, nos chemins se séparent, nous organisons une petite soirée de départ !!!

25/11/2008. Muktinath.

La petite soirée d’hier était riche en éclat de rire, en discussions futiles ou intimes !!! Nous avons refait le monde, comme tout jeune de chez nous qui se respecte !!! Autour d’un verre d’alcool, les langues se délient et s’emballent !!! En voyage, les rencontres sont plus intenses parce que sûrement plus brèves !!! Comme dirait mon ami Peter : « C’est pas la quantité qui compte mais la qualité !!! » On se rencontre, on se connait à peine mais on se raconte, on se lit à livre ouvert !!! Ça fait du bien de retrouver des repères culturels et linguistiques, pas de barrières !!! On en profite !!! De ces rencontres de passage on devient vite amis, amis d’un jour ou peut-être amis pour toujours !!!! Toujours est-il que ce matin, à l’heure des adieux, il y a cette petite boule au ventre !!! On se promet de se revoir en France mais… qu’en sera-t-il ??? Nous quittons nos amis. Greg, ne te reconnecte pas à la planète Terre, tu es très bien où tu es. Nico, garde cette petite boule d’énergie, ta spontanéité et ton semblant d’innocence, on s’est bien compris là-dessus !!! Jérôme, Hilde vous êtes les bienvenus chez nous l’été prochain, mais n’oubliez pas le beurre de cacahuète !!! Avec nos amis, ce sont tous les trekkeurs de Muktinath qui s’en vont !!! Mais nous ne serons pas seuls bien longtemps, un autre flot arrivera du Thorung La cette après-midi !!!

La fatigue ne nous a pas quittés. Cette après midi, à part la lessive à grandes eaux, nous n’avons pas fait grand-chose !!! C’est râlant !!! Il y a tellement de choses à faire mais nous ne faisons rien !!! Des larves nous sommes !!!! Mais mon fiancé m’a promis, on reviendra au Mustang !!!

Coucher de soleil à Muktinath.
26/11/2008. Muktinath-Ghasa. Alt 2000m. 50km. 4h de marche. 3h de jeep.

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas !!! On le dit et c’est bien vrai !!! Hier j’étais victime du mal des montagnes, l’HACE !!! Mon symptôme : la dépression !!!! Oui, d’accord, il n’est pas encore répertorié mais ça ne saurait tarder !!! J’ai le mal des montagnes, des miennes, des Pyrénées !!! Sûrement un coup de fatigue mais les gens me manquent !!! Il fallait bien que ça arrive au bout de 3 mois et demi de voyage !!! Ma maman, et mes envies de lui faire pleins de bisous, de l’assommer de mes blablas, de faire sonner son téléphone en continue !!! Mon frangin qui prend lui aussi un grand tournant dans sa vie !!! Mimi et Bertrand les parents de Jérôme. Nico et ses niconites !!! Giorgio et ses taquineries !! Christel et nos longues discussions !!! Fofie et son magasin que je n’ai pas vu !!! Alors allez le voir pour moi, s’il vous plait !!! Et tous les autres, je ne peux pas énumérer tous les gens qui me manquent, il y en a bien trop !!! C’est sûrement dû aussi aux 30 mails que nous avons lus hier, tous ces messages de sympathie, continuez on ne s’en lasse pas !!! Bref, les jours se suivent et ne se ressemblent pas !!! Aujourd’hui c’est la grande forme, nous reprenons la route !!! On veut marcher, avaler les kilomètres grâce à nos jambes bien musclées !!! On est des sportifs ou bien ??? Nous démarrons à fond la caisse, nous courons presque sur le sentier, pas de pauses, même pas peur de la chute, on trace tout AZIMUT !!!! On arrive à Jomson en 4h, normalement il en faut 6 ou 7 !!! Oui je vous dis qu’on a presque couru !!! Nous prenons quand même le temps de nous arrêter pour manger !!! Une belle assiette de Momo et un Chowmein, les meilleurs qu’on ait mangés, au passage !!! Au moment de se relever… plus de jambes… plus rien… nôtre corps ne répond plus !!! Oups !!! On s’est pris pour des sportifs !!! Jérôme n’arrive pas à enchainer deux pas !!! Devant nous : « JEEP STAND », la tentation est trop grande !!! On se regarde, on regarde les jeeps, on se regarde… On y va ???…. Les loosers, ils y vont oui !!! On se donne des excuses : Jérôme dit :  « De toute manière mon objectif est passé !!! ». Je dis : « Marcher sur la route au milieu des Jeeps et des camions, non merci !!! »

On attend une petite demie heure avant que la jeep ne se remplisse. Au départ nous sommes 14 entassés à l’intérieur !!! « Et c’est parti pour le show et c’est parti tout l’monde est chaud !!!! » C’est agréable de pouvoir lever la tête, de regarder le paysage sans risquer de se casser la binette !!! Franchement on ne regrette rien !!! Trop de poussière sur cette route !!! C’est pas un trek ça !!! Il y a même des panneaux de circulation ! Je ne tarde pas à regretter la marche à pieds quand la piste devient dangereuse. Jérôme se marre, sûrement nerveusement !!! Heureusement, mon champ de vision est rétréci par les deux énormes mamas assises à côté de nous !!! Je ne vois pas la roue à deux centimètres du ravin !!! Je ferme les yeux et serre les dents quand j’en vois trop !!! Avec tous les arrêts que nous faisons, on fait du 10 à l’heure !!! Des gens continuent de s’entasser à l’intérieur, à l’extérieur, nous sommes jusqu’à vingt personnes dans le même véhicule !!! Et je suis sûre qu’on pourrait en mettre d’autres !!! Quand on arrive à Ghasa, qu’on nous dépose devant un hôtel, on se demande de quoi on souffre le plus !!! De la marche sportive de ce matin ou des 31 kms de jeep surbondée !!!

Les porteurs de l'Himalaya.Les paysages du bas Mustang.Merveilles du Mustang.

Beauté du Mustang.

Et au fond de la vallée, le Mustang !

27/11/2008. Ghasa-Phokara. Alt830m. 150km. 2h de marche. 8h de bus.

Dans nôtre tête, fini le sport !!! On rentre à la maison !!!

La route est interminable et frissonnante !!! Mais on rentre à la maison !!! La banana, la cantina… Ama, Khali, Cima, Zig, Sita… On a hâte de les retrouver !!!

Nous arrivons à la tombée de la nuit, nous croisons les doigts pour qu’il y ait une petite chambre de libre à la banana sans se faire trop d’illusions !!! C’est la meilleure lodge de Pokhara !!! En arrivant près de la Cantina, j’entends « La Quête » de Brel, il fallait que nous soyons accueillis par cette chanson !!! Krishna avait téléchargé les musiques de mon mp3 pour le resto il y a trois semaines. Quand il nous voit, son visage s’irradie, nous nous serrons dans les bras, ça y est nous sommes à la maison !!! Bien sûr il nous demande de nous asseoir !!! Non, non on va s’installer et on revient !!! Sur la route nous croisons Sita, son visage de marbre s’illumine : « Your trekking good ??? How many days you stay here ?? Sophie and Steeve have left Pokhara !! Welcome at home !!! » Quand on arrive à la Banana, c’est les « Ohhhh ohhhhh OHHHHH » d’Ama qui nous accueillent et le si joli sourire de Khali. Mais la fatidique phrase arrive « But, no room today !! Two boys frenchs coming, they go to India tomorrow !!! » Quoi !!!! Deux garçons qui partent en Inde et qui sont arrivés hier ???? Benh c’est pas Greg et Nico ??? Khali nous apporte le registre : Grégoire et Nicolas !!!! C’est bien eux !!! Il n’y a pas assez de lodges, de guests houses et d’hôtels à Pokhara pour qu’ils choisissent celle-là ???? Nous leurs laissons un petit mot sur la porte !!! « Rendez-vous à la Cantina, vous nous devez une bière pour nous avoir piqué nôtre chambre !!! C’est malin ! On dort où nous maintenant ??? »

On trouve finalement une chambre au Namaste lodge juste à côté !! Une douche et route pour la Cantina !!! Krishna nous donne les nouvelles, Sandro et Claire sont partis il y a deux jours !!! On s’est raté de peu !!! Sophie et Steeve en même temps que nous !!! Il est triste de tous ces départs !!! Nous lui parlons du mariage. « oui, oui je vous l’organise !!! Claire t’as laissé un petit cadeau pour l’occasion !! » Des bracelets et un petit mot trop touchant !!! Merci les Suisses, alors on n’a plus qu’à se marier ou bien !!!

Et Greg et Nico arrivèrent… et Khrishna déposa la bouteille de Rhum, la bouteille de Roxy ( vin local ) et nous commandâmes des bières !!!! Et ça picola et ça picola…et ça finit dans un bel état !!! Pitoyable jeunesse !!!

Lire les autres ROAD BOOK Tour d’Asie 2008-2009

À PROPOS : Nous avons eu la chance de réaliser ce fabuleux périple il y a plus de 10 ans. Nous sommes partis mon compagnon et moi durant une année sur les routes asiatiques sans savoir ce que le voyage allait faire de nous. Aujourd’hui, nous savons ! Des Bourgeons sur le Bitume n’aurait certainement pas éclot sans cette intense et déroutante parenthèse. Il était évident pour moi de partager cela avec vous tant cela fait parti de notre ADN.
Je ne fais qu’un copier/coller du blog que j’avais ouvert à cette occasion, sans rien changer même si des fois, je vous l’avoue, je préférerais partager ce périple avec les 10 années de recul que j’ai aujourd’hui mais ce ne serait pas la réalité. Pour le petit scoop, même si nous ne savons pas de quoi la vie est faite, nous prévoyons de remettre le couvert ! Nous sommes partis il y a 10 ans, le jour des 30 ans de Jérôme, nous partirons donc le jour de mes 40 ans ! 

Plantez des arbres avec Des Bourgeons sur le Bitume pour la journée internationale des forêts.

Des Bourgeons sur le Bitume plante des arbres pour la journée internationale des forêts.Bonjour mes petits Bourgeons,

Aujourd’hui c’est le printemps et demain c’est la Journée Internationale des Forêts ! Impossible pour Des Bourgeons sur le Bitume de ne pas participer à ce grand appel à Projet lancé par l’Organisation des Nations Unies ( ONU ). Les bijoux Des Bourgeons sur le Bitume se veulent éthiques, écologiques mais également engagés. (Pour en savoir plus sur ma démarche, c’est ici)

C’est pourquoi j’ai décidé de m’associer à Reforest’Action en permettant la plantation de 21 arbres. J’offrirai la plantation de ces arbres aux 21 premiers commentaires de cet article (je sais, je sais… je suis une nana trop cool !).

En effet, le thème de cette nouvelle édition de la Journée Internationale des Forêts est : Les forêts au service des villes durables.

Une mission parfaite pour Des Bourgeons sur le Bitume et je vous propose d’y participer avec moi !

Des Bourgeons sur le Bitume plante des arbres avec Reforest'Action.

Pourquoi Des Bourgeons sur le Bitume a décidé de planter 21 arbres avec Reforest’Action ?

La Journée Internationale des Forêts c’est le 21 Mars et ma fille fête ses 21 petits mois aujourd’hui. Des Bourgeons sur le Bitume est devenue une marque d’accessoires de mode éthiques et écologiques parce que je souhaitais donner du sens à mes actions, à ma vie mais surtout pour veiller à laisser à ma fille, à nos enfants, un environnement le plus sain possible entre leurs mains. Le nombre de 21 arbres est donc symbolique, c’est ma part du colibri.  Mais pour augmenter mon impact, j’ai décidé de nouer un partenariat avec Reforest’Action sur du long terme. D’ici quelques temps devrait fleurir sur ma boutique en ligne, la possibilité de compenser la livraison due à votre achat par la plantation d’un arbre.

Planter des arbres pour nos enfants.

Vous aussi participez à la reforestation avec Reforest’Action.

Je vous invite tous à participer avec moi à cette grande mission, nous allons faire ensemble une forêt ! Et même avec de petits moyens, l’impact sera fort.

La plantation d’un arbre vous coûtera à peine 3€ et vous permettra de compenser 1000 kms en voiture, de créer 2 abris pour animaux, de générer 4 mois d’oxygène et de créer 1 heure de travail ! Ah oui, quand même !

En plantant 21 arbres, j’ai compensé l’utilisation de ma voiture sur deux ans, créé 42 abris pour des animaux, généré 7 ans d’oxygène et créé 21 heures de travail. Vu comme cela, c’est quand même énorme, c’est un rapport Qualité / Vie / Prix considérable !

Il existe également des solutions pour les entreprises.

 

Planter des arbres avec Des Bourgeons sur le Bitume.

 

Alors vous êtes prêt à planter une forêt avec Des Bourgeons sur le Bitume ?

Vous souhaitez participer avec moi ?

  1. Cliquez sur l’image ci-dessous « Je plante des arbres » ou rendez-vous sur le site de Reforest’Action. Libre à vous de rester sur la thématique en participant à un programme de reboisement urbain ou de choisir un autre projet qui vous touche d’avantage. Pour les Béarnais, il y a une programme à Bouillon à seulement quelques kilomètres de mon atelier.
  2. Partagez cet article. Important : Précisez le nombre d’arbres plantés, identifiez moi et rajoutez le #jeplantedesarbresavecdesbourgeonssurlebitume (copier/coller, c’est long 😉 ) : Ainsi je pourrai vous retrouvez et quantifier notre action. Pour partager l’article sur vos réseaux, vous avez un bouton en bas de cette page. Vous pouvez également épingler l’image ci-dessous, celle de droite, sur Pinterest. N’hésitez pas à y aller franchement, les arbres sont l’affaire de tous.
  3. Comme je vous l’ai dit en début d’article, j’offre le choix de la plantation des 21 arbres achetés par Des Bourgeons sur le Bitume aux 21 premiers commentaires de cet article. Je vous enverrai un code de plantation par email alors n’hésitez pas à me laisser un petit mot.

 

Cliquez pour planter des arbres.

Je plante des arbres avec Des Bourgeons sur le Bitume et Reforest'Action.

 

 

Et pour finir, voici le bilan de notre action, je le mettrai à jour au fur et à mesure des participations qui j’espère seront nombreuses. Au nom de ma fille, de nos enfants, de la planète : un énorme merci pour votre participation !

 

 

 

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